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FAIT DU JOUR Paradoxaux, les Crocos naviguent entre deux eaux

Très attendus, certains Crocos déçoivent. (Photo Anthony Maurin)
Les Crocos doivent retrouver la solidarité affichée en début de saison. (Photo Anthony Maurin)

Après onze journées de championnat, le Nîmes Olympique a déjà affiché deux visages aussi différents que paradoxaux. D'abord solidaires malgré un effectif limité, les Crocos, devenus l'un des épouvantails du championnat à la faveur des départs avortés de Ferhat et Koné, se sont désunis. Après un mois de septembre sans succès, les hommes de Pascal Plancque sont rentrés dans le rang et doivent rapidement se relancer s'ils veulent jouer les premiers rôles en Ligue 2. 

Performant quand on l'attend le moins, décevant quand on l'attend le plus, le Nîmes Olympique est décidément un club à part. Bipolaire, tantôt intouchable, tantôt apathique, le club gardois a, depuis de nombreuses années, habitué ses supporters aux montagnes russes émotionnelles. Ce début d'exercice n'échappe pas à la règle. Nîmes surprend pour le meilleur et pour le pire. C'est sur la pointe des pieds que les hommes de Pascal Plancque ont démarré la saison avec, en ligne de mire, le modeste objectif présidentiel d'un maintien tranquille.

Et pour cause, l'effectif dont disposait le technicien nordiste pour la première journée du championnat était extrêmement maigre : quinze professionnels seulement étaient sur la feuille de match. Parmi eux, des rescapés revanchards d'une dernière saison dans l'élite mitigée (Fomba, Eliasson, Paquiez), tronquée par des pépins physiques (Martinez, Valerio), voire carrément ratée (Burner, Benrahou). Mais aussi du sang neuf venu régénérer un groupe usé par une année franchement éprouvante.

Du sang neuf qui fait du bien

Très vite, certains s'imposent. Avant de se montrer moins serein en septembre, Bratveit se révèle être un mur quasi-infranchissable au mois d'août, avec seulement deux buts encaissés. Au milieu de terrain, Ponceau se démène et multiplie les courses. Après avoir enchaîné les prêts - et aussi souvent les blessures - Sainte-Luce s'éclate dans un couloir gauche délaissé par Meling, parti à Rennes. Enfin, les inattendus Doucouré et Delpech apportent leur enthousiasme à un secteur offensif en manque de personnel. De quoi laisser un peu de temps à Omarsson, décevant jusque là, pour s'acclimater à un championnat nouveau pour lui.

Bref, la mayonnaise prend. Cohérents, solidaires et en réussite à défaut d'être toujours dominateurs, les Crocos font le plein et terminent le mois d'août invaincus  (4e, 12 points en six matches). Prudent, Pascal Plancque martèle tout l'été son impatience de voir le mercato se clôturer. Si le Nîmes Olympique ne recrutera plus, le club parvient à empêcher les départs des convoités Eliasson, Cubas et Fomba. Surtout, Ferhat et Koné - longtemps annoncés sur le départ - restent eux aussi dans le Gard. À l'heure de la première trêve internationale, l'optimisme est de mise. Le Nîmes Olympique dispose bel et bien d'un effectif taillé pour le haut du tableau.

Des leaders qui doivent émerger

Oui mais voilà, après la trêve, plusieurs grains de sable viennent perturber l'engrenage. Diminué au milieu de terrain en raison des blessures de Fomba et Cubas, Nîmes est puni dans les arrêts de jeu par Grenoble (1-2) sur une bourde de Bratveit, pourtant impeccable jusque-là. Dans la foulée, les Crocos enchaînent quatre nouveaux matches sans victoire aux saveurs très différentes.

Contre Amiens (3-3), les hommes de Pascal Plancque ont le dessus pendant une grosse partie de la rencontre mais payent cash dix dernières minutes d'errance. Quasiment au complet et dominateurs en première période contre le Paris FC, les Crocos avaient fière allure mais ont sombré après avoir encaissé le premier but (2-0). Une contre-performance suivie d'une autre, trois jours plus tard, à l'issue d'une prestation sans saveur contre Le Havre (0-1). La roue a tourné... Réaliste offensivement et en réussite défensivement en début de saison, Nîmes gâche désormais trop d'opportunités et cède rapidement sous les assauts adverses. Surtout, la solidarité et le caractère montrés en août semblent s'être évaporés en septembre.

