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FAIT DU SOIR Retour aux sources pour la feria d’Arles

Les arènes d'Arles un matin de feria... (Photo Anthony Maurin).
Vingt minutes avant le paseo d'une corrida sous Covid l'an dernier (Photo Archives Anthony Maurin).

Depuis hier et jusqu’à dimanche soir, Arles vit à nouveau une feria pleine. Arènes comme bodegas, bars et restaurants accueillent aficionados et festaïres presque comme si de rien n’était.

Ça y est… On en voit le bout. Le bout du tunnel, le bout de la crise comme on la connaissait jusqu’alors. Avec cette feria du Riz à peu près normale, c’est le peuple du toro qui reprend la route des arènes, des bodegas et du centre-ville.

En effet, il y aura des corridas, mais aussi des bodegas pour la feria du Riz édition 2021. Les services de la Ville d’Arles sont mobilisés, en étroite collaboration avec la sous-préfecture, les cafetiers et les restaurateurs, pour que l’aspect festif de l’événement soit préservé. C’est une feria responsable qui est proposée au public. Un dispositif a été défini afin d’être en accord avec les règles sanitaires en vigueur.

En fait, les arènes, la place du Forum et les bodegas (La Muleta, les Andalouses et l’Archevêché) ne sont accessibles qu’aux détenteurs du pass sanitaire. Un bracelet « Feria d’Arles » dispense de présenter le pass à l’entrée des lieux où il est exigé. Ce bracelet peut être délivré après un test négatif dans les pharmacies partenaires ou après un test négatif sur le point de dépistage éphémère installé salle Henri Comte samedi (9h-16h30). Il peut aussi être délivré sur présentation du pass sanitaire dans le hall de la mairie de jeudi à samedi (9h-21h) ou encore au guichet des arènes après achat ou retrait de places de corrida. Dernier rappel, le port du masque reste obligatoire dans toute la ville.

Dans les arènes, la course de l’année !

Passons maintenant à ce qui se passera dans les arènes, même si les premières courses ont eu lieu hier soir ce soir. Demain samedi, à 17h, mano a mano de légende, rien que ça. Ni plus, ni moins. Retour aux affaires pour Alejandro Talavante qui stimulera à coup sûr un Andrés Roca Rey qui n’a aucun besoin de l’être. Les deux larrons sont des toreros, des vrais, des purs et c’est pour cela que cette corrida goyesque prend un tout autre aspect.

Alejandro Talavante ici en 2017 (Photo Archives Anthony Maurin).

Si habituellement c’est le décorum qui peut prévaloir sur les piétons ou les toros en piste, ce mano a mano spécial ne peut laisser personne indifférent. On a, ces dernières années en tout cas, rarement vu pareil cartel ! Cartelazo ! Complémentaires en étant compétiteurs, les deux maestros du jours seront forcément à la hauteur des attentes, énormes, qui pèsent sur leurs frêles épaules. Talavante-Roca Rey, un duel de rois au sommet de leur art. Ce cartel est peut-être le cartel le plus important de la saison toutes arènes confondues à travers le monde taurin. Talavante revient sur le sable après des mois de retrait, Roca Rey tutoie les sommets de l’émotion taurine.

Face à eux, justement, des toros de Nuñez del Cuvillo, d’Adolfo Martin, de Garcigrande et de Domingo Hernadez. Des toros de garantie qui auront du relief, du moteur et du jeu. Des jeux car les encastes feront le reste.

Comme nous parlons d’une corrida spéciale, le décor doit l’être lui aussi. Habituellement les corridas goyesques d’Arles ne « durent » que le temps de la course. Cette année, c’est la feria entière qui est placée sous le signe de Goya. C’est l’artiste Diego Ramos qui se chargera de la décoration. L’orchestre Chicuelo II, qui réserve un répertoire des plus réjouissants, sera quant à lui accompagné par la soprano Muriel Tomao et le chœur de l’Escandihado.

Une matinée d’alternative

Dimanche matin à 11h, ceux qui iront à la messe risquent de rater la course de rejon. Même si la corrida équestre est souvent chahutée par les aficionados a los toros, elle reste un spectacle qui plait à une partie du public, surtout aux Camarguais qui adorent les chevaux dressés qui s’y produisent. Cette année, c’est une alternative qui animera la course. Avec des toros, classiques, de Los Espartales, Rui Fernandes donnera son doctorat à Duarte Fernandes, son neveu, sous les yeux du cador également portugais Diego Ventura. Un tiercé qui plaira aux amoureux du genre et qui ne devrait pas trop déranger les autres ! Dressage, monte, show, cavaleries à tomber… Cette course est dans le type des belle corridas équestres.

Une clôture variée et plaisante

Enfin et en guise de clôture, c’est une grosse corrida qui sera organisée dans l’amphithéâtre bimillénaire arlésien. Une corrida pour faire vibrer, une corrida qui répète les toreros qui ont ému les gradins arlésiens lors des dernières échéances taurines. Les toros seront d’ailleurs ceux de Jandilla et Vegahermosa et le triptyque détonnant a des allures décalées.

Pour preuve, en chef de lidia, Antonio Ferrera viendra s’échauffer à Arles avant son solo nîmois (qui sera également en clôture de feria). Depuis deux saisons, il triomphe à nouveau partout, il a même coupé trois oreilles lors de ses derniers paseos arlésiens. Sa tauromachie s’est apaisée, son style épuré et son charisme silencieux surdéveloppé. Voilà ce qu’on attend d’un maestro. Ferrera sait faire, mais ne surjoue plus.

Emilio de Justo face à un Baltasar Iban à Arles en septembre 2018 (Photo Archives Anthony Maurin).

À ses côtés, un certain Miguel Angel Perera. Longiligne au poignet féroce d’autorité et de douceur, le garçon ne fait pourtant pas dans la demi-mesure. Son concept est juste, parfois trop. Son toreo aussi froid que chaud peut déstabiliser les tendidos, mais laissez-vous happer par la bête, regardez et applaudissez. Perera est en pleine maturité, mais comme il n’est pas trop expressif soyez bien attentifs !

Emilio de Justo est le garant d’une troisième tauromachie, celle du don de soi, celle de la générosité. Bien sûr qu’il a le bagage technique qui va avec, bien sûr qu’il en connaît long sur les toros mais ce que l’on préfère chez lui, c’est la proximité qu’il a su garder avec son public. Emilio de Justo doit beaucoup à la France si sa carrière connaît aujourd’hui un nouveau rebond. Au fond du trou, c’est ici qu’il s’est relancé et son amour pour notre région le fera certainement triompher une énième fois. Emilio de Justo, c’est une tauromachie que l’on apprécie par sa tendresse et les tripes qu’elle laisse entrevoir. Le cœur gros comme une tour sarrasine, l’esprit clair comme de l’eau de roche se jetant dans le Rhône. La course sera mise en musique par Chicuelo II, bien sûr mais aussi la chorale de jeunes d’Élisabeth Colineau et la chanteuse Mazillo.

 

Réservations et renseignements au 08 91 70 03 70 (0,225€ TTC/mn) ou au guichet de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h30. Pour acheter vos places sur Internet, c’est par ici.

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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