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FAIT DU SOIR L’église Notre-Dame-des-Enfants va prier pour sa renaissance

Une coupole lumineuse mais dont certains aspects la rendent dangereuse (Photo Anthony Maurin).
Les défenseurs de la très belle église Notre-Dame-des-Enfants (Photo Anthony Maurin).

Une église en ville, c’est un peu comme un phare, le sommet d’une montagne ou un signe distinctif qui  permet orientation autre que celle de la seule et personnelle foi.

Autour de Notre-Dame-des-Enfants, on refait déjà chaussée et trottoirs. À Nîmes comme ailleurs, que l’on soit chrétien ou pas, les églises ont une place prépondérante dans la vie quotidienne. Au coeur du quartier Beausoleil, une église est en difficulté et ses défenseurs entament une levée de fonds. 800 000 euros seront nécessaires à la mise en sécurité de l’édifice mais surtout à sa réfection. Avant de causer travaux, parlons histoire.

Vous connaissiez cette silhouette si vous passez par Nîmes (Photo Anthony Maurin).

La magnifique église Notre-Dame-des-Enfants n’auraient déjà pas dû s’appeler ainsi. Dès 1932, une église devait être bâtie mais comme nous étions alors après la loi de 1905 qui sépare l’Église et l’État c’est le Diocèse qui a construit et entretenu l’édifice. En 1937, la poursuite des travaux étant confrontée à des difficultés financières, les mouvements de jeunes et les enfants du diocèse sont mobilisés pour recueillir des fonds. Leur zèle et la quête sont si fructueux que l’évêque de l’époque, Monseigneur Girbeau, décide que la nouvelle église s’appellera Notre-Dame des enfants.

Une coupole lumineuse mais dont certains aspects la rendent dangereuse (Photo Anthony Maurin).

Les travaux reprennent en 1941. Les vitraux sont installée en 1943 et la statue en 1946. Le projet original devait la nommer saint Félix, du nom du premier évêque de Nîmes mais elle prendra le nom des enfants du coin qui ont tout fait pour elle. Mieux, c’est un quartier qui n’existait pas. « Dans les années 1930, quand les premières maisons se sont construites, il n’y avait que des vignes et du maraîchage. Trois familles détenaient le foncier » note Michel Delichere, membre actif de la paroisse.

Autour de la table, les solutions ont été trouvé, la levée de fonds va débuter (Photo Anthony Maurin).

Puis il y a eu la guerre et les restrictions, le temps est passé mais elle fut finalement consacrée en 1948 car elle fut donc construite en deux temps. Pour Michel Delichere, « Elle a servi de grange et c’est peut-être pour cela qu’elle connaît des problèmes aujourd’hui. Il existe un lien très fort qui lie l’église au quartier et à ses habitants, un peu comme les Nemausus de Nouvel sauf qu’ici c’est une autre architecture. »

Les coupole, depuis l’extérieur (Photo Anthony Maurin).

L’association diocésaine ne pouvant pas financer les travaux, l’église doit se débrouiller. « Nous voulons sensibiliser les 400 paroissiens qui y ont reçu un sacrement mais nous allons faire appel à tout le monde ! Nous allons lancer une campagne de tractage dans les 2 500 boites à lettres du quartier » assure Michel Delichere.

Un clocher atypique (Photo Anthony Maurin).

Pour le père Couvas, le curé de l’église mais aussi de l’ensemble paroissial Nîmes -Sud (huit paroisses) « Les gens sont très attachés à l’église. C’est l’image d’une histoire et tout est de l’époque de la construction. On y célèbre encore le culte tous les dimanches à 9h45, des mariages, des baptêmes, des obsèques, des communions… La paroisse a même mis l’église à disposition de la communauté orthodoxe roumaine. Nous avons ici un très joli patrimoine et je ne parle pas seulement des coupoles, des mosaïques ou des vitraux ! Pour le culte, le dimanche, nous sommes entre 100 et 150 mais nous pourrions être plus si la mise en sécurité ne nous ôtait pas de nombreuses places. »

Coupole et statue (Photo Anthony Maurin).

Alors il faut remédier au problème. Mais quel problème ? Apparemment, pas grand chose, rien ou presque ne vient entacher la beauté des lieux. Pourtant, l’eau, insidieuse mais si nécessaire à toute vie, y fait son oeuvre et y laisse quelques dégâts. Enseignante chercheur à l’École des Mines d’Alès, Sylvie Ranwez est conscient d’une fragilité avancée. « Notre église est malade, elle n’est pas condamnée mais il faut vite la soigner. Éclats de bétons dus à l’humidité, infiltrations, étanchéité amoindrie, faiblesse des jointures, mousses et lichens à l’extérieur… Le chlorure dans le béton impacte sa solidité et son mauvais PH implique une carbonatation. »

Avec une vue plus large (Photo Anthony Maurin).

La Coupole ne fait que 9 centimètres d’épaisseur. Même si la solidité et la stabilité de l’édifice ne sont pas remises en cause, il est hors de question de détruire tout pour reconstruire. « On aimerait réassainir les bétons dans les coupoles puis réparer ceux qui sont éclatés. Reprendre les corniches et chenaux extérieurs et désamianter ce qui doit l’être, refaire les installations électriques, repeindre et nettoyer » poursuit Sylvie Ranwez. Pour cela, il y en a pour 100 000 euros rien que pour les échafaudages alors autant tout faire d’un coup.

Ici, l’histoire chrétienne de Nîmes et du premier évêque saint Félix est racontée avec les arènes sur la gauche, la cathédrale au centre et sa mort en martyr avec la Tour Magne en fond sur la droite (Photo Anthony Maurin).

Avec l’architecte du patrimoine Bruno Jouve, l’estimation du chantier total avoisine les 800 000 euros. « Nous avons la foi et l’espoir de collecter au moins la moitié de la somme, l’Évêché ne peut pas nous aider mais peut-être que le Diocèse pourra emprunter avec une garantie si l’on arrive à trouver une grande partie de cet argent. » Depuis 2017 et le début des études, 40 00 euros ont été nécessaires pour en arriver là.

Le père Cauvas (Photo Anthony Maurin).

Anne de Beaurepaire est prête et sait que son quartier répondra présent. « Nous avons fait plusieurs courriers, certains aux paroissiens habitués, d’autres aux riverains du quartier. Nous ne voulons pas être trop agressifs dans cette demande d’aide alors nous y allons petit à petit. Nous ouvrons l’église les vendredis de mai et juin entre 15h et 18h30 puis les 24 juin et 1er juillet à partir de 20h pour la Nuit des églises où nous mettrons un présentoir pour rappeler la collecte. En septembre, nous ferons un point et verrons la démarche à suivre. »

Les affres du temps… (Photo Anthony Maurin).

Coupole à voir sans aucun doute mais un jour de grand soleil de préférence. Statue de Marie et des enfants à ne pas rater car extraordinaire et signée Louis Botinelly. Vitraux incroyables fabriqués par Charles Borie. Mosaïques et chemin de croix sont quant à eux l’oeuvre de Jean Gaudin. Autant de raisons (en fallait-il d’ailleurs ?) convaincre plus encore les indécis du don !

En hauteur les problèmes ne se voient pas trop mais sont conséquents (Photo Anthony Maurin).

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 38 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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