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LA CALMETTE À chacun sa tour Magne…

La Calmette, l'observatoire de la résilience. Les bâtisseurs : Hugues, Ariane, Denis et Marc (de gauche à droite)(Photo Yannick Pons)
À La Calmette, l’Observatoire de la résilience a été inauguré en présence d’une brochette de maires réunis autour de Jacques Bollègue (Photo Yannick Pons)

Sous l’impulsion de Daniel Munck, le Syndicat mixte des gorges du Gardon (SMGG), qui gère la réserve de biosphère, est à l’origine de la construction de l’Observatoire de la résilience, sur les contreforts de la Calmette, au bord de la double voie entre Alès et Nîmes. La tour a été inaugurée ce vendredi 17 juin par Jacques Bollègue, le maire de La Calmette.

Juste avant La Calmette, sur la route nationale 106 en venant de Nîmes, les automobilistes ont probablement remarqué une nouvelle tour érigée sur les hauteurs. L’édifice, en forme de tour cubique, caresse la finalité de réconcilier l’homme et la nature à l’endroit précis où la cicatrice de la route nationale découpe le paysage.

Un aménagement paysager en pierres sèches

Tout est parti du SMGG qui souhaite promouvoir les constructions en pierres sèches dans la région. Ainsi a-t-il lancé cet appel à projets dans le but de réconcilier l’Homme et la nature à cet endroit. Le monument est bâti avec 150 tonnes de pierres provenant de la carrière des Antiquailles, offertes par la société Lafarge. Le projet, qui bénéficie du concours financier des fonds Leader de l’Union européenne, de la région Occitanie et de Nîmes métropole, coûte 55 102 € TTC. « La mairie n’a rien payé, sauf l’apéro », lance Jacques Bollègue, qui avait invité plusieurs maires des alentours pour l’inauguration.

Chaque jour, les 40 000 véhicules qui empruntent la double voie passent devant la tour. Les promeneurs du sentier de grande randonnée également. De par sa position sur les hauteurs, elle constituera un point d’observation du paysage.

La tour cubique a été imaginée par trois jeunes architectes : Morgan Baufils, Hugues Hernandez et Ariane Marty. Sa forme s’inspire des capitelles qui émaillent la garrigue nîmoise, mais également des formes d’architecture contemporaine dans l’esprit du renouveau des anciens savoir-faire.

De la résilience de la nature

La résilience trouve son origine dans la capacité de cet écosystème à retrouver un équilibre, à se régénérer après une agression, à s’inscrire dans un projet architectural. Le projet embrasse également une dimension sociale puisqu’il fait appel à des pierres des carrières avoisinantes et à des artisans locaux. C’est le retour aux origines du chemin de Régordane appelé aussi chemin de Saint-Gilles. Un mariage entre la route bétonnée et la pierre sèche est acté.

La Calmette, l’observatoire de la résilience, 40 000 personnes vont la voir quotidiennement de la route (Photo Yannick Pons)

Mais pourquoi la pierre sèche ? Ce mode de construction présente un bilan carbone considérablement faible et reste un support de la biodiversité. La nature reprend ses droits. L’observatoire intègre des abris pour les reptiles, les insectes, les oiseaux et les petits mammifères qui sont la nourriture principale de l’aigle de Bonelli, espèce protégée de notre région. L’utilisation de la pierre sèche dans les constructions est revenue dans les esprits après les inondations de 1988.

Les clapas  – des maisons qui campent sur les hauteurs de Nîmes – n’ont pas été emportés. Leurs murs ont filtré les torrents d’eau qui se sont abattus sur la ville. « Cette technique devrait être au centre des réflexions du plan de prévention des risques d’inondations », lance Daniel Munck, du SMGG, qui rêve de voir des hérissons nicher dans les cavités de la tour. « La résilience fait référence à la capacité du milieu naturel à surmonter une altération de son environnement », indique Joël Saugues, le vice-président du SMGG. Il affirme que la tour sera toujours là dans plusieurs siècles. Comme la tour Magne.

Yannick Pons

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