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FAIT DU SOIR Jean-Michel Perret : « J’ai l’impression que mon mandat a commencé en septembre »

Jean-Michel Perret, maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Depuis quelques semaines, le maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas, Jean-Michel Perret, est sur tous les fronts. Sa commune a intégré le programme « Petites villes de demain », il projette l’aménagement d’une halte ferroviaire et vient d’être désigné référent numérique par l’association des petites villes de France. Une rentrée chargée.

Objectif Gard : Nous sortons d’une crise sanitaire sans précédent. Aujourd’hui, un an et demi après votre réélection (il a été élu maire en 2014 puis réélu en 2020, Ndlr), votre commune aura-t-elle des séquelles ?

Jean-Michel Perret : La crise a affecté la commune en termes d’animation et de vie sociale, comme pour tout le monde. Pour Saint-Hilaire, qui était particulièrement animée, cela s’est encore plus ressenti. J’ai l’impression que mon mandat a commencé en septembre. On a perdu quasiment un an à cause de la difficulté de se réunir, de travailler, de faire avancer les projets. On a géré les affaires courantes.

Vos projets ont donc pris du retard…

Hélas, oui. Grosso modo, tout va prendre un an de retard. Comme chaque projet implique plusieurs partenaires, et malgré les visioconférences, ils ont tous été énormément retardés. En revanche, voyons aussi le bon côté, les projets qui étaient déjà lancés ont pu être réalisés. Je pense notamment à la rénovation du chemin du Racas. Mais pour le reste, il y a un trou d’air sur la programmation des autres opérations à venir.

Il semblerait, si l’on en croit certains de vos administrés sur les réseaux sociaux, qu’il y aurait également un trou d’air au niveau de la sécurité dans votre commune. Certains se plaignent de l’insécurité qu’ils ressentent en raison notamment de la présence de bandes de jeunes.

D’abord, il faut dire qu’on retrouve ce phénomène dans tous les villages avec des petits caïds qui vendent de la drogue. Ce n’est pas propre à Saint-Hilaire. La preuve, c’est qu’après cinq ans de travail obstiné avec plusieurs maires qui connaissent le même type d’incivilités que nous, une convention a enfin été signée (relire ici) pour faire intervenir des éducateurs qui vont aller à la rencontre de ces jeunes, leur apprendre à respecter l’environnement, le voisinage, etc. Le but n’est pas de leur interdire de se réunir, mais de faire l’éducation que n’assurent plus les parents. Concrètement, ça va démarrer d’ici une dizaine de jours à Cendras, Saint-Julien-les-Rosiers, Saint-Martin-de-Valgalgues, Alès et chez nous à Saint-Hilaire.

Note plus positive : votre commune a intégré le dispositif « Petites villes de demain ». En quoi cela consiste-t-il ?

Ce dispositif permet de prioriser des projets par rapport à d’autres dossiers d’autres communes. Cela va nous aider sur l’amélioration des équipements publics, le développement des voies douces, la rénovation du centre village historique, du hameau de Tribies, celui de Larnac et du coté de la route de Nîmes. Parallèlement, nous sommes en pré-sélection pour le dispositif bourg-centre Occitanie. La Région nous accompagne et finance toute l’élaboration du diagnostic pour être ensuite labellisé.

Parmi les autres projets structurants, il y a aussi celui de la halte ferroviaire...

Oui. Il s’agit de recycler une friche industrielle sur une ancienne gare au niveau de la route de Nîmes. La première réunion a eu lieu avec l’Agglo pour travailler le dossier de concert avec la Région. Grâce à cette halte, les Saint-Hilairois ne seront plus obligés d’aller à Alès pour prendre le train, de perdre du temps dans les bouchons ou de galérer pour trouver une place à la gare. Ils pourront aller directement à vélo ou à trottinette à la gare pour se rendre au travail ou étudier quotidiennement. C’est aussi ce qui m’intéresse dans le concept de la ville du quart d’heure.

De quoi s’agit-il ? 

Le principe est simple : c’est de pouvoir tout faire à un quart d’heure à vélo. C’est l’autonomie en quinze minutes en transport décarboné pour qu’on puisse aller travailler, étudier, s’alimenter, se divertir, se soigner ou encore se rendre dans les services publics. Cela se traduit par l’aménagement de voies sécurisées, mais aussi par la création de pôles d’échanges multimodaux sur les parkings de nos trois écoles. J’explique l’idée : quelqu’un habite à 1,5 km de l’école, il prend sa voiture avec son enfant, le dépose et laisse aussi sa voiture. Il repart ensuite en covoiturage, en transport en commun ou en vélo électrique Ales’Y.

Et avec tout ça, vous venez aussi d’être désigné référent numérique par l’association des petites villes de France !

Oui, l’association m’a proposé d’être le délégué numérique. Cela consiste à aider le ministère du Logement à mettre en place les procédures dématérialisées au niveau des collectivités en faisant remonter les difficultés rencontrées sur le terrain. Saint-Hilaire est une commune miroir, une commune test, en ce qui concerne tous les processus de dématérialisation.

Ils le savent au ministère que votre commune n’a pas atteint les objectifs en termes de logements sociaux ?

Il faut faire la part des choses. J’ai effectivement eu une relation conflictuelle sur les logements sociaux, notamment sur le fait qu’ils voulaient créer des ghettos qui reproduiront inévitablement les mêmes problèmes. Mais le sujet avance, doucement car on ne maîtrise pas le foncier. Doucement mais sûrement.

Élodie Boschet

Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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