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BAR DE VILLAGE À Soudorgues, la Balade gourmande emprunte un nouveau chemin

L'équipe de la Balade Gourmande à Soudorgues (Photo François Desmeures)
En plus du chef, Jonathan (en casquette), la Balade gourmande fait travailler un commis de cuisine (à gauche), deux autres mi-temps et deux extras pour la saison, sous l’égide de la SAS dont font partie Nicole Daumet (2e en partant de la gauche) et Jean-Louis Fine (au fond) (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Repris en 2021 par plus de 90 associés, l’ancien restaurant semi-gastronomique s’est transformé en café de pays, snack et restaurant. Si les débuts ont été difficiles, une bonne part du village s’y retrouve en compagnie de touristes au cours de l’été et redonne une centralité à un village éclaté. 

Le vent du boulet n’est pas passé loin. Mais l’avenir est regardé avec espoir des hauteurs de la Balade gourmande, le bar-restaurant rouvert au printemps 2021, après des désaccords municipaux sur ce que devait devenir la structure – dont les murs appartiennent à la commune – et finalement la ré-exploitation par une société à actions simplifiées (SAS) de plus de 90 associés. « Les cent » – comme s’intitulent eux-mêmes Nicole Daumet, bénévole et l’une des âmes de la renaissance du lieu, et Jean-Louis Fine, dans la même dynamique – sont majoritairement soudorguais. De quoi ancrer le projet dans le village sans le fermer à l’extérieur, ce serait le contraire de l’esprit des lieux.

« On a toujours été à la limite, en ligne de crête »

Une gestion hasardeuse de début d’affaire aurait pu faire capoter l’ensemble. Mais l’enthousiasme général a permis le maintien à flot de l’embarcation. « On a toujours été à la limite, en ligne de crête, explique Nicole Daumet avec une moue légère de celle qui a redouté la chute. Aujourd’hui, le schéma est différent et nous sommes repartis sur de nouvelles bonnes bases. » Celles-ci impliquent encore plus les associés et bénévoles, parce qu’il a fallu faire entrer de l’argent frais avec de l’huile de coude.

La terrasse ombragée réalisée l’an dernier par les associés (Photo DR)

« Depuis septembre, au moins deux fois par mois, on a organisé des soirées et ce sont les bénévoles qui ont fait à manger. » Une façon de réduire les coûts pour augmenter les recettes. « Parmi les cent, réfléchit Jean-Louis Fine, il y a de la capacité à animer une soirée, que ce soit parc de la musique, une conférence sur le vin, etc. » En juillet, le restaurant a nourri les 150 convives qui avaient réservé pour la fête du village. Quand ce ne sont pas les groupes musicaux et conteurs qui acceptent de venir sans cachet, en rémunérant leur soirée au chapeau.

« On n’imaginait pas qu’il n’y ait plus de café-restaurant à Soudorgues »

« Les gens venaient au départ en pensant trouver la restauration d’avant », explique Nicole Daumet, du temps où Hélène de Meyer faisait briller l’enseigne au-delà des seules Cévennes. L’objectif de la SAS n’est pas le même aujourd’hui : faire du frais, local, convivial, qui puisse impliquer la population par des tarifs qui restent abordables. « Au final, certaines personnes sont venues plusieurs fois cet été », se réjouit Nicole Daumet. Parmi eux, une part était déjà venue l’été dernier et l’offre les avait satisfaits. « On a aussi beaucoup de gens de Colognac. » Quant aux Soudorguais, pour des querelles de village, certains n’ont pas franchi le seuil du bar. Mais les responsables ne désespèrent pas qu’ils puissent se laisser convaincre.

« On n’imaginait pas qu’il n’y ait plus de café-restaurant à Soudorgues, avance Nicole Daumet comme une évidence. Il a longtemps été le seul commerce de la commune. » Fut un temps, lointain, il abritait même une télévision qui occupait une fonction communautaire, ce qui rendait l’équipement accessible au reste du village. Par la venue du boulanger de Lasalle – un ancien réfugié qui entama sa vie française à Soudorgues – ou des opérations communes avec l’association Terre de Mauripe (*), la Balade gourmande essaie aussi d’apporter de la nouveauté sur la place qui sépare le restaurant de l’association.

Hausse violente des tarifs de matières premières

Le besoin d’augmenter le nombre des animations, pour en tirer des recettes, a aussi eu comme effet bénéfique de rendre le lieu central, inévitable. « Ça nous a attiré des personnes qui ne seraient jamais venues sans cela », poursuit Jean-Louis Fine. Artisans locaux et travailleurs font le succès du restaurant, midi et soir, en plus des touristes en été. Quand le matin peine encore à attirer les bavards autour du p’tit noir. « Je pense quand même qu’il y a des gens du village qu’on ne verra jamais », regrette Nicole Daumet.

Malgré une meilleure trésorerie, la Balade gourmande encaisse désormais les hausse de tarif de toutes les matières premières et sources d’énergie. D’où une augmentation – non souhaitée mais – inévitable des tarifs. « Au départ, le menu était à 18,50€. On a subi 10% de hausse des coûts en l’espace de trois mois. » D’où un tarif porté à 21€ cet été, pour un menu complet. Mais pour ce prix, le chef, Jonathan, propose un vaste et original plateau d’entrées à partager, un plat (viande, poisson ou végétarien), fromages ou dessert. De quoi repartir bienheureux de son escapade soudorguaise.

François Desmeures

francois.desmeures@objectifgard.com

(*) L’association Terre de Mauripe relance, ces samedi 6 et dimanche 7 août, sa fête annuelle. Samedi, dès 19h, scène ouverte : musique, contes, claquettes, etc. Buvette et pizzas au four à pain. Dimanche 7, concours de boules dès 15 heures, puis repas au four à pain avant le concert de Muddy Bourbon, puis Dj Boris.

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