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POUZILHAC L’exposition Claude Viallat est visible jusqu’au 20 août au Domaine de Panéry

Plusieurs oeuvres de Claude Viallat sont exposées jusque dans le chai au milieu des cuves. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Plusieurs oeuvres de Claude Viallat sont exposées jusque dans le chai au milieu des cuves. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Il y a quatre ans, le couple lyonnais Jacqueline et Olivier Ginon ont racheté le Domaine de Panéry, situé à l’écart de la commune de Pouzilhac. Le mari est le PDG de GL Events, un des groupes phares mondiaux dans le secteur de l’événementiel. Il a fait entièrement rénover la propriété de 500 ha dédié principalement à l’oléiculture et à l’agriculture et qui sert d’écrin d’exception à l’art contemporain.

120 hectares d’oliveraies, entre 50 et 60 de vignes, six de truffières et quelques ruchers. Le Domaine de Panéry s’inscrit dans la polyculture. Celle de la terre mais aussi de l’art. Les visiteurs qui iront au bout du long chemin de terre auront la chance de découvrir ce lieu de vie où se nichent un hôtel ouvert cette année, un gîte, un restaurant, un bistrot, une boutique ou encore un chai refait à neuf. Si la visite se termine généralement par une dégustation, le goût n’est pas le seul sens en éveil.

Les visiteurs pourront aussi profiter du parc de sculptures du Domaine de Panéry. Ici, on peut voir une création en acier de Bernar Venet. (Marie Meunier / Objectif Gard)

En effet, les époux Ginon ont noué un partenariat avec Ceysson & Bénétière et développe un parc de sculptures au sein du Domaine de Panéry. Un projet qui s’inscrit totalement dans l’essor de la galerie qui recherche les lieux atypiques par leur localisation, leur dimension ou par la qualité de leur rénovation. Dans le hameau et aux abords des vignes, on peut admirer les sculptures de huit artistes de la galerie, notamment Bernar Venet, connu pour ses créations en acier, Bernard Pagès ou encore Aurélie Pétrel.

Un entrecroisement entre la culture et de l’agriculture

L’artiste répète inlassablement ce motif « éponge » dans ses toiles, prouvant grâce à la couleur que même en dessinant la même chose, aucune oeuvre n’est la même. (Marie Meunier / Objectif Gard)

En plus de ce parcours artistique, toute une programmation d’expositions est prévue. Elle débute très fort avec l’affichage au domaine d’une vingtaine d’oeuvre de l’artiste nîmois, Claude Viallat. Ce grand nom de l’abstraction est un des pionniers du mouvement « Supports/surfaces », né dans les années 70, qui interroge l’usage des matériaux traditionnels en peinture. Claude Viallat, lui, s’affranchit du cadre, du châssis et peint depuis 60 ans le même motif itératif semblable à une « éponge », devenue sa signature. Malgré cette répétition infinie, les toiles ne sont jamais les mêmes. Les couleurs, les grandeurs, la densité sont différentes. Même aujourd’hui âgé de 86 ans, l’artiste nîmois continue de peindre une toile par jour, debout, à même le sol.

À gauche, en bleu, on peut voir une oeuvre datant de 1966 de Claude Viallat. C’est seulement la deuxième fois qu’elle est exposée, d’où son très bon état de conservation. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Débarrassé de la nécessité d’amener le sujet au coeur de ses oeuvres, Claude Viallat reproduit frénétiquement son « éponge ». Le motif s’est affiné au fil du temps. À ses débuts, il était plus large et joufflu et ressemblait à une sorte d’osselet avec un bec prononcé en haut à droite. On le voit bien en entrant dans une salle aux murs en pierre brute, où est exposée une oeuvre inestimable datant de 1966 et qui n’a été montrée qu’une seule fois en 1974. C’est d’ailleurs ce qui a permis de conserver quasiment intacte cette toile mesurant 15 mètres de long, peinte au bleu de méthylène.

L’exposition Claude Viallat est visible jusqu’au 20 août. (Marie Meunier / Objectif Gard)

L’artiste peint sur différents supports : vieux draps, toiles de matelas, de parasol ou militaire. Mais à chaque fois, il suit son principe de répétition laissant la couleur et la forme s’exprimer et prendre le dessus. Les visiteurs pourront admirer au total une vingtaine d’oeuvres récentes de Claude Viallat dans cinq espaces du Domaine de Panéry, certaines ont été créées spécialement pour le lieu. Il est allé jusque dans le chai refait à neuf accrocher des acryliques sur tissu et quelques cordes et filets noués au milieu des cuves. Le tout confère une autre dimension à ce lieu dédié au vin où s’entrecroisent culture et agriculture, hauteur et horizon artistique, verticalité et vision terre-à-terre.

Marie Meunier

L’exposition Claude Viallat est visible au château de Panéry, route d’Uzès, à Pouzilhac, jusqu’au 20 août. Gratuit. Plus d’informations sur le site web en cliquant ici. 

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