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FAIT DU JOUR Dans le Gard, les pompiers se préparent à combattre les incendies

Un hélicoptère bombardier d'eau (Photo d'illustration : Coralie Mollaret)
Un hélicoptère bombardier d'eau loué par le SDIS du Gard pour intervenir sur les feux naissants (Photo : Coralie Mollaret)

En matière d'incendie, le Gard est un département à risques. Beaucoup gardent en mémoire la mort du pilote bombardier d’eau, Franck Chesneau, il y a deux ans à Générac.

Branle-bas de combat, hier matin, au domaine de la Sainte Colombe à Générac. Sur terre et dans les airs, les pompiers se sont livrés à quelques démonstrations. Le but ? Présenter leur dispositif 2021 de lutte contre les feux de végétation. Le lieu choisi ne relève pas du hasard. Il y deux ans, la commune de Générac a été frappée par plusieurs incendies, ravageant pas moins 700 hectares de forêts et causant la mort de Franck Chesneau, un pilote de Tracker âgé de 49 ans, marié et père de deux enfants.

L’émotion aujourd’hui est encore palpable. Le Gard, comme les autres départements de la façade méditerranéenne, est fortement soumis au risque incendie. Ce territoire se compose à 50% d’espaces boisés qui peuvent rapidement s’embraser avec la canicule et les vents indomptables. L’incendie dans l’Aude, pas plus tard que dimanche, en est encore un exemple brûlant.

Un important dispositif préventif 

« Nous sommes combatifs et vigilants », souligne le colonel Jean-Michel Langlais. Le patron du SDIS 30 (Service départemental d’incendie et de secours) a raison de l’être. Les premiers éléments de la saison - « les indices profonds » comme ils disent dans le jargon - ne sont pas bons : « nous avons des déficits hydriques. Si la pluie a amélioré nos indices de surfaces, ça ne présume en rien du risque pour fin juillet et août ». En conséquence, les pompiers se sont préparés. 

Jusqu’à la mi-septembre, 330 soldats du feu sont mobilisés dans les 30 centres de secours et quatre postes avancés du Gard. « L’an dernier, nous avons mis en place un dispositif préventif supérieur aux années précédentes », relève Jean-Michel Langlais qui dit avoir tiré les leçons du drame de Générac. Ce dispositif se compose de 20 véhicules légers d’une capacité de réserve d’eau de 600 litres. À l’intérieur, pompiers et personnels forestiers pourront rapidement intervenir dans des endroits difficiles d’accès.

Enfin, les patrouilles s’effectuent en fonction des bulletins de Météo France qui, de juin à septembre, élabore les prévisions feux de forêt à raison de deux fois par jour. De précieuses informations.

Des pompiers sur terre et dans les airs

Les équipes au sol interviennent en complémentarité des moyens aériens. « C’est la bonne stratégie pour attaquer les feux naissants et éviter les gros incendies », poursuit le colonel. L’an dernier, le SDIS (financé par le conseil départemental du Gard et les mairies) s’est doté d’un hélicoptère bombardier d’eau d’une capacité de 1 000 litres. L’un de ses points forts : sa vitesse d’intervention, effectuant une rotation toutes les 1 minute 30.

Les pompiers gardois ont aussi la chance « de bénéficier des moyens de l’État avec la sécurité civile à Nîmes-Garons ». Cette année, l’État a acheté un cinquième DASH d’une capacité de 11 000 litres de retardant. La base Nîmes-garons regroupe aussi douze Canadairs d’une capacité de 6 000 litres et de deux avions de reconnaissance. Cette flotte peut intervenir rapidement sur le territoire, sous réserve de leur mobilisation sur d’autres sites.

50% des incendies sont d’origine accidentelle

Au total, ce dispositif se chiffre à 3 M, selon la préfecture du Gard. Toutefois, «  le citoyen a un rôle majeur à jouer », rappelle le colonel Langlais. Selon l’ONF (Office national des forêts), 50% des incendies sont d’origine accidentelle. Hier matin, les protagonistes ont rappelé les quelques règles à respecter. Du 15 juin au 15 septembre, il est interdit de faire des feux ou un barbecue dans les bois, forêts, garrigues et ce jusqu’à 200 mètres de ces espaces. L’apport de feu concerne aussi le brûlage de végétaux et autres matériaux.

L’an dernier, l’ancien préfet du Gard, Dider Lauga, a interdit les travaux qui occasionnent de la chaleur ou des étincelles. Enfin (et surtout), il faut éviter de jeter ses mégots de cigarette dehors et en particulier sur l’autoroute. La préfète du Gard a rappelé aux Gardois et autres touristes que « s’il faut un verre d’eau pour éteindre un feu d’une seconde, un saut pour un feu d’une minute, il faut 1 000 litres d’eau pour un feu de 10 minutes ». Voilà qui donne à réfléchir.

Coralie Mollaret 

Et aussi :

La lutte contre les feux de forêt ne se fait pas uniquement en période estivale. Les autorités ont rappelé les obligations concernant notamment le débroussaillage qui incombe aux particuliers et aux communes. À savoir qu’un terrain débroussaillé arrête la propagation d’un feu. Le SDIS a également appelé les établissements publics à entretenir les chemins qui permettent aux pompiers de circuler pour éteindre un incendie.

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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