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FAIT DU SOIR Concerts et ballades au coeur de Nîmes métropole

Laurent Coulondre et sont groupe (Photo Anthony Maurin).
En gare de Nîmes-Pont du Gard vendredi dernier dans l'après-midi, Laurent Coulondre était en showcase (Photo Anthony Maurin).

Le Nîmes métropole jazz festival fête sa quinzième édition avec un concept d’itinérance et de proximité qui est propre à sa création et au désir politique d'initier la population nîmoise à cette musique qui est bien plus qu'un courant d'art.

"Le jazz est sans doute parmi les musiques dites "actuelles" celle qui se renouvelle le plus sans jamais renier l’esprit de tradition et de transmission. Il porte des messages de liberté, de joie, d’innovation, de résistance, et de paix. Le jazz ne s’arrête jamais." Quand Stéphane Kochoyan dit cela, c'est une réalité qui est facile à prouver. On croit le jazz perché dans la stratosphère intellectuelle mais il n'en est rien... Rien du tout ! Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas qu'un jazz. Le jazz est multiple et parmi les courants le public doit forcément trouver son bonheur.

Nîmes, durant la seconde partie du XXe siècle, était une ville de jazz reconnue à l'international. Ici se déroulaient des événements forts, tous les artistes stars de l'époque venaient dans la cité des Antonin. Sauf que depuis le monde a changé, la consommation musicale aussi et le jazz est devenu "ringard" pour l'immense majorité du public. Nîmes métropole, malgré le coût (assez faible) du festival poursuit son effort et continue sa démarche. Heureusement !

Un grand format de l'exposition Jazz Totems à voir à la gare de Nîmes-Pont du Gard (Photo Anthony Maurin).

Sans blaguer, le Nîmes métropole jazz festival est devenu une référence en la matière et sa billetterie en fait l’un des festivals les moins chers d’Europe. Tout cela participe évidemment au rayonnement du territoire. Cette année, les familles des cordes et des vents sont mises à l’honneur et rehaussent la programme de quelques notes aériennes.

Tentez l'aventure jazz, ayez l'esprit ouvert !

Andrea Motis, Sona Jobarteh, Naïma 4tetT, Aurore Voilqué et Angelo Debarre, No jazz, Lionel et Stéphane Belmondo, Francis lockwood, Richard Galliano, Rymden Léon Phals, Mathis Haug, Sant Andreu Jazz Band, Tristan Melia, Trio Zéphyr ou encore Hot Antic Jazz Band composaient la sélection 2021 de cette quinzième édition. Des pointures dans leur domaine. Vraiment. Assurément.

Pour vous en assurer, tentez l'aventure car il reste encore deux dates avant que le festival ne s'achève. De plus, les tarifs sont attractifs car ils ne dépassent pas les 20 euros. Avec un peu de chance (vous ne prenez aucun risque), vous ne serez pas déçu !

La nouvelle salle polyvalente de Cabrières (Photo Anthony Maurin).

Le 22 octobre, c'est Sandra Nkaké avec son "Elles : Un bijou musical unique" qui fera le bonheur des spectateurs de la salle polyvalente de Cabrières. Entière, authentique et généreuse, Sandra Nkaké, auteure-compositrice et chanteuse, a créé un univers qu’elle n’a de cesse d’explorer et de réinventer. C’est une artiste dotée d’une voix puissante et fragile à la fois, qui prend sur scène une ampleur que le public reçoit comme un cadeau. Sandra Nkaké est une des artistes les plus émouvantes de la scène actuelle. Un bijou musical unique qui vient après trois albums solo et une Victoire de la musique !

Dernière date, le lendemain, 23 octobre, avec Jean-Jacques Milteau et "Le blues des grands axes !" à La Calmette. Son premier harmonica lui a coûté la fortune de 8,50 francs ! Il n’est pas question de leçons ou de cours, l’harmonica, comme la guimbarde, se pratique toujours en autodidacte. Ses années d’apprentissage, Jean-Jacques Milteau va les conclure à l’automne 1970 par un voyage aux États-Unis. Cette immersion au pays du blues va lui permettre de s’abreuver aux sources de cette musique qui l’obsède. C’est là qu’il prendra connaissance de l’existence de ses contemporains devenus les fines lames de la scène du moment. Après, les propositions ne manquent pas : concerts, musiques de pub ou de film, séances d’enregistrement. En France, c’est bien simple, pour tout le monde, il est le seul et tous les plus grands veulent être accompagnés par lui.

Et pour le reste ?

Qui dit festival, dit "off". L’association Jazz 70, qui vient de fêter ses 50 ans d’existence, est particulièrement heureuse de retrouver le chemin des salles de spectacles, les artistes et le public. Avec l’aide de ses partenaires elle propose une série d’événements en marge du festival à destination des publics empêchés au CHU Serre Cavalier avec le Shoeshiners’ Band, à la maison d’arrêt avec l’Orchestre Syncopatique, au foyer de l’enfance avec le spectacle Graine de son, à la clinique de réadaptation visuelle ARAMAV avec Raphaël Lemonnier et Olympe Assohoto ou encore à l’IME Kruger avec le duo idik…

Laurent Coulondre et sont groupe (Photo Anthony Maurin).

Hier soir à Paloma, c'était justement le Vauverdois Laurent Coulondre qui s'y collait. Artiste associé du festival, il a été sacré "Artiste Instrumental" aux Victoires du Jazz 2020 avec son album "Michel on My Mind" mais également primé "Meilleur disque de Jazz français" par l’académie du jazz. C'est son projet placé sous le signe du soleil et de l’exotisme qui était développé. Meva Festa est un mélange de catalan et de brésilien qui se traduit par "Ma Fête", et à travers lequel l’artiste communique la joie de vivre qu’on lui connaît, mais aussi sa vision de la musique, de la vie et du partage.

Le jazz s'illustre aussi. Depuis le 14 septembre, les murs du couloir monumental de la gare sont illuminés d’une exposition inédite de l’illustrateur Olivier Bonhomme, également concepteur de l’affiche du festival. Cette exposition a été initiée par Joël Vincent, membre du bureau communautaire, délégué aux affaires culturelles, et son équipe de la direction des affaires culturelles de Nîmes Métropole.

Le couloir de la gare Nîmes-Pont du Gard habillé par les oeuvres d'Olivier Bonhomme (Photo Anthony Maurin)

Un tel festival coûte un peu d'argent, c'est sûr. Mais qu'apporte-t-il au territoire ? Nous ne parlons pas d'un festival élitiste, contrairement à ce qu'on pourrait croire avec le jazz, le Nîmes métropole jazz festival est tout l'inverse ! Sa musique est sélectionnée pour être très accessible et pour que le très grand public passe un bon moment à moindre frais. En plus des concerts payants (mais à bas prix), le festival a une certaine idée du partage. Faire venir ces pointures, c'est audacieux car on n'est jamais sûr que le public sera au rendez-vous, qui plus est actuellement avec les conditions sanitaires imposées. Quoi qu'il en soit, le Nîmes métropole jazz festival a toute sa place dans notre paysage culturel local.

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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