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FAIT DU JOUR Une rentrée scolaire sans chauffeur de car ?

Jean-Luc Gibelin, vice-président PCF du Conseil régional de l'Occitanie (Photo : Nicolas Dhombres)
Jean-Luc Gibelin (Photo Archives Néomie Meger).

En été, les transports sont toujours une question importante. Surtout quand ils sont en commun et dans une zone touristique. Mais c’est la rentrée scolaire qui pointe son nez et qui pose d’autres questions. Interview de Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie délégué aux transports.

Objectif Gard : Comment se porte votre délégation cet été ?

Jean-Luc Gibelin : Comme les autres années, avec la préparation de la rentrée scolaire, la période est délicate mais on travaille !

Les problèmes de recrutement rencontrés concernant les chauffeurs de bus pour les transports scolaires sont-ils encore d’actualité ?

Oui, toujours ! Mais nous allons vers une amélioration de la situation. Cela se passe en Occitanie et ailleurs en France. Il y a eu des prises de position en national qui confirment cela. L’État commence à s’en apercevoir mais n’a pas fait grand-chose, surtout sur la formation, sur les négociations salariales ou encore sur la promotion des métiers alors que c’est son rôle… Prenons acte.

Que faites-vous pour remédier à cette situation ?

Il y a des besoins. Il y a longtemps que nous essayons de prendre nos affaires en main et que nous avançons. Tous les mois nous organisons des actions, des journées portes ouvertes, des initiations… Aujourd’hui en Occitanie, nous restons en tension mais il y a moins de complications que l’année dernière à la même époque. C’est encore perfectible mais ce que nous avions pensé a fonctionné. On ne peut pas dire qu’aucun poste n’est vacant mais ça nous permet très clairement d’avoir une situation moins tendue.

« Nous sommes à 150 recrutements faits »

Les choses devraient-elle rentrer dans l’ordre d’ici la rentrée ?

C’est compliqué car elles évoluent en permanence et que je ne peux pas me prononcer ou m’engager. Il me faut presque attendre la veille de la rentrée scolaire pour être sûr ! Je ne connais pas les décisions des chauffeurs ! Tout ce que nous pouvons faire c’est de préciser les informations que nous avons à ce stade. Il faut rester prudent.

Alors, où en sont les chiffres ?

Tous les ans à cette période nous sommes à 150 recrutements faits ou à finaliser à l’échelle de la Région. Au total en janvier dernier, les entreprises avaient annoncé qu’il manquait au total 550 chauffeurs pour assurer l’ensemble des postes.

Les données font un peu peur…

Oui, quand on dit ce chiffre ça peut amener de la peur mais il y a, heureusement, dans les entreprises de transport, d’autres personnes qui peuvent conduire les bus ! Dans les postes d’encadrement, ou de la technique par exemple. Eux aussi savent conduire, ils en ont la capacité. Rajoutons, bien évidemment, qu’aucun car scolaire ne circule avec à son volant quelqu’un qui n’a pas son permis !

La présidente de la Région Carole Delga et son vice-président délégué aux transports Jean-Luc Gibelin (Photo d’illustration : Région Occitanie)

Quels sont les objectifs ?

C’est important d’arriver à avoir une idée claire sur les chiffres car cela donnerait stabilité, sécurité et confort à la situation, aucun gros mot ! Nous continuons à nous fixer cet objectif. Si habituellement nous sommes à 150, là, nous sommes à 230. L’augmentation des recrutements est significative par rapport aux années précédentes. Tout cela se confirmera-t-il ? Y aura-t-il des démissions ? Des non prises de poste ? Je ne sais pas lire dans l’avenir… En tout cas et au moment où nous parlons ce que nous avons engagé fonctionne mais nous n’allons pas en rester là. Nous prévoyons à nouveau des campagnes de recrutement à l’automne prochain, cette question n’est pas terminée.

« Je ne suis pas encore parti en vacances »

Pensez-vous que des petits Gardois n’auront pas de car scolaire à la rentrée ?

Je ne sais pas lire dans une boule de cristal mais vous me demandez de le faire ! Ça avance. L’année dernière nous sommes arrivés à n’avoir aucun service non réalisé. Nous y sommes arrivés, je n’ai pas de raison de penser que nous n’y arriverons pas cette année. Nous devrions y parvenir mais je veux prendre des précautions car la situation est complexe, nous restons mobilisés, je ne suis pas encore parti en vacances pour, justement, m’en occuper. Nous ne voulons pas rater la rentrée scolaire donc nous y travaillons.

