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FAIT DU JOUR Ces non-vaccinés qui regoûtent à la liberté

Justine Molcard, commerçante à Anduze (DR)
Justine Molcard, commerçante à Anduze (Photo DR)

Depuis ce matin, le port du masque et le pass vaccinal ne sont plus obligatoires partout, à l’exception des transports, des maisons de retraite et des hôpitaux. Un soulagement bienvenu, en particulier pour les 23,8 % de non-vaccinés dans le Gard, jusque-là privés de cinéma, de bar ou de restaurant. Même si la plupart restent sceptiques devant cet allègement des contraintes. Des Gardois témoignent… à visage découvert !

Justine Molcard, 35 ans, commerçante à Anduze : « Profitez-en, ça ne durera pas ! »

« Je ne dirais pas que c’est une libération, mais plutôt un retour à la normalité. Je ne me suis pas mise entre parenthèses durant cette période, j’ai juste vécu autrement. Je n’ai pas souffert de ne pas aller au restaurant, de ne plus aller au concert ou de ne plus prendre mon café dehors avant d’ouvrir mon magasin. Cet été, nous n’avons pas pu faire un tour de vélorail des Cévennes ou aller à la Bambouseraie avec les enfants, mais nous avons profité différemment, en famille, en allant dans la nature plutôt qu’à la piscine ou en cuisinant tous ensemble. En fait, nous nous sommes retrouvés.

En tant que commerçante, je n’ai de toute façon jamais porté le masque, ni obligé mes clients à le faire, mettre en place un sens de circulation, ou installer un distributeur de gel. Cet été, j’ai dû perdre quelques clients qui refusaient de rentrer dans la boutique car je ne portais pas le masque. Mais les autres étaient au contraire ravis de pouvoir l’ôter pour respirer. J’ai tout de même dû payer deux amendes de 135 euros, mais c’est le prix de ma liberté !

Ce qui va vraiment nous changer la vie, c’est de pouvoir prendre le train (les transports resteront pourtant soumis au port du masque, NDLR) car nos deux filles sont en Picardie et les allers-retours en voiture nous ont coûté très cher ! Mais je ne me serai pas fait vacciner pour partir en vacances. J’ai refusé de me faire vacciner et de porter le masque car cela avait du sens pour moi. J’ai attrapé deux fois la Covid, dont une fois où j’étais mal pendant les vacances de Noël. Mais j’étais en fait contente que mon corps puisse fabriquer naturellement les anticorps dont il avait besoin. Je sais que l’épidémie fait des morts, mais je considère qu’il faut vivre avec car il y en aura d’autres. On ne peut pas vivre sous cloche ! Alors aujourd’hui, mon soulagement est temporaire. Mais une fois les élections passées, elles reviendront. Profitez-en, ça ne durera pas ! »

Michèle Degiovanangelo, secrétaire à Bagnols (Photo DR)

Michèle Degiovanangelo, 62 ans, secrétaire administrative à Bagnols-sur-Cèze : « C’est un choix de vie »

« J’ai décidé de ne pas me faire vacciner en étant consciente des contraintes et des empêchements que cela allait entraîner pour moi. Mais je préférais me priver de cinéma ou de resto, plutôt que de me faire injecter ce pseudo vaccin fabriqué en moins de trois mois : je ne suis pas un cobaye !

Ce soir, je ne me précipiterai donc pas au restaurant. Mais si une occasion se présente, j’en aurai au moins la possibilité. Je me suis aperçue qu’on pouvait vivre autrement.

De toute façon, je ne suis pas tellement fan de faire les boutiques. Alors, finalement, en dehors des concerts, tout ça ne m’a pas tellement manqué, c’est un choix de vie. À la place, j’ai trouvé d’autres activités : me balader dans la campagne, recevoir des amies chez moi, cuisiner pour mes proches, etc. Heureusement, certains artistes ont continué à proposer des spectacles de rue, comme HK que je suis allé voir dans un petit village d’Ardèche, par exemple. J’ai aussi beaucoup manifesté contre le pass.