Moussa Koné, le buteur providentiel ? (Photo Anthony Maurin)

À chaque fois qu'ils se retrouvent menés - ce qui n'était pas arrivé avant la 7e journée - les Nîmois paraissent incapables de réagir. Au contraire, le bloc gardois se disloque et l'équipe, sans inspiration, est coupée en deux. Ce manque de révolte et cette difficulté à réagir lorsque le scénario est défavorable sont sans doute en partie liés au manque de leaders présents dans le groupe. Les départs de plusieurs cadres expérimentés au dernier mercato (Ripart, Reynet, Deaux voir Landre), la blessure de Briançon et la régulière mise sur le banc de Paquiez poussent le seul Martinez à devoir endosser le rôle de patron. D'autres doivent émerger rapidement pour donner plus d'épaisseur à la formation de Pascal Plancque. Prenant plus souvent la parole sur le terrain ces dernières semaines, Fomba et Benrahou pourraient s'imposer comme ceux-là.

Une fin d'année pour se replacer

En attendant, les Crocos ont bien réagi contre Auxerre, revenant avec le point du nul (2-2) dans un match mal embarqué. Après avoir cédé à deux reprises sur ses premières occasions concédées, Nîmes a lâché les chevaux en affichant un visage conquérant et en se créant de nombreuses occasions de but lors de la dernière demi-heure de jeu. "On a retrouvé l'esprit du début de saison, s'est félicité Pablo Martinez en conférence de presse d'après-match. Si tout le monde se met au service de l'équipe, on peut faire de belles choses cette saison." 

Un message pour Zinédine Ferhat, affecté par son départ avorté et écarté par le staff à Auxerre ? Avec ou sans lui, Pascal Plancque dispose en tout cas d'un effectif suffisamment talentueux et étoffé pour être amené à faire des choix. Celui de laisser tomber son classique 4-1-4-1 pour retrouver un schéma plus offensif en 4-2-3-1 ou en 4-4-2, dispositif testé avec réussite en fin de match contre Auxerre ? Avec Doucouré, Omarsson, Aribi et Koné, le technicien dispose désormais du personnel nécessaire en attaque. À lui de (re)trouver la bonne formule.

Avec au programme des huit derniers matches de la phase aller cinq adversaires classés dans le top 10, Nîmes a l'occasion de se replacer. Maintien, ventre-mou ou course à la montée, les Crocos qui naviguent actuellement entre deux eaux peuvent encore tout viser. Mais pour rêver à nouveau des sommets après ces deux premiers mois paradoxaux, ils doivent surtout trouver leur rythme de croisière.

Boris Boutet 

Et aussi : Le début de saison en stats

21. C'est le nombre de joueurs utilisés par Pascal Plancque depuis le début de la saison. Cinq seulement ont participé aux 11 rencontres. Il s'agit de Benrahou et Burner - qui n’avaient été titulaires que respectivement 15 et 14 fois la saison dernière - des recrues Bratveit et Ponceau ainsi que de Sainte-Luce. Ce dernier est actuellement le Nîmois à avoir passé le plus de minutes sur le terrain (977). Sur le banc à quatre reprises, Zaidan attend toujours sa première entrée en jeu. 

Koné buteur sans victoire. Auteur de trois buts en quatre matches, Moussa Koné est actuellement la meilleure arme offensive nîmoise. Paradoxalement, l'avant-centre sénégalais n'a jamais connu la victoire cette saison. Il partage cette caractéristique avec Philibert et Dias. Le gardien remplaçant est aussi le seul à être toujours invaincu. Une statistique à relativiser puisqu'il n'a disputé qu’une mi-temps à Auxerre.

16e. C'est le classement du Nîmes Olympique en ce qui concerne les affluences. Avec 12 551 spectateurs au total et une 2 510 par match, le stade des Costières sonne creux. Seuls Quevilly-Rouen, Dunkerque, Niort et Rodez font moins bien. À titre de comparaison quatre club du National (Laval, Le Mans, Sedan et Châteauroux) attirent plus de monde. Côté pelouse, Nîmes affiche le 19e bilan avec une note moyenne de 13,28/20 pour son gazon. Seul Bastia (13,06/20) fait pire. 

Benrahou dans tous les bons coups. S'il marque le pas après son départ canon (3 buts en 5 matches), Yassine Benrahou reste le détonateur du jeu nîmois. En Ligue 2, il est le 2e joueur qui tire le plus (29) et qui cadre le plus (15). Il est également le second au classement des centreurs (71), très loin devant ses partenaires.

Les Nîmois rois des tacles. Trois Crocos figurent dans le top 5 des meilleurs tacleurs du championnat. Il s'agit de Théo Sainte-Luce (3e), Andres Cubas (4e) et Lamine Fomba (5e). Tous les trois ont réussi plus de 20 tacles cette saison. À l'aise au sol, Lamine Fomba se débrouille aussi pas mal dans les airs. Seizième, il est le seul nîmois présent dans le top 20 des meilleurs joueurs du championnat concernant les duels aériens. 

Norman Jardin et Boris Boutet

 

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