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VILLAGES DE CACHET Sauve, la beauté atypique

La belle cité médiévale de Sauve traversée par le Vidourle. (Photo Corentin Migoule)

Dans le cadre de ses rubriques estivales, Objectif Gard vous présente quelques-uns des plus beaux villages du département. Ce lundi, cap sur Sauve, petite cité médiévale de 2 000 habitants labelisée "Village de caractère". 

Comment ne pas succomber au charme de Sauve l'irrésistible ? Adossé au flanc du massif du Coutach au pied duquel coule le Vidourle, Sauve est un somptueux village labellisé "Village de caractère" depuis 2018. Située entre Saint-Hippolyte-du-Fort et Quissac, cette coquette bourgade peuplée de deux milliers d’âmes n'est autre qu'une cité médiévale ayant connu sa splendeur au XIe siècle lorsqu’elle rivalisait de richesse avec sa voisine anduzienne.

C'est par une très chaude matinée de juillet, un samedi, jour de marché, que nous décidons d'apprivoiser les ruelles pittoresques de cette séduisante commune où se laissent découvrir vestiges des remparts, portes fortifiées, tours médiévales et voûtes. Maire de Sauve depuis le printemps 2020, l'ex-député Olivier Gaillard est là pour nous accueillir au milieu d'une placette où une demi-douzaine d'artisans et producteurs locaux servent la clientèle composée de fidèles et de touristes.

Le petit marché de Sauve a lieu tous les samedis matins de l'année. (Photo Corentin Migoule)

Craignant les fortes chaleurs, l'édile se met à l'abri et nous invite à franchir le seuil du "maset citoyen", un petit local ouvert au public les jours de marché. "Ça nous permet d'accueillir les doléances de la population et d'assurer des services comme la distribution de packs d'eau ou de sacs-poubelles", prévient celui qui est aussi conseiller départemental. "On a un classeur dans lequel les gens peuvent poser des questions. On peut être interpellés sur certaines problématiques et ça nous permet aussi de communiquer sur les projets en cours", développe quant à elle Cécile Martignac, son adjointe en charge de la communication, entre autres.

Avant de nous suggérer un détour par la mythique Mer des Rochers, paysage calcaire façonné par l'érosion des eaux, offrant une boucle sinueuse et partiellement ombragée aux randonneurs, Olivier Gaillard se montre élogieux au sujet de l'offre locale de restauration : "On a beaucoup de très bonnes tables à Sauve, il y a de quoi vraiment bien manger !" La place du Dr Jean-Astruc, qui occasionne un passage par l'église paroissiale Saint-Pierre, abrite par exemple le très apprécié restaurant "Au bon Jaja", tout comme le pub décoré avec goût baptisé La Floriane. À quelques encablures, Le Bossens est une autre table de choix, tout comme l'établissement l'Ancienne Gare qui, situé de l'autre côté de la rivière, n'a rien perdu de son authenticité.

Pour arpenter la Mer des Rochers, mieux vaut avoir prévu de bonnes chaussures. (Photo Corentin Migoule)

Parce qu'il ne fallait manquer sous aucun prétexte la visite de l'un des lieux les plus incontournables de la commune, nous prenons la direction du Conservatoire de la fourche où nous reçoit Laurence Chiesa, responsable de la structure. Aussi passionnée que passionnante, la dernière nommée nous ouvre les portes de ce site historique qui abritait jadis une caserne de soldats. Si la structure dispose du titre de "conservatoire" et non de "musée", "c'est parce que nous avons conservé un savoir-faire ici", celui de la culture du micocoulier dédiée à la fabrication des fourches. Laurence Chiesa en connait le processus sur le bout des doigts et le récite à souhait.

Il faut prévoir une bonne heure pour effectuer la visite guidée de ce site dédié à la fourche de Sauve. (Photo Corentin Migoul)e

Le Conservatoire sauvain fabrique près de 300 fourches par an, de trois tailles différentes. Fournisseur de longue date du Puy-du-Fou, le site vend aussi à des particuliers qui louent l'utilité de l'outil pour le compost notamment. Pour la responsable des lieux, originaire de Marseille, qui ne devait être que de passage à Sauve mais n'est plus jamais repartie, l'histoire d'amour avec la commune dure depuis 14 ans.

L'une des nombreuses boutiques de créateurs que compte la commune. (Photo Corentin Migoule)

Mais la guide n'est pas la seule à avoir posé ses valises bien plus longtemps que prévu. Comme elle, de nombreux artistes ont choisi de s'établir dans cette commune au caractère atypique et dont ils puisent leur créativité. Khaïm Seligmann, fabricant de flûtes en bambou, et Éric Lindgren, le souffleur de verre, sont autant de talents dont regorge Sauve, qui compte aussi une profusion de galeries.

Beaucoup d'artistes donc, mais aussi d'étrangers. L'esprit cosmopolite de la localité est en effet illustré par la vingtaine de nationalités qu'elle comptabiliserait parmi ses 2 000 habitants, tous fiers d'être sauvains. Pour toutes ces raisons figurant dans une liste non-exhaustive, Sauve a bien mérité son titre de "Village de caractère".

Corentin Migoule

 

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