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FAIT DU SOIR La communauté de communes Petite Camargue veut revitaliser ses centres anciens

Vauvert rue des bonnets carrés

Les villes de la communauté de communes de Petite Camargue (CCPC) sont confrontées à une perte d’attractivité de leurs centres anciens : dégradation des espaces publics, détérioration du bâti, vacances, logements insalubres et disparition des commerces et des services. Afin d’y remédier, le vice-président, Jean Denat, présente un plan sur cinq ans destiné à accompagner et aider financièrement les propriétaires à réhabiliter leur logement.

L’action foncière est déterminante pour requalifier les secteurs les plus dégradés. C’est pourquoi la CCPC a démarré un vaste programme de réhabilitation de logements dans le centre ancien pour ses cinq communes : Vauvert, Aimargues, Beauvoisin, Aubord et Le Cailar. « La communauté de communes a plus de 20 ans et elle prend enfin en main l’habitat, se réjouit Jean Denat. On appelle centres anciens ce qui était là avant la guerre. Il s’agit souvent des habitations du Moyen-Âge. »

Éliminer les poches insalubres

Le vice-président délégué à l’Habitat est déterminé à éliminer les poches d’insalubrité. « La misère attire la misère et la délinquance”, explique-t-il. Cette action peut également permettre de créer des espaces et d’aménager des places et du stationnement afin de donner de l’air aux centres anciens. Les façades dégradées ne sont que la partie visible de l’iceberg. Elles peuvent parfois dissimuler un habitat insalubre.

« Il est difficile d’avoir un projet de vie dans un logement qui est insalubre, estime Jean Denat. Il faut que les propriétaires découvrent les dispositifs d’aide à la rénovation de leurs logements. » Alors que la plupart des citoyens ne connaissent pas les aides financières qui sont attribuées pour ce genre de travaux, la CCPC a réalisé un état des lieux afin de les accompagner dans les démarches d’obtention d’aides et de rénovation de leur maison.

Un diagnostic énergétique alarmant

La société Urbanis, spécialiste de l’habitat privé, a conduit une étude précise sur le logement dans les centres anciens de la CCPC. Ces derniers, à travers des barrières, arènes et empègues, font l’identité, le charme et l’attractivité des communes, mais se dégradent au fil des années. Consultés, les habitants se sentent plutôt bien dans leurs villages. Plusieurs attentes reviennent cependant : plus de places pour se garer et de commerces de proximité, une amélioration de la voirie et davantage de verdure. Enfin, et c’est ce qui se voit le plus, ils pointent du doigt les façades dégradées des maisons, mais aussi du patrimoine public.

Le rapport d’Urbanis fait apparaître une forte présence de propriétaires occupants (33%) et une faible part de co-propriétés (5%), car la plupart sont des maisons vigneronnes ou maisons de maîtres. Le taux de vacance est important (4,4%). Concernant le diagnostic énergétique, particulièrement alarmant, 53 % des logements classés en E, F ou G du parc de la CCPC sont situés dans les centres anciens. Ces derniers regroupent 4 732 logements, dont 907 sont classés énergivores. Parmi eux, 26,5 %, appartiennent à des personnes âgées de plus de 75 ans, souvent propriétaires depuis longtemps et ayant des moyens limités.

Accompagnement financier et concertation

Face à ce constat, la CCPC a décidé d’agir et lancé un plan d’action sur cinq ans qui inclut une concertation avec les habitants concernés. Dès la semaine prochaine, 3 500 courriers et flyers seront envoyés aux propriétaires par les communes. Le 15 février, des ateliers seront créés avec les habitants et les élus afin de déterminer des îlots tests qui seront déclarés en intervention prioritaire. L’État, la Région, le Département et les communes financent le projet. “On veut appuyer sur le fait que le privé a une opportunité grâce à l’aide du public”, indique André Brundu, le président de la CCPC. 

« Cela se fera avec concertation, il y aura des endroits où l’on va rencontrer de la résistance, mais aussi d’autres où l’on suscitera du dynamisme », insiste Jean Denat. Les mairies ont aujourd’hui les moyens de contraindre les propriétaires à rénover leur façades, notamment avec le « permis de louer. » »

La rénovation de chaque centre ancien sera portée par les maires. À partir de ce premier pas qui concerne les habitats, la CCPC voit plus loin. En enrayant le processus de dégradation des coeurs de ville, en luttant contre la précarité énergétique et en préservant le patrimoine, la requalification des centres anciens et leur attractivité est en jeu. Le retour d’une mixité sociale dans ces secteurs et l’amélioration de la mobilité et du stationnement sont aussi visés. 

Yannick Pons

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