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NÎMES EN FERIA Pas de triomphe dans les arènes, Roca Rey et El Rafi coupent quand même

El Rafi (Photo Anthony Maurin).
Roca Rey confirme l'alternative de Joaquin Galdos sous les yeux d'El Rafi (Photo Anthony Maurin).

Corrida de luxe en ce dimanche matin devant une corrida de Victoriano del Rio. Andrés Roca Rey (salut et oreille), Joaquin Galdos (salut et silence) qui confirmait son alternative et le Nîmois El Rafi (salut et oreille) qui devait relever le défi.

"C'était la corrida la plus compliquée à monter", avait avoué l'empresa des arènes, Simon Casas. Un duo de Péruviens et un Nîmois. Andrés Roca Rey est le seul qui a pris son alternative à Nîmes, mais il n'y a jamais encore connu de réel succès. Joaquin Galdos n'y est quant à lui jamais venu et comptait bien y triompher. El Rafi, qui a confirmé son doctorat voilà peu dans ses arènes, avait pour objectif la Porte des Consuls. Simple, efficace, cette course devait connaître un vif succès.

Face à eux, une corrida de Victoriano del Rio, des toros de garantie qui devaient emballer les tendidos. Des origines Domecq y Diez pour une noblesse affirmée et un fond de bravoure. Les dernières venues à Nîmes de ces cornus nous avaient laissé de bons souvenirs. Celle du jour en laissera un de piètre qualité. Des toros fades, insipides, maniables mais sans aucune transmission et du côté de la caste et de la bravoure, pas grand chose à dire non plus.

Joaquin Galdos (Photo Anthony Maurin).

Joaquin Galdos, premier en piste, n'allait pas tarder à plaire aux étagères. Les plus curieux l'avaient déjà vu en France car il y a fait sa présentation à Saint-Gilles en 2015 alors qu'il n'était que novillero. Il a pris son alternative la même année à Istres mais, depuis, on l'a un peu perdu de vue dans la région. Pourtant, il n'a eu de cesse de continuer son apprentissage pour arriver jusqu'à chez nous. Premier dehors et premier salut. Galdos est bien là, il fait le job et confirme son doctorat dans de bonnes conditions et face à un toro à la charge douce.

Joaquin Galdos (Photo Anthony Maurin).

Sur son second, le Péruvien natif de Lima écoutera le silence, mais il y a une explication à cela. Le jeune n'a rien fait ou presque. Le toro lui ôtait tout espoir, le guidait dans les mauvais terrains et a quelque peu énervé un public plutôt passif.

Roca Rey (Photo Anthony Maurin).

Andrés Roca Rey, sur son premier, a voulu se rappeler au bon souvenir d'il y a six ans, de sa cérémonie d'alternative dans notre amphithéâtre, depuis, le maestro a bien grandi et a "explosé" au grand jour. Roca Rey est aujourd'hui une star de mundillo, la figura qu'il a toujours voulu être. Exposé dans tous les sens du terme, il encaisse et avance. À Nîmes, c'est à se demander s'il est bien. On ne le sent pas à son aise, pas serein, pas tranquille et pas forcément heureux de venir chez nous. Dans les cornes en fin de faena, Roca Rey se libère un peu et montre le torero qu'il peut être même si on aimerait le voir autrement. Salut.

Roca Rey (Photo Anthony Maurin).

Le Péruvien poursuivra l'effort à l'accueil de son second. Il faut dire qu'il a un frangin matador de toros, un oncle rejoneador et un grand-père qui a tenu les arènes de Lima. Depuis qu'il est novillero, tout le monde croit en lui et en son magnifique concept, il doit constamment se renouveler et prouver sa progression. Roca Rey coupera une oreille grâce à sa ténacité, à sa pugnacité à rester sur les courtes distances et dans les cornes. On l'a senti un peu plus décidé mais nous sommes encore loin du compte pour un maestro de cette envergure... Dommage, peut-être attend-on trop de l'homme.

El Rafi (Photo Anthony Maurin).

El Rafi a gagné deux fois la Cape d'Or mais maintenant on parle de corrida. Le toro est à quatre ans, son poids change, sa stature et son comportement aussi. Face à de tels adversaires, le jeune ne peut pas rompre devant son public. Dans tous les cas, il ne comptait pas rompre ! Le Rafi est un combattant et ne voulait pas prendre du retard par rapport à ses compañeros de cartel. Pas de risque de louper une sortie en triomphe car les moyens pour y arriver sont complexes ce matin. El Rafi saluera les tendidos à l'issue de ce premier duel qui l'a vu toréer avec brio, notamment à gauche, mais pas longtemps. La faute à qui ? Au toro qui n'inspirait sans doute rien de bon au Nîmois.

El Rafi (Photo Anthony Maurin).

En guise de clôture de la course, El Rafi coupera enfin une oreille et reviendra au niveau de Roca Rey laissant Galdos seul sans trophée. Un moment avec un peu de relief après une course de plus fades et longues... Le Rafi bonifie son passage à Nîmes au côté des deux Péruviens et s'arrime pour arracher l'oreille, devant le toril et sa peña. De la volonté, du coeur et quelques frayeurs à cause de la troisième corne qui monte crescendo en gamme au fur et à mesure que les toros passent. Une oreille, de quoi satisfaire le maestro et le public qui aura enfin eu l'impression de ne pas être venu pour rien.

El Rafi a brindé son toro au banderillero Jose Gomez (qui a coupé sa coleta) et au picador Nicolas Bertoli (Photo Anthony Maurin).

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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