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FAIT DU SOIR Le marché de l’immobilier s’emballe sur le littoral gardois

Au Grau-du-Roi, le marché de l'immobilier détonne par rapport au reste du département (Photo Corentin Corger)
De gauche à droite, les agents immobiliers Tristan Grillon et Grégory Rouvière, le représentant de la Chambre des notaires du Gard, Thibaut Bastide, et le courtier en prêt immobilier, Laurent Martin. (Photo Boris Boutet)

Au niveau national, 2021 fait figure d'année record pour le marché de l'immobilier : 1 180 000 transactions ont été réalisées. À titre de comparaison, c'est deux fois plus qu'en 2010. Dans le Gard, les prix ont augmenté 10 % pour les maisons et de 6 % pour les appartements l'an dernier. Mais la tendance haussière est encore plus forte sur le littoral où les biens s'arrachent à prix d'or. 

Partout en France, la tendance est la même : l'immobilier se vend vite et bien. "Il y a une forte demande grâce notamment aux taux d'intérêts très bas, indique Grégory Rouvière, qui possède six agences immobilières dans le Gard et l'Hérault et s'appuie sur une enquête réalisée par Century 21. Plus que jamais en cette période de crise sanitaire, la pierre fait figure de valeur refuge. Aujourd'hui, par exemple, les investissements locatifs représentent 30 % des transactions." 

"On assiste également à ce qu'on qualifie d'appel de la chlorophylle, complète le conseiller immobilier Tristan Grillon. Il s'agit d'une volonté marquée de s'éloigner des centre-villes des grandes métropoles. On assiste actuellement à un retour en grâce des villes moyennes car elles offrent toutes les commodités à des prix d'achat moins importants." 

81 % de résidences secondaires

Ainsi, l'immobilier gardois a tiré son épingle du jeu en 2021, en suivant globalement les bonnes dynamiques régionales et nationales. Mais avec son parc de 25 000 logements dont 20 000 appartements, le marché de la seule commune littorale du département détonne dans ce paysage. "D'abord, et même s'il a un vrai cœur de vie à l'année, le Grau-du-Roi reste une vraie station balnéaire, rappelle Grégory Rouvière. D'ailleurs sur place, 81% des logements sont des résidences secondaires."

Ainsi, les acquéreurs sont tout à fait différents de ceux du reste du département. "Il y a très peu d'investissement locatif, les gens sont plus sur de l'achat plaisir, poursuit-il. Très révélateur, le recours au crédit ne représente que 44% des transactions, alors qu'il est très largement majoritaire partout ailleurs. La ville joue sur ses points forts que sont la pêche et le nautisme et on sent que le littoral conserve une réelle attractivité."

Au Grau-du-Roi, le marché de l'immobilier s'est bel et bien emballé en 2021. Le nombre de demandeurs a augmenté de 35 % par rapport à 2020, et de 21 % par rapport à 2019. Logiquement, les prix ont suivi, atteignant 4 370 € au mètre carré pour les maisons, soit plus du double de la moyenne départementale (2 077€). "Il faut dire qu'il n'y en a qu'environ 3 500 sur l'ensemble de la commune, souligne le notaire, Thibaut Bastide. La rareté participe à l'attractivité. On compte environ 70 ventes par an et ça part très vite : en moyenne, le compromis est signé une quarantaine de jours à peine après la mise sur le marché." 

Le Gard est le soleil le moins cher de France"

Malgré cette flambée des prix, le Grau-du-Roi reste bien moins coûteux que sa voisine La Grande-Motte. "Plus proche de Montpellier, les biens s'y vendent 15 à 20 % plus cher, souligne Grégory Rouvière. Globalement, le Gard reste le soleil le moins cher de France." De quoi expliquer une demande également très importante pour les appartements graulens, dont les prix ont bondi de 11% l'an dernier pour s'approcher de la barre des 4 000 € du m2.

Faute d'espace supplémentaire, les biens achetés sont généralement plus petits qu'ailleurs, environ 35 m2 de moyenne au Grau-du-Roi contre 55 m2 sur l'ensemble du département. Qu'importe, plus que jamais avec la crise sanitaire, beaucoup rêvent d'un pied à terre au bord de la mer. "On vend surtout à des personnes qui vivent à moins de trois heures d'ici, indique Thibaut Bastide. On note aussi un retour des Gardois, qui ont tendance à se réapproprier leur littoral." Spécialistes du courtage, notaires, agents immobiliers, tous voient cette dynamique se poursuivre au moins pour 2022, confirmant ainsi la tendance générale : le marché de l'immobilier est le grand miraculé de la crise sanitaire.

Boris Boutet

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