Comment se porte la vie du rail dans le Gard ?

Vous avez noté le 28 août j’espère ! Nous fêterons ensemble le retour des voyageurs sur la rive droite du Rhône de Pont-Saint-Esprit, en passant par Bagnols-sur-Cèze, Avignon et Nîmes. Sans même parler des communes aux alentours qui ne sont pas encore desservies mais qui le seront plus tard. Les habitants du Gard rhodanien et les autres usagers seront heureux de revoir la mise en circulation d’un TER. Ça sera une grande fête pour tout le monde ! Un train partira de Nîmes le dimanche pour faire un tour au départ de Nîmes et qui sera marqué par un temps de promenade et de déambulation à Bagnols et par une fête à Pont-Saint-Esprit histoire de fêter dignement cette réouverture 50 ans après l’arrêt de la circulation des voyageurs !

C’est donc important de marquer le coup…

Oui ! C’est une satisfaction et c’est surtout un bon moyen d’apprécier et de mesurer le travail collectif qu’il a fallu. J’ai une pensée pour l’association et en particulier pour sa présidente Laurette Bastaroli parce que je sais ce que nous lui devons et ce que lui doit le territoire. Elle n’a pas ménagé ses efforts de citoyenne et d’élue. C’est la confirmation que, quand il y a mobilisation citoyenne et volonté politique, on peut atteindre des objectifs que l’on croit, un temps, « inatteignables. »

Des travaux sont en cours sur la voie ferrée entre Nîmes et Mende (DR)

Concernant la ligne des Cévennes, où en-est on ?

Il y a eu des travaux au printemps et le 1er juillet, avec un enchaînement de quatre trains TER en fonctionnement, loin des TER pour VIP comme il a été dit, nous avons fait le tour. Nous sommes montés de Nîmes à Mende avec le Cévenol et descendus à Béziers avec l’Aubrac. On a constaté ces travaux visibles sur la voie entre Nîmes et Alès tout comme à Mende. Là aussi, ça vient concrétiser des efforts financiers réalisés dans ce sens. Il y a encore des questions qui concernent l’État… Ces lignes sont structurantes et nous sommes en demande pour que le ministère des Transports soit au rendez-vous de cette rénovation, de cette restructuration des infrastructures. C’est sa responsabilité, ces lignes ne sont pas uniquement régionales. La discussion se poursuit.

« Une augmentation de la fréquentation de 20 % »

Et pour la ligne Nîmes-Le Grau-du-Roi ?

Là aussi il y a eu des travaux. Nous pouvons continuer à bien utiliser cette ligne en faisant de la complémentaire entre le réseau ferroviaire et celui des cars. Cette ligne est utile, nous avons poursuivi, comme pour celle qui va au Pont du Gard, le partenariat avec des médiateurs qui sont à l’intérieur de ces transports. Nous souhaitons que tout le monde, je dis bien tout le monde, puisse avoir accès à la mer ou à la rivière et ça passe par là. Tout se passe bien avec cette association nîmoise, c’est une volonté politique de la Région d’être utile à son territoire.

Quels sont les nouveaux dispositifs attractifs en Occitanie ?

37 000 jeunes sont venus sur le dispositif +=0. C’est aussi ce que nous proposons aux plus de 60 ans depuis le 11 juillet. Il y a un dispositif supplémentaire sur l’application, +=- ! Dès le premier voyage, c’est -10 % et ça peut aller jusqu’à -50 % ! À partir du dixième voyage on vous propose même un voyage ou une sortie importante.

On parle de l’hypothétique troisième voie qui relierait les gares de Nîmes ?

(Rires) Objectif Gard ne voit que par cette troisième voie ! Je vous propose qu’on en reparle plus tard ! Je préfère insister sur le fait que le jour où a été annoncé que le monde vit à crédit (interview réalisé le jeudi 28 juillet), il est encore plus utile de faire confiance aux transports en commun. Tournons-nous vers eux, il y a une augmentation de la fréquentation de 20 % des trains en Région entre avril et juillet, 35 % rien que sur le littoral ! Les propositions de la Région, l’investissement de la Région et la gamme tarifaire de la Région, avec le partenaire et opérateur SNCF, trouvent de bons résultats. Les usagers rencontrent régulièrement des difficultés, nous travaillons à ce qu’elles soient le moins important possible.

Propos recueillis par Anthony Maurin

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 38 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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