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FAIT DU SOIR Club taurin l’Aficion : 100 ans de passion

Une photo d'archives d'une course camarguaise lors d'une fête votive à Jonquières-Saint-Vincent. (Edition Noguier)

Créé par Monsieur Couran en 1922, le club taurin l’aficion de Jonquières-Saint-Vincent continue depuis à rayonner sur le territoire gardois, fief de la course camarguaise. Son centenaire sera célébré, en grande pompe, ce samedi 14 mai.

Dès sa première année de création en 1922 et alors que la bouvine a déjà acquis ses lettres de noblesse sur les terres de Jonquières-Saint-Vincent, le club taurin l’aficion comptait une centaine de membres. L’histoire est longue et forcément ponctuée d’anecdotes diverses et variées. La revue Le Camariguo qui ne paraît plus désormais, en avait répertorié quelques-unes pour les besoins d’un article sur ce club taurin.

On y apprend ainsi que le célèbre raseteur beaucairois, Julien Rey, multiple vainqueur de la Palme d’or et de la Cocarde d’or, a fait ses débuts dans les arènes jonquièroises, face aux cocardiers de la manade Robert, en 1923. Cette même année, un spectateur imprudent sera blessé mortellement par le taureau Bechet.

En 1925, la révolte jonquièroise tonne, opposant les jeunes du village au manadier Robert. Ce dernier les accuse de maltraiter le bétail lors des jeux taurins, à tel point qu’il refuse de faire une course de nuit. L’intervention du maire de l’époque a permis d’apaiser les tensions entre les deux parties. Si la course a bien eu lieu, le manadier a été remercié par la suite. Le marquis de Baroncelli prend le relais. En tout cas pendant deux ans, « la rancune ne dure pas à Jonquières-Saint-Vincent« , peut-on lire dans la revue.

Une photo d’archives d’une course camarguaise lors d’une fête votive à Jonquières-Saint-Vincent. (Edition Noguier)

Au fil des années, les activités du club taurin grandissent et gagnent en notoriété jusqu’à ce que la guerre éclate. Les arènes sont abandonnées, les torils détruits par les Allemands. Le club taurin l’aficion fera son retour en 1945 sous la présidence de Lucien Jeannon, à qui succèdera Alfred Riey en 1950. En 1960, la municipalité fait construire de nouvelles arènes, pour remplacer celles qui avaient été restaurées à l’après-guerre.

Deux ans plus tard, tandis que les manades et raseteurs de belle renommée se retrouvent à Jonquières-Saint-Vincent pour diverses manifestations, le club organise le premier Raisin d’or, remportée par André Soler. Il faudra attendre 1975 pour voir la deuxième édition de ce trophée local, qui perdure encore aujourd’hui.

Ludovic Estevan, 35 ans, président du club taurin l’Aficion, et son secrétaire, Loïc Daini, 38 ans. (Photo : S.Ma/Objectif Gard)

Après Denis Gibelin (1970), Régis Blayrat (1975), Jean-Luc Agniel (1986), Paul Hérail (1989) et Rachid-Ait-Idir (2003), c’est désormais le Tarasconnais Ludovic Estevan, 35 ans, qui préside le club taurin jonquièrois. Il compte actuellement une quinzaine de membres. « La passion des traditions et le goût de la transmission ont toujours animé le club taurin l’aficion. Et nous poursuivons cette mission aujourd’hui. Ce n’est pas évident, ça demande beaucoup de travail en termes de préparation, d’organisation, mais c’est nécessaire pour que perdure la bouvine à Jonquières-Saint-Vincent. Reste à savoir si on sera encore-là pour fêter les 150 ans« , s’amuse Ludovic Estevan.

Les membres du club taurin l’Aficion de Jonquières-Saint-Vincent. (Photo : CTA)

Onze courses camarguaises sont programmées à chaque saison dont des courses taureaux jeunes ou taureaux neufs, quatre courses de Ligue et quatre autres de l’Avenir. Ainsi, en même temps que la première journée du Raisin d’or, sera célébré le centenaire du club, le samedi 14 mai.

Dès 9h, le domaine de la Boissière ouvrira ses portes pour un petit-déjeuner animé par la peña Lou Carretie de Fourques et le groupe Li Cigalou jounquieren. Suivra à 11h, une abrivado longue de la manade Labourayre puis un repas convivial à la salle des fêtes de Jonquières-Saint-Vincent.

L’affiche pour le centenaire du club taurin l’Aficion a été réalisée par l’artiste-peintre Jean Turrel. (Photo : S.Ma/ObjectifGard)

L’après-midi, dès 16h15, le Trophée de l’Avenir débutera par la capelado en hommage aux anciens présidents du club taurin. Puis les taureaux des manades Bon, Baltière, Rouquette, Laurent, Méjanes, Cuillé et Nicollin seront rasetés par Chanat, Diniakos, Dunan, Bakloul, Friack ainsi que Zekraoui.

« Nous sommes très heureux d’avoir un raseteur du Trophée des As, lance le président. Il a une histoire toute particulière avec le club, puisqu’il avait été grièvement blessé, en 2013 par un taureau« , dénommé Bechet – ce qui rappelle l’événement de 1923 cité plus haut – de la manade Saumade. Une bandido aura lieu dès 19h avant l’ouverture de la soirée bodega dès 20h. « Nous sommes fiers d’organiser cette fête pour les cent ans du club. Nous espérons que les visiteurs viendront nombreux découvrir l’univers de la bouvine. » Des affiches signées de l’artiste peintre jonquièrois Jean Turrel ont été placardées un peu partout sur le territoire pour attirer les curieux et les aficionados.

Stéphanie Marin

Le club taurin l’Aficion est soutenu par la mairie de Jonquières-Saint-Vincent. Informations et réservations au 06 63 94 94 52.

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