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FAIT DU JOUR Valérie Pécresse : « Je serai au deuxième tour de l’élection présidentielle »

Valérie Pécresse en interview Photo via MaxPPP
Valerie Pecresse. Photo via MaxPPP

La candidate à l'élection présidentielle de 2022, Valérie Pécresse, est attendue ce jeudi 9 septembre à Nîmes à l'occasion des journées parlementaires chez Les Républicains. Elle s'exprimera d'ailleurs devant les députés en début d'après-midi. En attendant, elle est l'invitée exceptionnelle d'Objectif Gard ce jeudi matin.

Objectif Gard : Dans le dernier sondage Ipsos-Sopra Steria pour Le Parisien-Aujourd’hui en France et France Info, vous êtes à touche-touche avec le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand… Une satisfaction ?

Valérie Pécresse  : Je sens une dynamique estivale autour de ma candidature et des idées de mon projet autour de la « fierté Française retrouvée ». Mes déplacements partout en France m’ont permis de tester mes premières propositions et d’enrichir le projet. Je vais continuer à fond ! C’est aux électeurs et sympathisants de la Droite et du Centre de choisir qui doit porter leurs couleurs à l’élection présidentielle.

Aujourd’hui, le Rassemblement national est le premier opposant d'Emanuel Macron. Comment convaincre les électeurs de Marine le Pen qu’une autre voie est possible ?

Les Français ne veulent pas du duel Macron-Le Pen. Entre le désordre auquel conduirait l’élection de Marine Le Pen et l’immobilisme d’Emmanuel Macron, je propose une troisième voie : celle de l’ordre et de la réforme. Celle de l’ordre et de l’autorité, que j’incarne à la Région Ile-de-France, confrontée aux plus grands problèmes de sécurité, d’immigration et d’islamisme, où d’ailleurs les représentants de Marine Le Pen ont systématiquement voté contre le bouclier de sécurité qui donne un appui puissant aux forces de l’ordre, montrant ainsi qu’elle dénonce les problèmes sans chercher à les résoudre. Mes propositions pour une impunité zéro dans mon projet démontrent ma volonté de faire un choc d’autorité : comparution immédiate, maison de détention fermées pour les primo-délinquants pour faire exécuter rapidement les sanctions, peines plancher pour ceux qui s’attaquent aux figures d’autorité (maires, professeurs, policiers…). L’ordre mais aussi l’espoir : je veux libérer les énergies par la réforme et la lutte contre la bureaucratie qui empoisonne la vie des entrepreneurs, des collectivités, des citoyens.

Quels seront, selon vous, les thèmes de la présidentielle 2022 ?

Il y a un besoin d’ordre et d’autorité dans le pays car Emmanuel Macron a failli : des sanctions qui soient exécutées vite et qui soient dissuasives pour les voyous, une justice plus rapide, une reprise du contrôle de nos frontières pour stopper l’immigration… Nous vivons aussi une crise de la transmission, des savoirs et de nos valeurs. Au cœur de mon projet, il y a un sursaut national pour l’école. La baisse du niveau et la difficulté à recruter des professeurs sont deux signaux d’alarme. Notre système est devenu inégalitaire. Il faut rétablir le respect du maître et donc la discipline dans les classes. Je souhaite un examen d’entrée en sixième pour garantir la maîtrise des fondamentaux, la création d’une réserve éducative d’enseignants retraités pour faire du soutien scolaire gratuit contre le décrochage scolaire, plus d’autonomie pour les établissements scolaires dans le recrutement de leurs enseignants. Je veux aussi revaloriser le travail pour qu’il paye plus que l’assistance avec comme objectif un relèvement de 10% des salaires net. En matière de pouvoir d’achat, je refondrai une politique familiale offensive, avec notamment un doublement de la défiscalisation des emplois à domicile. Enfin la future présidente devra être une écologiste sincère, mais surtout pas une idéologue, une écologiste des solutions concrètes, qui aidera financièrement les Français à lutter contre les pollutions et le changement climatique, tout le contraire de l’écologie punitive.

Valerie Pecresse. Photo DR Objectif Gard

On parle beaucoup, à chaque élection suprême, de l’immigration et de l’Islam. N’est-ce pas des thèmes réchauffés ? Pensez-vous réellement qu’il y a un problème avec l’Islam en France ?

