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FAIT DU SOIR Les fraises du Gard pour redonner l’envie du terroir

C'est partie pour la saison de la fraise dans le Gard ! (Photo Anthony Maurin).
Les bonnes fraises de la famille Ducurtil à Beaucaire (Photo Anthony Maurin).

Fraises, cerises, abricots, nectarines et maintenant pommes, au domaine des Biches, on sait faire. Florian, Jean-Baptiste et Laurent Ducurtil, producteurs à Beaucaire, ont commencé leur récolte de fraises.

Avec en toile de fond un conflit grandissant à l’est de l’Europe qui fait grimper en flèche le prix des matières premières et qui contraint l’agriculture française à user d’intelligence pour contourner les problèmes occasionnés, la saison des fraises a débuté dans le Gard il y a quelques jours. Au coeur d’un domaine historique en la matière, une famille s’emploie à faire connaître les bonnes fraises gardoises.

S’il est un produit de saison, de qualité et aux saveurs diverses et variées, c’est bien la fraise ! Le Gard, par chance, en produit quelques tonnes. « Je ne cultive les fraises que sur 1,1 hectare, sous serre et en pleine terre. La récolte a commencé il y a une quinzaine de jours pour nous. Nous avons trois variétés, la Gariguette, ma préférée que je déguste nature car j’adore son acidité, la Clery et la Dream » explique Laurent Ducurtil du domaine des Biches.

Dans ses serres, Laurent Ducurtil est un homme heureux qui transmet son savoir-faire à ses enfants (Photo Anthony Maurin).

La Gariguette, de forme oblongue, précoce, acide, est très parfumée. La Cléry, brillante, est de couleur rouge carmin et a un goût parfumé. Enfin, la Dream, plus sucrée, très fruitée et moins acide que la Gariguette, est un peu nouvelle car c’est quasi exclusivement pour l’enseigne Grand Frais que Laurent Ducurtil la cultive.

Le producteur reprend : « La grosse période, pour nous, équivaut à cinq semaines entre maintenant et la fin qui a lieu au mois de juin. Tous les ans nous arrachons la totalité des plants de nos fraises et en juillet nous recommençons à planter de nouvelles racines puis, en décembre, on attaque les trayplants (tige aérienne rampante que l’on fait raciner, ndlr) mais les trayplants produisent un peu moins. »

David Sève, Jean-Louis Portal, Magali Saumade et la nouvelle génération de cultivateurs de fraises dans le Gard dont Romain Arcé (Photo Anthony Maurin).

Sur son exploitation et durant la grosse période d’activité, 25 saisonniers viennent travailler. Il faut dire qu’il y a du boulot car on parle tout de même de 70 000 à 80 000 plants. Tout cela représente entre 12 et 15 tonnes par hectare. « Cela fait 25 ou 26 ans que je fais ça, mon fils Jean-Baptiste reprend la partie fraise et Florian, un autre de mes enfants, s’est installé l’année dernière et prendra le reste ! » explique Laurent Ducurtil.

Subtilité, douceur, fragilité, enfance… la fraise est formidable

Romain Arcé est issu d’une famille d’agriculteurs. Ce jeune vient de s’installer sur le champ d’à côté : « Mon frère Ludovic a commencé les fraises en 2006. Nous faisons aussi beaucoup de nectarines mais pour fidéliser nos saisonniers, nous sommes un peu obligés d’allonger la saison et les fraises nous permettent de commencer plus tôt. Nous faisons des fraises en pleine terre mais sous tunnel. Tout le monde est content ! » Comme quoi des jeunes arrivent, malgré le manque de foncier et les difficultés que l’agriculture rencontre, à s’installer.

C’est parti pour la saison de la fraise dans le Gard ! (Photo Anthony Maurin).

Le Gard compte une cinquantaine de producteurs de fraises et, même si l’IGP fraise de Nîmes n’a plus lieu d’être, la fraise elle-même continue son histoire locale au coeur d’un terroir où elle se plaît. Le plateau des Costières se prête bien à cette culture mais il faut bien choisir et savoir où l’on veut aller. Parfois, les cahiers des charges sont trop contraignants et ne poussent pas toujours vers la qualité. Forcément, quand on n’est pas habitué à la paperasse et à l’administration, on préfère ne pas être labellisé et sortir des fruits comme on l’entend.

Les fraises, ça sent le printemps (Photo Anthony Maurin).

Pour la présidente de la chambre d’agriculture du Gard, Magali Saumade, « C’est dommage pour l’IGP, c’est un écueil qui servira pour le futur. Il faut aider ces petites appellations, sinon, elles s’arrêtent d’elles-mêmes. La fraise fait partie de ces produits qualitatifs qui participent à l’image du bon terroir gardois. Ce produit a une jolie plus-value pour l’agriculteur et c’est un produit marqueur. La demande des consommateurs est réelle, la fraise nous rappelle l’enfance et elle lance les beaux jours ! C’est un produit fragile et quand on parle de saison, la fraise est un produit phare de l’agriculture. Il faut la déguster maintenant ! »

Les boîtes à bourdons (Photo Anthony Maurin).

Dans les serres, on aperçoit des boîtes à chaussures bariolées. « On met une quarantaine de bourdons par serre. Quand il fait encore froid les abeilles ne sortent pas et les bourdons sont plus rustiques. De plus et si on ne les utilisait pas, les fraises seraient déformées ! Par contre, quand en met trop, c’est l’effet contraire et on retrouve des fraises déformées. Maintenant, les abeilles commencent à sortir et elles viennent naturellement polliniser les plants car nous laissons les côtés des serres ouverts. »

De la fleur au fruit, de la terre à l’assiette, la fraise s’invente une belle histoire dans le Gard (Photo Anthony Maurin).

Avec de forts besoins en la matière, l’agriculture dans le Gard tente d’employer 15 000 saisonniers chaque année. L’agriculture se porte bien mais les producteurs peinent à trouver de la main d’oeuvre alors que le chômage est encore élevé dans notre département. Pourtant et pour 180 heures par mois, les salaires débutent à 1 500 euros net. « Moi, j’avais besoin de 30 personnes, j’ai lancé un appel, j’ai eu quatre réponses. Deux venaient du Maroc, une de Tunisie et une dernière du Gard… » avoue un producteur.

Cléry, Gariguette et Dream (Photo Anthony Maurin).

« On critiquait l’agriculture quand elle ne parvenait pas à trouver de la main d’œuvre. On le voit clairement aujourd’hui, d’autres secteurs sont concernés comme la restauration, l’hôtellerie ou le BTP. Ramasser des fraises, c’est simple, on ne se baisse pas, il fait chaud mais pas trop… On ne comprend pas. Enfin si, on comprend qu’il est difficile aux gens de travailler tous les jours quand avec le chômage ou le RSA ils gagnent presque autant sans avoir à bosser… Le problème est complexe » explique David Sève, membre du Bureau de la Chambre d’agriculture et Président de la FDSEA.

(Photo Anthony Maurin).

Domaine des biches, Domaine des biches 1935 chemin de Valescure 30 300 Beaucaire. Tel : 04.66.01.62.54.

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 38 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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