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FAIT DU JOUR Les syndicats veulent mobiliser pour ce 1er mai post-présidentielle

(Photo d'acrhives Anthony Maurin).
Un long cortège de plus d un millier de manifestants a défilé dans les rues d’alès le 1er mai 2019. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Certes, il tombe un dimanche, en pleines vacances scolaires, mais il est hautement symbolique : ce dimanche 1er mai, jour de fête du travail, verra les premières manifestations intersyndicales depuis la réélection d’Emmanuel Macron dimanche. 

Un contexte forcément particulier même si le fond des revendications ne bouge pas, car « dans ces élections, on n’a rien gagné et rien perdu », tranche Martine Sagit, secrétaire de l’Union locale CGT d’Alès. Avec un point qui cristallise une bonne partie des tensions : le recul prévu de l’âge de départ à la retraite, qui doit arriver progressivement à 65 ans, comme l’avait annoncé Emmanuel Macron pendant sa campagne. 

« Une large majorité de la population est hostile à cette réforme », affirme le Cévenol Alain Martin, membre de la commission exécutive de la CGT. Une mesure jugée ni crédible, ni tenable par la CGT. « Il faut une réforme, mais pas celle-là », ajoute Patrick Lescure, secrétaire de l’union locale CGT de Bagnols. « Sur cette question, il y a une vraie unité syndicale », affirme Louisette Moulas, secrétaire de l’Union locale FO de Bagnols, alors qu’outre la CGT et FO, la FSU et Solidaires manifesteront à Bagnols. La syndicaliste rajoute également le maintien des 42 régimes actuels de retraite, qui sont aussi dans le collimateur du gouvernement. 

« Il n’y a pas un problème de pognon, mais de répartition »

Les syndicats axent aussi leurs revendications sur la hausse des salaires, avec pour la CGT la nécessité de monter le SMIC à 2 000 euros bruts, surtout face à la hausse des prix enregistrée récemment. « On veut nous faire travailler plus sans augmenter les salaires, pendant que le CAC 40 explose, que les milliardaires font des bénéfices records, pose Patrick Lescure. Il n’y a pas un problème de pognon, mais de répartition. » Louisette Moulas rappelle aussi que les syndicats revendiquent, outre la hausse du SMIC, celle du point d’indice des fonctionnaires et des pensions de retraites. 

Car « les choses n’ont pas changé depuis 2019, estime la syndicaliste. Il y a toujours le sentiment dans la population, chez les salariés, d’une très grande colère, et cette séquence électorale n’y a rien changé. » « Les gens n’en peuvent plus des bas salaires et des conditions de travail qui se détériorent », ajoute son homologue de la CGT d’Alès.

Autre revendication : le maintien des services publics, notamment dans la santé. « La pandémie a démontré que ces services publics étaient indispensables, mais malgré tout on continue de fermer des lits et de casser le service public », s’étrangle Martine Sagit. Pour Louisette Moulas, il ne s’agit rien de moins que d’une « privatisation du service public » en cours. La syndicaliste revendique aussi la réintégration du personnel de santé non-vacciné, qui manque cruellement dans les hôpitaux. 

« On se mobilisera et on combattra toujours »

Alors Macron I ou Macron II, les syndicats savent qu’ils vont poursuivre sur le même mode, « face à un pouvoir qui s’arc-boute, ce sera à nous de durer dans le temps », avance la représentante de FO, un syndicat qui tient à rester indépendant durant la séquence des législatives qui s’ouvre. Côté CGT, « on entend bien peser dans les débats, avance Patrick Lescure. Il faut qu’on parle plus des vrais problèmes que lors de la présidentielle. » 

Et la CGT se fait aussi fort de démonter le discours de l’extrême-Droite, qui a encore réalisé des gros scores dans le Gard lors de la présidentielle. « Marine Le Pen ment, quand elle dit qu’elle va augmenter les salaires, il s’agit d’une baisse des cotisations, or les cotisations servent à financer les retraites et la Sécu », affirme Alain Martin. Pour Patrick Lescure, les idées d’extrême-Droite « prospèrent car les différents gouvernements depuis trente ans ont mené des politiques conduisant à plus de précarité et de pauvreté. » Les syndicats rappellent par ailleurs leur attachement à la paix, en écho à la guerre en Ukraine. 

Dans ce contexte, Martine Sagit espère que ce 1er mai va « donner le ton » des prochains mois sur le front social, et ce alors que la CGT décidera vendredi prochain des suites à cette journée de mobilisation. Patrick Lescure préfère y voir « une première pierre de ce qui va se construire », compte tenu du contexte d’une date qui tombe un dimanche ensoleillé de vacances scolaires. Mais quoi qu’il arrive, « on se mobilisera et on combattra toujours, lance Martine Sagit. C’est notre devoir. » 

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Quatre manifestations sont prévues aujourd’hui, toutes à 10h30. Départ de la Maison Carrée pour Nîmes, de la mairie pour Alès, de la place de la Poste pour Bagnols et de la mairie pour Beaucaire.

Thierry Allard

34 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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