L’islamisme et la menace terroriste n’ont pas disparu avec l’effondrement de l’Etat Islamique. Et la situation en Afghanistan, en train de devenir un État refuge pour les islamistes, doit nous conduire à une extrême vigilance. Car les islamistes mènent une guerre contre notre civilisation européenne pour l’anéantir et détruire nos valeurs. Je ne confonds pas l’islamisme et l’islam qui respecte les lois de la République. Nous devons être armés pour contrer la menace terroriste. J’ai de nombreuses propositions à ce sujet : expulsion des islamistes étrangers inscrits au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), mesures de rétention pour les djihadistes à l’issue de leurs peines, incrimination d’"intelligence avec l’ennemi" pour juger les individus radicalisés avant qu’ils ne commettent des attentats, serment de laïcité pour tous les fonctionnaires, pénalisation du port du voile forcé, fermeture des mosquées des prédicateurs radicalisés.

Président sortant, Emmanuel Macron part favori pour un second mandat. Comment dans ce contexte, créer la dynamique autour de la Droite ?

Les solutions de la Droite sont les bonnes pour le pays. Marine Le Pen parle des problèmes, mais elle est incapable de les résoudre. Et Emmanuel Macron utilise les mots de la droite sans les traduire dans les actes ! Le "en même temps" conduit tout simplement à l’immobilisme. Je le dis aux Français, choisissez l’originale plutôt qu’une pâle copie.

"Eric Zemmour parle des problèmes, pour ma part je fais tout pour trouver des solutions et les résoudre"

Pour l’instant, les électeurs de Droite ne savent pas qui sera désigné, ni comment désigner le candidat… Difficile de créer la dynamique. Pensez-vous que le chef des Républicains, Christian Jacob, va organiser la primaire à Droite que vous aimeriez tant ?

Il vaut mieux une compétition maintenant, avec le rassemblement et l’unité à la clef, plutôt que le désordre demain. Une primaire ouverte, qui permettrait aux électeurs de la Droite et du Centre, de choisir la personnalité qui doit les représenter, reste la meilleure solution. Par ce que je veux l’unité, j’accepte de jouer collectif. Car au final, il faut un seul candidat ou une candidate pour gagner !

À Droite, beaucoup de candidats se sont déclarés : Michel Barnier, Xavier Bertrand, Éric Ciotti… En quoi êtes-vous meilleure que vos concurrents ?

Je suis candidate à la présidence de la République pour restaurer la fierté française. Je me présente en femme libre avec un projet. Le match se jouera maintenant sur le terrain des idées, des projets, de l’expérience… C’est pour ça qu’il est si important d’avoir une primaire ouverte. Que le ou la meilleure gagne !

Un autre candidat pourrait mordre sur votre électorat. Il sera d’ailleurs présent à Nîmes le 15 octobre : c'est Éric Zemmour. Qu’est-ce que sa candidature vous inspire ?

Éric Zemmour parle des problèmes, pour ma part je fais tout pour trouver des solutions et les résoudre. Je le fais tous les jours dans ma Région de 12 millions d’habitants. J’ajoute que pour diriger la France, il ne faut pas seulement parler des sujets d’immigration, mais savoir aussi mener des réformes économiques et sociales fortes pour redonner à la France sa place de leader en Europe. Mon expérience de la réforme des universités que j’ai menée en 2007, après qu’elle ait été différée pendant près de 20 ans, durant laquelle j’ai tenu 9 mois face à la rue, mon expérience de ministre du Budget qui a réussi à baisser les dépenses, la présidence du conseil régional d’Ile-de-France que j’ai arraché à la Gauche et que je dirige dans un large rassemblement au-delà des clivages partisans, sont des atouts puissants pour diriger la France.

La présidente de la région Ile de France. Photo via MaxPPP

Comme Éric Ciotti, entre Zemmour et Macron, votre choix est-il fait ?

Les seuls qui peuvent battre Emmanuel Macron, c’est nous ! Votre hypothèse, je n’y crois pas. Je serai au deuxième tour de l’élection présidentielle. Et les électeurs auront un choix très clair.

À sept mois de la fin de son quinquennat, Emmanuel Macron repart à l’offensive sur le terrain des réformes. Il pourrait instaurer la fin des régimes spéciaux et une retraite minimum de 1 000 €. Qu’en pensez-vous ?

