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FAIT DU JOUR Dans le Gard, le casse-tête des parrainages pour la présidentielle

C’est la condition sine qua non pour se présenter à la présidentielle. Avant le 4 mars à 18 heures, chaque candidat doit présenter 500 parrainages d’élus (maires, députés, sénateurs…). Dans le Gard, les équipes sont à pied d’œuvre avec plus ou moins de succès. 

Tous les cinq ans, la polémique sur les parrainages s’invite à l’élection présidentielle. Si pour certains candidats le recueil des 500 signatures est une formalité, pour d’autres c'est surtout le parcours du combattant. Dans le Gard, le référent d’Éric Zemmour, Marc Taulelle, trime depuis des jours pour trouver « quatre ou cinq parrainages » parmi les 351 communes du département. « Les maires ne veulent pas s’afficher politiquement de peur de semer la zizanie dans leur conseil municipal », prétend Marc Taulelle, qui dénonce un « système anti-démocratique. On est devenu fous ! » 

En 1962, Charles de Gaulle avait bien toute sa tête lorsqu’il a instauré la règle des parrainages. L’idée était alors d’écarter « les fumistes » de la présidentielle, justifiait le Général. En 1976, le nombre de signatures est donc porté à 500 contre 100. Elles émanent de députés, sénateurs, conseillers départementaux, régionaux ou encore de maires, issus d’au moins 30 départements différents. Sous le mandat précédent, le président socialiste François Hollande a lui aussi modifié les règles, en rendant les parrainages publics.

Une démonstration de force

Depuis plusieurs semaines, la chasse aux parrainages est ouverte. La prochaine présidentielle aura lieu les 10 et 24 avril. Le dépôt des signatures au Conseil constitutionnel s'ouvre le 30 janvier pour se clôturer le 4 mars à 18 heures. Certains prétendants à l’Élysée ont déjà leurs 500 promesses de signatures. C'est le cas d'Anne Hidalgo au Parti socialiste qui, en campagne, en fait une démonstration de force. « Dans le Gard, nous avons récolté une trentaine de promesses. On est large ! », commente tout sourire le responsable du PS 30, Arnaud Bord.

Le responsable du PS du Gard Arnaud Bord et Anne Hidalgo, candidat PS à la présidentielle (Photo : droits réservés)

Le socialiste explique « ce résultat grâce à notre implantation territoriale avec nos élus qui représentent déjà des électeurs. D'ailleurs, c’est plus fiable que certains sondages ! » Le premier tour le dira... Tout aussi ancré dans le paysage politique gardois : le Parti communiste. L’élu départemental Christian Bastid et son camarade maire de Domessargues, Bernard Clément, ont recensé une vingtaine d’élus, soutiens de leur candidat Fabien Roussel. C'est le cas du maire de Sauveterre ou de celui de Vallabrix dans l’Uzège. 

Enfin, la Droite n'est pas en reste. Ragaillardie par les élections municipales et sénatoriales, la formation politique de Valérie Pécresse entend recueillir le maximum de parrainages. Cette fois, l'objectif n'est pas de se contenter des 500 signatures mais d'aller bien au-delà pour « montrer nos forces et faire campagne », explique l'orateur régional Occitanie, Julien Plantier, qui lance samedi le comité de soutien de sa candidate. Valérie Pecresse fera-t-elle mieux que François Fillon qui, en 2017, avait récolté 3 635 signatures ?

Mélenchon, Le Pen, Zemmour : ces candidats qui rament

Moins implantés sur le territoire, d'autres candidats ont du mal à récolter les précieux sésames. Pour le Rassemblement national, le mouvement Reconquête! d’Éric Zemmour ou la France insoumise de Jean-Luc Mélénchon, les parrainages sont un casse-tête . « La dernière fois, c’était ric-rac », se souvent le président du RN gardois Yoann Gillet qui peut, dans le Gard, compter sur « neuf signatures » à savoir « celles des députés Gilbert Collard, Nicolas Meizonnet, des conseillers régionaux, départementaux et du maire de Beaucaire ». 

L'avènement d'Éric Zemmour, classé à l'extrême-Droite de l'échiquier politique, peut aussi grappiller quelques parrainages à Marine Le Pen. C'est le cas, dans le Gard, avec le maire de Saint-Bonnet-du-Gard qui s'est finalement rallié au polémiste. Pour Yoann Gillet, le problème est tout autre : « Depuis que les parrainages ont été rendus publics, les maires subissent des pressions d’élus de plus grandes collectivités ou d’appareils politiques qui les dissuadent de parrainer. ».

Marine Le Pen entouré du maire de Beaucaire et du député européen Gilbert Collard (Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard)

Même constat du côté de la France insoumise et de son porte-parole Nicolas Pellegrini : « Le PS et le PCF font pression pour que Jean-Luc Mélénchon n’ait pas ses signatures… » Le socialiste Arnaud Bord n'est pas d'accord. Il fait remarquer que, comme pour le Rassemblement national, « la France insoumise avait bénéficié en 2017 des parrainages d'élus communistes. Ce n'est plus le cas aujourd'hui » Pour l'heure dans le Gard, les Insoumis ont seulement glané « huit promesses d’élus dont la maire de Dourbies ou le maire de Saint-Félix-de-Pallières ». 

Faut-il changer le système de parrainage ? 

Au vu de ces difficultés, la choix du système de sélection des candidats à la présidentielle se pose. « Comment serait-il possible qu’un candidat accrédité de plus de 10% dans les sondages ne puisse se présenter au scrutin ? », interroge le président de l’association des maires du Gard, Philippe Ribot. L'édile remarque aussi que « la signature des maires peut facilement être associée à un soutien ». D'ailleurs à Sernhac, le jeune maire Gaël Dupret ne parrainera personne : « Je ne veux pas soutenir un parti politique qui n’est pas représentatif de la liste avec laquelle j'ai été élu aux municipales. » 

Gaël Dupret, le maire de Sernhac ne parrainera personne (Photo : Coralie Mollaret)

Philippe Ribot pense, lui, « qu'un élu peut choisir de parrainer un candidat pour l’aider à se présenter. » L'association des maires de France propose alors un nouveau système : « Permettre à un élu de donner deux parrainages : un de conviction et l’autre pour permettre d’aider un candidat à se présenter ». La France insoumise a une autre idée : instaurer une parrainage citoyens avec « 150 000 signatures ». « Je trouve que 150 000 ce n’est pas assez ! Aujourd’hui, n’importe qui sur les réseaux sociaux peut mobiliser 150 000 signatures. Comment alors éviter les candidatures loufoques ? », objecte Arnaud Bord, rappelant ainsi l'intention du Général de Gaulle, il y a 60 ans.

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com 

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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