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FAIT DU SOIR NaïtUp : pour voir plus grand, bientôt le déménagement

Patrice Brochier, fondateur et co-gérant de NaïtUp, et Thierry Villières, son associé. (Photo NaïtUp)
Patrice Brochier, fondateur et co-gérant de NaïtUp, et Thierry Villières, son associé. (Photo NaïtUp)

Si elle n’était encore qu’une « start-up » au début de la dernière décennie, l’entreprise alésienne NaïtUp a bien grandi depuis, au point de dépasser les 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021 et d’envisager un déménagement. Un succès qui tient tant à l’opiniâtreté de son fondateur qu’à une nouvelle façon de voyager en parfaite adéquation avec le caractère innovant de la société.

Si nous vous présentions la société alésienne NaïtUp en 2016 (relire ici), nul besoin de récidiver aujourd’hui. Depuis, l’engouement médiatique a été tel que « quasiment tous les grands médias nationaux » sont passés par les locaux de celle qui n’était encore qu’une start-up au début de la dernière décennie. Et pour cause ! Après avoir mangé son pain noir de 2007 à 2014 en travaillant « tout seul » dans son garage, le fondateur Patrice Brochier a parcouru du chemin après l’embauche de ses deux premiers employés en 2015.

Ses tentes hussardes, autrement dit des toiles de tentes adaptables à tous types de véhicules à la seule condition qu’ils soient équipés de barres de toit, connaissent un succès insoupçonné. Et ce n’est évidemment pas la pandémie, laquelle est en parfaite concordance avec l’adoption de ce nouveau mode de voyage plus libre, qui a ralenti la cadence. En comptabilisant 30% de nouveaux clients en 2020, la société alésienne implantée au cœur de la zone d’activités Pist Oasis, a enregistré la plus forte croissance de son histoire. « La pandémie a été un déclencheur pour beaucoup. On est tout à fait ‘Covid compatible' », sourit Patrice Brochier.

À Deaux fin 2023

Une expansion qui se traduit en chiffres puisque NaïtUp a réalisé 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021. Une année durant laquelle l’entreprise s’est structurée en embauchant quatre cadres (un responsable commercial, un responsable de l’amélioration continue, un responsable marketing et un directeur des ressources humaines), portant le total à 25 salariés. « Normalement on prend un DRH quand on a 50 salariés, mais on a un peu anticipé notre développement », justifie le père fondateur.

Car les perspectives sont enthousiasmantes pour l’ex-start-up née dans la pouponnière de l’IMT Mines Alès il y a bientôt 15 ans, au point qu’un déménagement devient inévitable si elle veut tenir la cadence. Celui-ci est espéré pour la fin de l’année 2023, au terme d’un chantier de plus de 3 millions d’euros, qui devrait débuter dans quelques semaines. Il s’agira pour Patrice Brochier et sa bande d’intégrer la zone d’activités dite de « La Beausse », à Deaux, près de Vézénobres.

« Il n’y avait plus de place dans la zone qui est très prisée, puis il y a eu un désistement et on a récupéré la dernière parcelle (2 300 m², Ndlr) », se réjouit le Montpelliérain. Et d’ajouter : « Actuellement, on est au cœur d’une pépinière d’entreprises dans des locaux partagés. La philosophie, c’est que quand on est en capacité de financer ses propres locaux, on laisse sa place à d’autres qui en ont plus besoin. »

« TriUp », la petite nouvelle

Grand seigneur, c’est aussi avec l’intention de décupler la capacité de production de l’entreprise (de 1 000 tentes par an à 10 000 d’ici 2027) que Patrice Brochier fera construire un bâtiment bioclimatique, conçu par l’architecte uzétienne Sophie Lossky. Avec une structure en bois, l’isolation en paille et les finitions en terre, le nouveau bâtiment se verra affublé du qualificatif « exemplaire » sur le plan écologique, d’autant que son toit sera couvert de panneaux solaires.

« Il faut qu’on tienne encore un an et demi ici », prévient Patrice Brochier, qui s’est quelque peu rassuré après la récente acquisition d’un troisième atelier au cœur des locaux actuels. « Ça nous permet d’augmenter légèrement nos capacités de production », apprécie-t-il. D’autant qu’après la Duö, la Quatrö et la Family, un autre modèle de tente vient d’être développé par les ingénieurs alésiens : la TriUp. Mise sur le marché au mois de mars prochain (2 890 euros), elle fera voyager dans des conditions optimales un couple avec un enfant en bas âge. « Elle est beaucoup plus compacte que les trois autres car on n’a pas utilisé la même coque », précise le co-gérant.

Au rayon des réjouissances se range aussi le lancement imminent de nouveaux accessoires de voyage, dont le grand auvent qui offrira un abri aux voyageurs pour se protéger des intempéries. « Il est dans l’esprit de la tente, très rapide à ouvrir et à fermer », jure l’entrepreneur. Lequel se réjouit du passage « d’un marché invisible à un marché émergent ».

Une collaboration attendue

Et d’enfoncer : « On est en train de basculer vers un marché en croissance. Tout le monde commence à nous voir et à nous connaître ! » Pour les tentes hussardes, tous les indicateurs sont donc au vert. Seule ombre au tableau, une « augmentation impressionnante » du coût des matières premières dont l’aluminium (plus de 30%) qui sera répercutée à hauteur de 3 à 5% sur le prix des tentes au 1er mars prochain.

Fini le tâtonnement d’une époque lointaine qui marquait les prémices de la start-up, le cap est désormais bien défini. « Les enjeux, c’est avant tout de gérer ce passage de TPE (∗) à PME (∗) qui peut être un peu violent pour nos salariés », expose Thierry Villieres, co-gérant. Qui plus est lorsque quatre nouveaux responsables de service ont moins de six mois d’ancienneté.

« Avoir des processus robustes qui nous permettent de livrer rapidement à des très gros distributeurs », est un autre challenge qui s’offre au dernier nommé, lequel est étroitement lié à la réussite de l’entreprise. S’ils aspirent à une collaboration avec un géant de la distribution d’articles de sport, le rêve des deux co-gérants deviendra peut-être bientôt réalité. Le déménagement à Deaux va dans ce sens, et devrait leur permettre de voir plus grand. Très grand.

Corentin Migoule

(∗) TPE : très petite entreprise

(∗) PME : petite et moyenne entreprise 

« Lean Management ». Le succès de NaïtUp doit aussi à la quête d’un système de gouvernance « le moins pyramidal possible, qui responsabilise les salariés ». Le « lean management » est appliqué dans les locaux de l’entreprise alésienne. Il s’agit d’une méthode de gestion et d’organisation du travail qui vise à améliorer les performances d’une société et, plus particulièrement, la qualité et la rentabilité de sa production. « C’est la chasse au gaspillage », résume Patrice Brochier. Une chasse qui se matérialise par la mise en place des « JAC » : journée d’amélioration continue, depuis novembre dernier. « Une fois par mois, la journée de travail est banalisée afin que chaque salarié réorganise son poste de travail de la manière qui lui convient le mieux », explique le dernier nommé.

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