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ÉDITORIAL À Nîmes métropole, la gestion de l’eau commence par un flop

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On ne s’imagine pas tout ce qu’il se passe quand on ouvre son robinet… À Nîmes métropole, cela fait des lustres que l’on entend parler d’une mauvaise gestion de l'eau. En 2018, la journaliste de France 2, Élise Lucet, débarque à Nîmes et jette un pavé dans la mare en pointant du doigt le contrat de la Saur et sa mauvaise gestion de l'eau et de l'assainissement. Un contrat entre l'Agglo et la société privée qui court depuis près d'un demi-siècle ! Sans concurrence, l'entreprise s’est peut-être un peu reposée sur ses lauriers... Pour preuve : le taux de fuite important sur notre territoire. D'après les chiffres avancés par la célèbre journaliste, un litre d’eau sur trois se perdrait dans la nature. Ce constat date de trois ans. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts à Nîmes métropole. En 2019, le président de l'Agglo de l'époque, Yvan Lachaud, choisit une nouvelle entreprise pour gérer les 1 750 km de réseau : Veolia. Voté de justesse en conseil communautaire, ce contrat de 185 millions d’euros est prévu pour une durée de huit ans. La nouvelle multinationale promettait alors de diminuer les fuites, tout en vendant chaque année aux usagers 16 millions de m3 d’eau. Deux ans plus tard, à l'heure du premier bilan, c’est davantage un flop qu’une réussite. Lundi, les élus du conseil communautaire ont examiné le rapport annuel d’activité de Veolia. À en croire les élus de la majorité comme ceux de l'opposition, les chiffres ne sont pas bons. Certains ont bu la tasse en les découvrant. Près d’un million de m3 d’eau n’ont pas été vendus, contrairement aux prévisions du nouveau prestataire de service. Un manque à gagner pour les finances de Nîmes métropole qui avoisine, selon les dires du nouveau président Franck Proust, les 2 millions d’euros. Quant aux fuites, rien n’a bougé. C’est même pire si l'on en croit l'élu de Gauche, Bruno Ferrier, qui annonce que 7 millions de m3 se sont évaporés, soit un million de plus qu’auparavant ! Cette situation inquiète Franck Proust qui hausse le ton et menace de déclencher un audit pour plonger le nez dans la gestion de ce service. Son vice-président délégué à l'eau Jean-Luc Chailan, lui, est plus conciliant assurant qu'il s'agit là du démarrage du contrat. Aujourd'hui, beaucoup d'interrogations demeurent : la société Veolia n'a-t-elle pas mis la barre trop haut pour décrocher le contrat en 2019 ? Sa familiarisation avec le réseau, la mise à niveau de certains équipements et la crise sanitaire - les raisons avancées - sont-elles vraiment responsables des mauvais résultats ? Enfin, les élus communautaires n'ont-ils pas trop longtemps délégué ce service au privé quitte à en oublier sa gestion ? Des questions auxquelles il est désormais urgent de trouver des réponses car en attendant, ce sont les Nîmois qui trinquent.

Coralie Mollaret

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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