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FAIT DU JOUR Nouvelle direction, même ambition : le Cratère à l’aube d’une nouvelle saison

Denis Lafaurie, micro en main, pour sa dernière rentrée en tant que directeur du Cratère. (Photo Corentin Migoule)

Après trente années passées à la direction de la scène nationale du Cratère, Denis Lafaurie rendra son tablier le 1er octobre prochain. Mais avant de passer la main à Olivier Lataste, il a tenu à livrer une dernière programmation généreuse, tout en montrant à son successeur la direction à suivre à l’occasion d’un pot de rentrée réunissant tous les partenaires de la structure.

« Cette rentrée du Cratère, c’est aussi la sortie de son directeur. » Par ces mots, Denis Lafaurie, directeur de la scène nationale alésienne depuis 1991, a introduit le pot de l’amitié marquant la rentrée du Cratère, ce mardi matin, en présence de nombreux partenaires. Car après 30 ans passés à la tête de cette institution cévenole, Denis Lafaurie cédera sa place à Olivier Lataste, le 1er octobre prochain. Absent à la rentrée du Cratère pour raisons professionnelles, ce dernier, actuel directeur administratif et financier de la scène nationale d’Annecy (Haute-Savoie), a été décrit par son prédécesseur comme « un excellent professionnel », « représentant de la société civile » ayant « choisi Alès parmi plusieurs propositions ».

Pour sa der’, Denis Lafaurie s’est dit heureux de livrer « une programmation extrêmement nourrie » puisqu’elle reprend « tout ce qui n’a pas pu être fait depuis deux ans », ce qui porte le total à 64 spectacles et 177 représentations. À ce stade de l’année, la structure alésienne, à laquelle Régis Cayrol, président du conseil administratif, a attribué le glorieux qualificatif de « phare culturel de la région », compte « 1 300% d’abonnement en plus » que l’an dernier à la même époque. « Ce qui n’est pas très difficile puisque nous étions à zéro », a ironisé Denis Lafaurie, illustrant les difficultés traversées par le Cratère en temps de pandémie, contraint de tirer le rideau bien trop souvent.

10 millions pour la rénovation

Malgré une programmation « de rêve » et qui va démarrer fort avec deux rendez-vous gratuits, Descension 1 d’Antoine Le Ménestrel, grimpeur reconnu internationalement, le samedi 18 septembre à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, et du jazz très entraînant avec « le sextet vigoureux » Legraux Tobrogoï, le 25 septembre, entre autres, Régis Cayrol s’attend à ce que le pass sanitaire soit responsable d’une « complexité organisationnelle ». Comme son futur ex-président qui veut ferrailler pour « convaincre les hésitants » à s’abonner, Denis Lafaurie sait que « ça ne va pas être évident de faire revenir le public, il faudra un ou deux ans ».

C’est tout le challenge s’offrant à un Olivier Lataste qui tentera d’entreprendre une démarche de « continuité dans le mouvement », comme le lui suggère Denis Lafaurie. Aussi, parce qu’il en a grandement besoin alors que son dernier « lifting » date de 2005, le théâtre alésien devrait connaître, dès 2023, une rénovation dont le montant total pourrait avoisiner les 10 millions d’euros. Il s’agirait, en plus d’une mise aux normes avec un passage en éco-responsabilité pour minorer les dépenses d’énergies, de retravailler l’accès pour la réception des décors, de refaire sono et lumière, et de réagencer la grande salle. Pour y parvenir, l’équipe du Cratère devra taper à toutes les portes : Ville, Agglo, Département, Région, État… Cela tombe bien, certains de leurs représentants étaient là.

En tant que « Monsieur Culture » du Département, Patrick Malavieille n’aurait raté ce rendez-vous de rentrée pour rien au monde et l’a honoré avec son sens de la formule habituel : « En ces temps de pandémie qui ont créé des divisions, il faut œuvrer au rassemblement de l’intelligence, à l’accomplissement des talents. Une scène comme le Cratère permet cela. » 

Julien Doré, un invité en or

Comme l’indéboulonnable édile grand-combien avant lui, Jean Rampon, sous-préfet de l’arrondissement d’Alès, s’est montré particulièrement élogieux avec la structure alésienne et son futur ex-directeur : « Monsieur Lafaurie, vous avez érigé ce Cratère en citadelle de la culture. » Et de poursuivre, évoquant à demi-mot l’occupation par un collectif d’intermittents dont a été victime la scène nationale au printemps dernier : « Une citadelle souvent convoitée, où les gens viennent parfois se réfugier, nécessitant la fermeté de l’État. »

La dernière prise de parole est revenue à Christophe Rivenq qui, en qualité de président d’Alès Agglomération, collectivité propriétaire des murs du Cratère, se dit convaincu que « la dynamique culturelle va de pair avec la dynamique territoriale ». Résolument optimiste, le premier adjoint à la mairie d’Alès n’a pas masqué son enthousiasme : « Quel bonheur ! La vie normale commence à revenir. Cette vie normale passe par l’ouverture de tous ces lieux de rencontre qui font la vie. » 

Pourtant, la fermeture de plusieurs classes dans certains établissements scolaires du bassin alésien – et bien au-delà – en raison de cas de Covid enregistrés chez des bambins, tend à laisser croire que cet idéal est encore illusoire et ne sera atteint que dans plusieurs longs mois. Ce qui n’empêchera pas le Cratère de lancer de fort belle manière sa saison ce jeudi soir, dès 20 heures 30, par l’accueil en son sein, dans une salle comble, d’un showcase privé de Julien Doré, idole cévenole de la chanson. Un concert qui ouvre la saison des France Bleu Live, et avant lequel, certains ex-occupants du Cratère prévoient de mener une action revendicative, sur le parvis de la scène nationale, faisant penser une nouvelle fois que le temps d’avant n’est pas complètement derrière nous.

Corentin Migoule

La programmation complète de la saison 2021-2022 du Cratère est à retrouver ici.

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