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BAGNOLS/CÈZE Risque de fermeture partielle des urgences : la CGT alerte et mobilise

L'union locale CGT du Gard rhodanien appelle à deux mobilisations la semaine prochaine : une devant les urgences de Bagnols le 7 juin, à midi, et une le lendemain à Nîmes. (Marie Meunier / Objectif Gard)
L’union locale CGT du Gard rhodanien appelle à deux mobilisations la semaine prochaine : une devant les urgences de Bagnols le 7 juin, à midi, et une le lendemain à Nîmes. (Marie Meunier / Objectif Gard)

À la veille du premier tour des élections législatives, l’union locale CGT du Gard rhodanien veut faire entendre sa voix. Ou plutôt celle des professionnels de santé, des salariés, des jeunes et des retraités. Du 6 au 10 juin, des actions seront menées à Bagnols-sur-Cèze et à Nîmes et le débat sera ouvert pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain.

« Pendant une semaine, nos camarades vont porter dans les entreprises et les administrations nos questions sur les emplois, les retraites, les services publics de proximité…« , introduit Patrick Lescure, secrétaire général de l’UL CGT du Gard rhodanien. Le mardi 7 juin, dès 9h, le syndicat appelle à un grand rassemblement prévu devant les urgences du centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze. Il s’adresse aux soignants et aux soignés, puisque ce risque de fermeture des urgences certains soirs cet été, « est l’affaire de tous« .

« Le manque de médecins urgentistes ne permet plus d’assurer le fonctionnement normal de notre service d’urgence« , rappelle en préambule Boris Vigne, infirmier urgentiste à Bagnols depuis 25 ans et secrétaire au centre hospitalier pour la CGT. À ses yeux, la situation actuelle est le résultat de trente ans de « gestion calamiteuse de notre système de santé« , que le covid a amplifié et révélé. À Bagnols-sur-Cèze, il est déjà difficile de trouver un médecin traitant et pour ceux qui en ont un, presque impossible d’obtenir un rendez-vous rapidement. Il n’y a pas de système de gardes la nuit dans la ville, qui n’est pas non plus couverte par le dispositif SOS Médecins. Si à cela, se rajoute la fermeture certaines nuits des urgences, « la population est en danger« , tonne Boris Vigne.

« Il ne faut pas une « mission flash » mais un véritable plan Marshall de la santé »

Le secrétaire au centre hospitalier de la CGT propose plusieurs mesures à appliquer tout de suite pour endiguer la crise : conserver la concentration des médecins urgentistes dans les SMUR et pour l’accueil des urgences vitales, fédérer l’ensemble des médecins hospitaliers (du public et du privé) au fonctionnement des services d’urgences, rétablir l’obligation de la garde de médecine de ville quitte à fournir un véhicule avec chauffeur si nécessaire… Dans un avenir proche, il estime qu’il faut recenser les besoins en médecins à l’instant T et dans cinq ans pour anticiper les départs et les pré-affectations par contrat avec les internes. En clair, « il ne faut pas une « mission flash » mais un véritable plan Marshall de la santé« , rebondit Patrick Lescure, qui ne comprend pas « cette stratégie de casse au lendemain de la pandémie. »

L’union locale CGT Gard rhodanien va saisir l’ensemble des candidats aux législatives sur ce thème, « et on ne s’arrêtera pas au 19 juin, on n’attendra pas le premier mort« , clame le secrétaire général. « On ne se rend pas compte de l’impact profond que ça aurait. (…) C’est inquiétant pour le transport sanitaire. Quand les véhicules vont devoir aller jusqu’à Nîmes ou Alès, il n’y aura plus de transport sur place. Les temps d’attente aux autres urgences vont augmenter, il y a un risque de morts devant les portes« , alerte aussi Marine Lamouret, infirmière et secrétaire CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de l’hôpital de Bagnols.

Le mercredi 8 juin, il y aura un deuxième rassemblement à Nîmes pour revendiquer des mesures plus égalitaires et plus vivables pour les Français les plus pauvres : augmentation du SMIC à 2 000€ bruts, revalorisation de l’ensemble des grilles salariales, augmentation des pensions de retraite avec 1 400€ nets minimum… « On veut la retraite à 60 ans et c’est possible ! Ça coûte 15 milliards d’euros, mais si on instaure une loi punitive sur l’égalité hommes/femmes, c’est 6 milliards de plus dans les caisses et si on soumet l’ensemble de ces salaires aux cotisations, c’est 10 milliards de plus », raisonne Patrick Lescure. Ce sont tous ces sujets que la CGT veut mettre sur la table des discussions.

Marie Meunier

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