Pour d’autres, ces contraintes ont tout de même été plus compliquées à gérer. Ma sœur, qui est infirmière à Bagnols-sur-Cèze, a été harcelée pour se faire vacciner. Elle n’a pas eu le choix. Elle en a pleuré, mais elle a finalement cédé, en inscrivant « Injectée sous contrainte » sur son pass, cela a fait grincer des dents. Ses enfants n’ont pas été vaccinés non plus. Ils n’ont plus eu le droit de faire du sport, mais ils ont compris cette démarche. »

Anaïs Lottin, mère au foyer à Nîmes (Photo Anaïs L.)

Anaïs Lottin, 24 ans, maman au foyer à Nîmes : « Tout le monde s’est jeté sur ce vaccin comme des moutons »

« Je suis fière de ne pas être vaccinée et de n’avoir jamais attrapé le Covid. Pour moi, tout le monde s’est jeté sur ce vaccin comme des moutons. Moi, je n’avais pas du tout confiance.

Mais ne pas avoir de pass ne m’a finalement pas trop gêné. J’ai fait régulièrement des tests antigéniques et PCR pour pouvoir emmener ma petite fille à ses rendez-vous médicaux, par exemple, ou pour sortir au restaurant ou boire un verre. Mais je me protège tout de même car j’ai enfant en bas âge. Porter le masque ne me dérange pas et je respecte les gestes barrières en me désinfectant les mains ou en limitant les contacts avec les autres, quand il y a trop de monde dans la rue, par exemple.

Je ne suis simplement pas inspirée par ce vaccin : on ne sait pas ce qu’il y a dedans. Et de toute façon, ceux qui se vantent d’être vaccinés attrapent tout de même le virus… »

Le gérant du bar à Beaucaire n’a jamais contrôlé ses clients depuis le début de la mise en place des différents pass. (Photo : S.Ma/ObjectifGard)

Ce gérant d’un bar à Beaucaire n’a jamais contrôlé ses clients

« Je ne suis pas vacciné, je pense qu’il n’y a pas assez de recul par rapport à ce vaccin, il est donc hors de question qu’on m’injecte ce truc dans le bras. Chacun fait ce qu’il veut, mais qui suis-je pour contrôler mes clients ? Le secret médical existe, en tout cas c’est ce que je pense. Je n’ai pas à scanner quoi que ce soit, d’ailleurs mon téléphone portable n’est pas assez récent pour pouvoir le faire. J’avais mis en place un carnet, les gens inscrivaient leur nom et l’heure de passage. Mais comme je ne suis pas habilité à contrôler les identités – ce n’est pas mon métier – ils étaient libres de marquer ce qu’ils voulaient. Dalida est venue boire un café, Georges Brassens aussi, Alain Chabat ainsi qu’un Pokémon ! Je sais qu’un bar à Beaucaire a été contrôlé et qu’il y a eu des amendes, mais moi, je n’ai rien eu.

Quant aux masques… Je ne l’ai jamais porté dans mon commerce. J’ai toujours respecté les règles d’hygiène. Et je n’ai pas attendu le virus d’ailleurs pour me laver les mains plusieurs fois par jours. Le masque dans un bar, c’est un non sens, ça casse le lien de convivialité. D’ailleurs, depuis le premier confinement, j’ai perdu 70% de mon chiffre d’affaires, rien que pour la partie de la Française des Jeux. J’ai même certains clients qui depuis ne sont jamais revenus. »

Anne-Marie, Beaucairoise : « La méfiance a engendré une agressivité, un climat de peur »

« J’ai été empêchée de travailler à cause de l’obligation du pass vaccinal car j’étais dans un lieu qui reçoit du public. Au moment du pass sanitaire, je faisais des tests PCR deux fois par semaine. Malgré cela – et je ne suis pas contre tous les vaccins – je n’ai pas voulu me faire vacciner, je reste méfiante. Ma famille a été touchée par l’affaire du sang contaminé, alors je suis peut-être plus méfiante que d’autres.

Je pense que cette suspension alors que les élections approchent, n’est pas due au hasard. En tout cas, le fait de ne pas avoir eu le pass vaccinal n’a pas changé, hormis le travail, mon rythme de vie. J’ai même pu aller au restaurant à Beaucaire, il suffit de connaître les bonnes adresses. Toutefois, j’ai été stupéfaite de voir les gens se diviser à cause de ce pass vaccinal et l’agressivité que ça a engendré, ce climat de peur. Dans ma famille, chacun a eu le choix de faire ce qu’il voulait, sans que personne ne soit jugé. »

Stéphanie Marin et Pierre Havez

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