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AUBAIS Viticulteur touché par l’incendie : « avec plus d’agriculteurs, on éviterait des catastrophes »

Jérôme Dupret a perdu six hectares de vignes (Photo DR)
Jérôme Dupret représente la huitième génération de viticulteurs dans la famille (Photo DR)

Viticulteur depuis plus de trente ans, Jérôme Dupret a perdu six hectares de vigne lors de l’incendie qui s’est déclaré entre Aubais et Gallargues. Son exploitation se trouvait au cœur de l’incendie, dimanche dernier. Quelques jours après ce drame, le vigneron témoigne et milite pour plus de viticulteurs afin  d’entretenir les terres.

Objectif Gard : Étiez-vous présent sur votre exploitation au moment de l’incendie, dimanche dernier ?

Jérôme Dupret : Non j’étais chez un ami et je suis redescendu en urgence. J’ai vu mes vignes brûlées, on n’a rien pu faire. Mon père a bravé le feu pour sauver son cheval. Quand on est revenu sur place après l’incendie, on s’est retrouvé 20 ans après avec mon père à divaguer dans les terres. À l’époque tout avait été détruit lors des inondations. J’avais rebondi en créant mon entreprise d’espaces verts. En 2019, on a subi la canicule, le gel l’année dernière et cette année c’est le feu qui nous assomme.

Comment vivez-vous ce nouveau coup dur ?

À 57 ans, je ne sais pas comment faire pour me reconstruire. Je voulais travailler la terre en biodynamie avec mon fils et faire une cuvée spéciale. J’avais aussi prévu de faire un hangar avec une cave spéciale pour nous, c’est foutu. Je suis paumé, je ne sais pas où j’en suis. J’ai 40 ans de métier, j’ai travaillé toute ma vie. J’ai quatre enfants, dont un petit de 11 ans, je ne sais pas ce que je vais lui laisser. C’est pour cela que j’aimerais que l’on est une pensée pour tous les viticulteurs touchés. S’il y avait plus d’agriculteurs en général, on éviterait des catastrophes comme celle-là.

La parcelle de Jérôme Dupret après l’incendie (Photo DR)

Pourquoi ?

Les agriculteurs façonnent le paysage et entretiennent la végétation. On fait ce qu’il faut pour limiter les risques d’incendie. Aujourd’hui, on n’est pas assez nombreux.

« Le préjudice est énorme »

À combien estimez-vous le préjudice ?

Outre les vignes, les plants et le matériel végétalisé sont aussi partis en fumée. Dans la partie espace vert où je stockais mes copeaux, il n’y a plus rien alors que je voulais revendre mon exploitation. Le compost qui était prêt pour être étalé a aussi brûlé. Le préjudice est énorme. Si je fais un compte vite fait bien fait, on n’est pas loin des 300 000 euros. Et puis comme je vous ai dit j’ai 57 ans, d’ici que ça reparte et que je remette en état, je ne sais pas quand je pourrais partir à la retraite.

Allez-vous pouvoir obtenir une indemnisation ?

Je n’en sais rien ! En 2002, j’ai été aidé. J’ai pu rebondir grâce à mon entreprise d’élagage mais ce n’était pas pareil, j’avais vingt ans de moins.

Propos recueillis par Corentin Corger

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