Il faut faire cette fameuse réforme ! Il est évident que pour sauver nos retraites, il faudra travailler progressivement jusqu’à 65 ans en 2030 comme nos voisins. Nous avons un devoir de vérité, Emmanuel Macron a fait l’autruche pendant 5 ans. Reparler de la réforme des retraites à sept mois de la présidentielle, c’est de l’enfumage électoral. Encore une fois, cette réforme des retraites, c’est la Droite qui aura le courage de la faire pour garantir notre système de retraite et le sauver de la faillite. Je propose dans ce cadre un système plus favorable à ceux qui ont travaillé toute leur vie avec une retraite au minimum équivalente au Smic net. On doit pouvoir vivre dignement de sa retraite. La dignité, c’est une valeur forte de mon projet.

En France, on constate une hausse des prix, notamment du carburant. Que proposez-vous pour améliorer le pouvoir d’achat ?

Comme je vous l’ai dit, la première dignité, c’est celle de pouvoir vivre dignement de son travail. Cela commence par le salaire. C’est pour cela que je veux augmenter les salaires de la majorité des français de 10 % en baissant les charges. Cela concernera les personnes jusqu’à 2 Smic ou 2,5 Smic. Que se passe-t-il aujourd’hui ? Nous n’avons jamais eu autant de chômeurs et les entreprises n’ont jamais eu autant de mal à trouver du personnel pour travailler. D’où un recours croissant a une main d’œuvre immigrée… malgré notre taux de chômage ! Il faut remettre la France au travail en rémunérant davantage le travail. Le vrai problème, c’est que nous avons fait depuis des années le choix du chômage de masse en faisant peser tout le financement de la protection sociale sur le travail. Nos salaires nets sont beaucoup plus bas, nos allocations en revanche beaucoup plus élevées que nos voisins. C’est l’inverse de ce qu’il faut. Le travail doit payer plus que l’assistance, que l’économie souterraine, et qu’on ait envie d’aller travailler. La dignité c’est le travail, la dignité c’est le salaire. C’est vraiment le message que je souhaite faire passer. Donnons-nous pour objectif que le salaire net perçu par la majorité des Français progresse d’au moins 10 %, mais sans que cela ne coûte plus cher aux entreprises !

"Je fais de la politique par la preuve"

Dans le Gard, le nombre de bénéficiaires du RSA a augmenté depuis la crise sanitaire passant à 32 000. Que proposez-vous pour faciliter le retour à l’emploi ?

Oui c’est une situation très difficile, en particulier avec la crise Covid. Il faut appliquer à l’échelle du pays ce que nous mettons en place en Ile-de-France : il faut favoriser les reconversions professionnelles, notamment dans les branches qui recrutent beaucoup aujourd’hui (telles que le BTP, les métiers du numérique, la sécurité, la santé etc). Nous avons décidé de verser une prime de 1.000 euros supplémentaires aux demandeurs d'emplois les plus éloignés du monde du travail pour les inciter à suivre les formations de ces filières en tensions, une aide que nous avons chiffrée à 20 millions d'euros. Nous avons parallèlement levé l'obligation d'avoir une promesse d'embauche pour bénéficier d'une formation dans ces métiers qui recrutent, et élargir cette possibilité de formation aux personnes qui ont un projet de création d'entreprise. Même chose pour les jeunes avec un revenu jeune actif de 4000€ pour 6 mois de formation, mais uniquement pour les métiers qui recrutent. Je refuse le RSA jeune ou les formations parking.

Vous êtes présidente de la Région Ile-de-France. Que représente Nîmes à vos yeux ?

Quand je pense à Nîmes, je vois d’abord un phare culturel et touristique bien sûr, avec une très forte identité, riche de son histoire et de ses terroirs, mais aussi une ville capitale dynamique dont l’attractivité est renforcée grâce à sa nouvelle gare. Mais, comme de nombreuses villes de France, Nîmes reste confrontée aussi aux inégalités et aux conséquences de la désindustrialisation passée. Elle n’est pas épargnée par les problématiques de sécurité et d’intégration que je connais bien et auxquelles je veux apporter des réponses durables.

Dans une interview que nous a accordé le maire, Jean-Paul Fournier, ce dernier n’était pas certain de vos capacités à y arriver. Comment le convaincre ?

Je viens tout juste d’entamer ma campagne. C’est à ça aussi que sert une primaire : créer un débat autour des idées et du projet. Se faire connaître. Je fais de la politique par la preuve. Cela permet d’éclairer les élus et les citoyens sur le projet que je veux pour la France. Je suis sûr qu’il sera bientôt convaincu !

Propos recueillis par Abdel Samari (avec Coralie Mollaret)

Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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