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PETITE CAMARGUE « À contrecoeur », la communauté instaure la taxe Gemapi

Mylène Cayzac, André Brundu, Joël Téna et Jean Denat, quatre des cinq maires de la CCPC étaient présents ce mercredi. (Photo CCPC)
À droite, les Beauvoisinois se sont montrés sceptiques quant à l’instauration de la Gémapi. (photo CCPC)

Ce mercredi à Vauvert, la Communauté de communes Petite Camargue (CCPC) devait débattre de l’instauration de la taxe pour la Gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations, plus communément appelée Gemapi. Après que cette même délibération a été retirée en 2019, elle a cette fois été adoptée à la majorité. 

Cette fois, ça y est. Après de longs débats et de nombreuses tergiversations, la CCPC a – comme toutes ses voisines – finalement entériné l’instauration d’une nouvelle taxe pour la Gemapi. « C’est une compétence transférée aux intercommunalités par les lois de décentralisations en vigueur depuis le 1er janvier 2018 », rappelle d’emblée le vice-président et maire du Cailar, Joël Téna.

« Aujourd’hui, nous votons la mise en place de cette taxe, le montant en sera décidé ultérieurement, précise le président de la CCPC, André Brundu. Son produit annuel total ne pourra pas dépasser un montant équivalent à 40€ par habitant. En toute responsabilité, nous n’avons pas les moyens de nous passer de cette taxe. Nous sommes contraints par le désengagement de l’État. » 

Après cette présentation, de nombreux élus ont déploré cet état de fait. « C’est un mauvais coup de l’État qui porte atteinte aux collectivités locales, ce qui est totalement irresponsable de sa part, fustige le maire de Vauvert, Jean Denat. Mais nous voterons cette taxe car ne pas le faire reviendrait à exposer la population. » En l’absence du maire, Jean-Paul Franc, c’est Jean-Paul Géraud qui s’est fait le porte parole des sept élus aimarguois. « Nous voterons contre car il s’agit d’un impôt supplémentaire dont nous ne connaissons pas le montant et dont nous maîtriserons pas l’évolution. » 

Beauvoisin cocu de l’histoire ?

« Il aurait fallu se mobiliser à l’époque, mais personne n’a bougé car nous étions en contexte pré-électoral, rétorque Joël Téna. Aujourd’hui, je ne vois pas comment on pourrait y échapper. » Autres motifs, mais même choix du côté de l’opposant beauvoisinois, Christophe Tichet : « Alors que nous l’avions demandé à l’époque, la CCPC n’a pas pris pour compétences la protection contre les ruissellements et l’érosion, les seuls risques pour lesquels Beauvoisin, qui n’a pas de cours d’eau sur sa commune, est exposé. »

« On est une communauté de communes et on doit être solidaire entre communes », réplique la maire de Beauvoisin, Mylène Cayzac. Après une bonne demi-heure de débats, André Brundu met la délibération au vote, non sans une dernière remarque : « Sur le fond on est tous d’accord, c’est injuste que cette compétence nous ait été attribuée mais ne pas voter cette taxe mettrait en péril la CCPC. » Un appel entendu à la majorité, malgré les sept oppositions des Aimarguois et de Christophe Tichet, et les abstentions des Beauvoisinois Jérémy Peredes et Jean-François Thomas.

Boris Boutet

En chiffres : le risque inondation en Petite Camargue

  • 64 % de son territoire est situé en zone inondable
  • 55 % de la population habite en zone inondable.
  • Confluence de trois bassins versants et de 4 cours d’eau : le Vistre, le Vidourle, le Rhône et le Rhôny.
  • 12 % de zones humides, espaces essentiels pour stocker le dioxyde de carbone et participer à l’atténuation du changement climatique
  • Le coût de fonctionnement de la protection sur le mandat 2021/2026 : 6 380 929,02€ avec une moyenne d’environ 1 100 000 € par année
  • Le coût des investissements nécessaires dans les prochaines années pour le bassin du Vistre et du Vidourle : entre 25 et 30 000 000 € d’opérations nécessaires.

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