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BEAUCAIRE Les conditions de travail des agents municipaux font débat

Le dernier conseil municipal de Beaucaire de l'année 2021, s'est tenu ce mercredi matin. (Photo : S.Ma/ObjectifGard)

Quatre délibérations directement liées aux ressources humaines de la municipalité beaucairoise étaient au programme du conseil municipal, ce mercredi 15 décembre. Quelques agents communaux ont assisté aux échanges musclés entre le maire, Julien Sanchez et les membres de l’opposition.

Dès 8h15 ce mercredi 15 décembre, quelques agents municipaux du service technique étaient réunis sur la place Georges-Clémenceau à Beaucaire. Les portes de la mairie, à ce moment-là fermées, allaient s’ouvrir quelques minutes plus tard pour permettre au conseil municipal, le dernier de l’année, de se tenir. Quatre délibérations (*) liées aux ressources humaines et à l’organisation du travail des services municipaux figuraient à l’ordre du jour. Quatre points que les agents accompagnés de Francis Foussard, représentant de la coordination de la CGT du Gard, souhaitaient voir retirés. Les conditions de travail sont source de tensions : « On nous parle d’astreintes 7jours/7, 24h/24 du mois de juin au mois d’août, d’heures supplémentaires mais sans nous préciser sur quelle base cela va être appliqué « , s’interroge l’un d’eux. Aucun agent ne fait partie du comité technique et comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, les six qui avaient été tirés au sort pour y figurer ont démissionné et ont été remplacés par des élus.

Luc Perrin, conseiller municipal d’opposition, a montré son soutien aux agents – présents dans la salle du conseil – en demandant donc le retrait des quatre délibérations. « Ça fait longtemps que nous vous alertons sur les problèmes de gestion du personnel municipal : départs, burn out, absentéisme, conditions de travail dégradées, baisse de motivation. S’ajoutent des heures supplémentaires qui n’ont pas été payées depuis des mois. » D’autres revendications ont été soumises au maire tel que le paiement « d’arriérés d’heures supplémentaires demandées illégalement aux agents entre 2014 et 2019, un dossier qui était passé devant la cour de cassation et dont la décision avait donné raison aux agents« , précisait en amont du conseil Francis Foussard pour la CGT.

« Je ne céderai pas aux menaces, ni au chantage, ni à l’irrespect »

Julien Sanchez a balayé d’un revers de main la demande de retrait des délibérations. « Nous ne faisons qu’appliquer la loi, comme dans toutes les communes. Ce sont des délibérations chiantes, ça représente des heures de travail pour quelque chose qui ne sert à rien. Malheureusement, c’est la loi, en France on aime la paperasse, on a des députés qui visiblement n’ont que ça à faire, des lois débiles. »

Quant aux revendications, le premier édile beaucairois se dit prêt à discuter. Avant ce conseil municipal, il avait déjà rencontré les agents « pour échanger sur les délibérations et d’autres problèmes. Les heures supplémentaires par exemple, puisque c’était une des inquiétudes de certains agents, il y en a toujours et elles seront payées, on prévoit même qu’on puisse aller jusqu’à 40h payées alors que la loi dit 25h« . Une rencontre de trois heures qui s’était clôturée sur une prise de rendez-vous dès le lendemain « pour apporter des solutions« . Oui mais voilà, ouvert à la discussion mais fermé à la demande de retrait des délibérations, le maire a vu cette deuxième rencontre s’achever en quelques minutes. « Je viens voir les gens, j’ai des réponses à leur apporter et ils se lèvent et partent… Je ne vais pas me prostituer. Je ne céderai pas aux menaces, ni au chantage, ni à l’irrespect« , a-t-il lâché.

En ce qui concerne l’analyse des risques psycho-sociaux, notamment abordés par la conseillère municipale d’opposition, Pascale Noailles-Duplissy – et dont l’absence dans le document unique d’évaluation des risques professionnels a fait l’objet d’une observation de la Chambre régionale des comptes Occitanie – Julien Sanchez assure qu’elle a été réalisée et pourra être étudiée à partir du premier semestre 2022. Et le même d’insister : « Ces documents n’ont jamais existé, ni au temps de Bourbousson, ni avant. Mais quand c’est nous, on nous les réclame ! »

« C’est le bordel dans la mairie ou quoi ? »

Enfin, au sujet des heures supplémentaires, le premier édile beaucairois a reconnu « parfois des retards » dans les paiements. « Chaque heure supplémentaire sera payée. Si les feuilles des heures supplémentaires ne sont pas transmises par la hiérarchie, le service des ressources humaines ne peut pas le deviner. Elle l’a fait, la semaine dernière avec beaucoup de retard, concernant des heures effectuées il y a quelques mois. Si les informations ne remontent pas, je ne peux pas être au courant, je ne suis pas devin« , s’est-il justifié en annonçant d’ailleurs l’achat d’un logiciel informatique pour éviter que cette situation ne se reproduise à l’avenir. L’ensemble de l’opposition n’a pas manqué de réagir aux propos du maire, Luc Perrin s’étonnant : « Vous qui contrôlez tout, vous n’étiez pas au courant ? C’est le bordel dans la mairie ou quoi ?« . Suivi de Lionel Depetri : « Je suis chef d’entreprise et je peux vous assurer que si je ne paie pas ce que je dois à mes gars, dès le lendemain ils sont dans mon bureau. » Les quatre délibérations ont été adoptées à la majorité, Pascale Noailles-Duplissy, Luc Perrin, Dominique Pierre et Charles Menard ont voté, Lionel Depetri s’est quant à lui abstenu.

Stéphanie Marin

*Règlement intérieur, actualisation des règles relatives au temps de travail ; modalités de réalisation des heures supplémentaires et compensation de ces heures, nouveau règlement des astreintes.

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