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FAIT DU SOIR À Sauve, le casting amène la foule au centre culturel pour figurer à côté de Clive Owen

(Photo François Desmeures / Objectif Gard)
Au centre culturel de Sauve, un premier filtrage dès l’entrée avant que les inscriptions soient confirmées (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Le réalisateur de la série Netflix Le Jeu de la dame tournera, dès la fin août, une série autour de Sam Spade, personnage incarné par Humphrey Bogart dans Le Faucon maltais (1941), entre Pézenas et Sauve. Plus de 700 figurants sont présélectionnés pour que les équipes de tournage puissent, ensuite affiner leur choix. Tatouages, piercings et cheveux colorés, s’abstenir : l’intrigue a lieu dans les années 60. 

« Votre couleur de cheveux, elle est naturelle ? Vous habitez dans le coin ? Pas de tatouage ? Vous faites du théâtre ou savez jouer d’un instrument ? Vous fumez ou seriez susceptible de simuler pour une scène ? Vous avez un chien ? » Face à la file de prétendants à la figuration qui a pris place dans le hall du centre culturel, Loreleï Wisser répète ces questions pour ceux qui n’ont pas fait leur inscription sur internet (*) et préfèrent venir en direct. Vendredi 5 et samedi 6 août, le centre est consacré à ces inscriptions menées par l’Association des chargés de figuration et de distribution artistique.

Priorité aux candidats de proximité

Si les responsables du casting s’intéressent autant à l’aspect physique « naturel » des prétendants, c’est qu’un tatouage décoratif ou un balayage des mèches serait du plus mauvais effet dans un film censé prendre place dans les années 60. « On privilégie les gens qui ont postulé localement, explique Agnès Alberny, la directrice de casting pour le compte de la société de production Haut et Court (qui travaille elle même pour la production américaine). Par internet, on a quand même eu des réponses de Parisiens… » Le tournage devant durer de fin août à décembre, les figurants doivent être disponibles, souples, afin de s’insérer dans le canevas de tournage de cette série filmée par Franck Scott, déjà réalisateur du Jeu de la Dame, série à succès de Netflix.

Chargée du casting, Agnès Alberny conserve une photo de chaque postulant, avec quelques informations écrites sur une ardoise effeçable (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Tour de taille, de poitrine, taille, poids, pointure, les candidats remplissent les cases. « Si on vous rappelle, il faudra arrêter de vous raser pour qu’on puisse éventuellement vous faire une belle moustache », glisse Loreleï Wisser à un jeune homme. Car tous les âges peuvent postuler. « Ils cherchent tout type de personne », confirme Anthony, un père de famille avec sa compagne et ses deux enfants. Si les quatre ont tenté leur chance, c’est surtout pour Julien qu’ils sont venus de Liouc. « C’est un peu son rêve de participer à un casting, et surtout au tournage, souligne son père. Il a fait 7-8 ans de théâtre. » L’adolescent confirme. « Mais parmi nous quatre, se marre Anthony, c’est sans doute le chien qui a le plus de chance d’être retenu. » Abordable, l’animal a en effet tapé dans l’oeil du casting, qui cherche effectivement des figurants à quatre pattes. « Vous avez pris le chien en photo ? », s’assure d’ailleurs Agnès Alberny.

« J’ai un perroquet, si vous voulez »

« Vous avez un chien ? » demande Loreleï Wisser à une retraitée sauvaine. « Oui, mais il est chiant, répond la dame du tac au tac. En revanche, j’ai un perroquet, si vous voulez… » Celui-ci ne remplacera pas le faucon maltais pour cette suite de la vie du Mr. Spade composé par Humphrey Bogart. Cette fois-ci, ce sera l’aubaine du Britannique Clive Owen de reprendre le rôle d’un Spade en retraite dans le sud de la France, au lendemain de la guerre d’Algérie. Un casting a d’ailleurs également lieu à Pézenas, des scènes y seront aussi tournées, comme à Pignan, dans l’Hérault, ou Bozouls, en Aveyron. « On va sans doute sélectionner sept à huit cents personnes, de façon à ce qu’on montre beaucoup de figurants qui pourraient s’adapter aux différentes tableaux », poursuit Agnès Alberny. Dans la foule qui se presse aux différents rendez-vous, la directrice de casting ne trouve pas encore totalement chaussure à son pied, « on aimerait notamment avoir plus de coupes courtes chez les femmes », confie-t-elle.

Sam et Lukas espèrent bien que leur évocation de « Borsalino » leur permettra d’emporter la mise (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Miranda, c’est pour sa longue chevelure blanche et ses « bonnes joues » qu’elle a intéressé les responsables. « J’ai fait pas mal de trucs à Londres il y a longtemps, sourit celle qui vit désormais dans la région. On a pris mes jambes en photo pour une couverture de livre, j’ai été mannequin, danseuse et maintenant ostéopathe, à deux jours et demi par semaine. Ça me laisse du temps pour faire de la figuration. » Il se peut d’ailleurs que ses « bonnes joues » lui permettent de joueur une nonne, le visage restant marquant malgré la largeur d’une cornette sur la tête. « Et puis, si je suis nonne, je pourrai aussi être autre chose comme figurante ! »

Comédien montpelliérain, Pascal plaçait sans doute plus d’espoir quand il a postulé pour un rôle secondaire, sans succès. « Mais parfois, il y a des réajustements, espère le professionnel. Et puis, ils doivent aussi choisir des silhouettes parlantes, qu’ils déclenchent au fur et à mesure. » Lukas et Sam n’ont pas forcément cette ambition. Habillés tels Alain Delon et Jean-Paul Belmondo dans Borsalino, beaux gosses, ils ne passent évidemment pas inaperçus. « On a fait tous les deux du théâtre, notamment durant notre scolarité à Saint-Stanislas à Nîmes. On a carrément bon espoir d’être pris, sourient les deux Quissacois venus en voisin. Et on est prêts à des sacrifices : si on doit se déguiser en gueux, on est prêts ! »

Si le tournage de la série débutera fin août, la partie sauvaine ne sera pas filmée avant la mi-octobre. « On restera quand même pas mal de temps à Sauve, notamment pour des scènes de marché », informe Agnès Alberny. Les espaces naturels autour du village seront aussi exploités. Les restaurants de la place du docteur Jean-Astruc feront peut-être durer la saison, il se pourrait qu’ils aient plus de monde à l’automne qu’en été…

François Desmeures

francois.desmeures@objectifgard.com

(*) www.figudata.com/candidatures/new?token=0EEB1986E6

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