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LÉGISLATIVES L’union de la Gauche a payé sur la 5e circonscription

(Photo François Desmeures / Objectif Gard)
Michel Sala, applaudi devant son QG de campagne du boulevard Gambetta à Alès (photo François Desmeures / Objectif Gard)

La Gauche est en passe de reprendre une circonscription qui s’est toujours donnée à elle, sauf en 1993 et 2017. Avec 33,48% des suffrages, le candidat Nupes, Michel Sala, compte 4 869 voix de plus que son adversaire du Rassemblement national, Jean-Marie Launay. Si l’avance est confortable, elle ne doit pas non plus masquer des tendances qui ont fait dire dimanche soir, au candidat arrivé en tête, que rien n’était encore gagné. 

16 451 voix, près de 10% d’avance sur le candidat RN, Jean-Marie Launay. L’avance du candidat de la Nupes, Michel Sala, peut faire saliver ses homologues gardois de la coalition qui ont connu des scores moins flatteurs. Jusqu’à Nicolas Cadène qui, bien qu’arrivé en tête sur la 6e, aura bien du mal à conserver la tête lors du second tour. Pourtant ce score n’est pas aussi écrasant qu’il y paraît et, même si le taux d’abstention est le moins important des circonscriptions du Gard et qu’il baisse même très légèrement, il s’élève tout de même à 48,85% (48,89% en 2017).

Avec 33,48%, le maire de Saint-Félix-de-Pallières fait un peu mieux que les scores des partis de cette même alliance s’ils avaient été additionnés lors des Législatives de 2017, soit 32,44%. Appelons ça l’effet de l’union mais celui-ci reste au final limité. Et que dire de l’écart avec 2012 ? Au premier tour, les seuls candidats socialistes (William Dumas) et Front de Gauche (Jean-Michel Suau) obtenaient alors 48,3% des suffrages exprimés, soit 27 733 voix. La sociologie de la circonscription a changé, il n’y a guère de doute, et le poids des zones périurbaines comme la Vaunage ou les pourtours de Nîmes font pencher équilibrent la balance vers l’extrême-Droite.

Jean-Marie Launay (à droite sur la photo) écoute les résultats, espace Cazot à Alès, à côté de Catherine Daufès-Roux (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Car si Michel Sala réussit à redonner un peu de lustre unitaire à la Gauche, le véritable enseignement du scrutin est, encore, l’enracinement qui se confirme du Rassemblement national. Illustre inconnu sur la circonscription et résidant à Nîmes, Jean-Marie Launay obtient 23,57% des suffrages avec 11 582 voix en sa faveur, atteignant presque la barre record des 12 656 voix de Sybil Vergnes en 2012, une vague qui ne représentait « que » 22,04% des suffrages.

Et, pour une fois, le candidat d’extrême-Droite peut compter sur d’éventuels reports de voix, même limités, de la candidate fidèle d’Éric Zemmour, Frédérique Bozec (3,9%) et de la Droite souverainiste représentée par Annie Brasselet (1,36%). Avec 4,02%, le candidat de Jean Lassalle, Antoine Capaldi, arrive en cinquième position et son choix – s’il en formule un – pourrait avoir du poids en vue du second tour.

Catherine Daufès-Roux et Léa Boyer ont pris ensemble la mesure de leur défaite à l’espace Cazot d’Alès (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Restent les deux perdantes du jour, à commencer par Catherine Daufès-Roux, députée sortante à la faveur de la démission d’Olivier Gaillard. En plus de son manque de notoriété, elle paie avant tout, dans le Gard, une forme de rejet du parti présidentiel, dont la coalition risque de ne pas obtenir la majorité absolue dimanche prochain. Elle rate la qualification pour 1 183 voix, avec plus de 5 000 voix de moins qu’Olivier Gaillard en 2017, qui avait alors reçu quelques votes socialistes. *

Le résultat est amer aussi pour Léa Boyer. L’élue alésienne (Les Républicains) obtient péniblement 7,8%, avec 3 834 voix. Si elle se montrait, dimanche soir, satisfaite de faire un pourcentage correspondant presque au double de Valérie Pécresse à la Présidentielle sur la circonscription, la comparaison avec son résultat de 2017 est moins flatteuse. Il y a cinq ans, celle qui a depuis été élue conseillère départementale avait obtenu 10,42% et 1 134 voix de plus. Toutes deux ont refusé de donner des consignes de vote, Catherine Daufès-Roux allant jusqu’à mettre dans le même panier des « extrêmes » Michel Sala et Jean-Marie Launay.

François Desmeures

francois.desmeures@objectifgard.com

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