A la uneActualitésCamargueNîmesPolitiqueSociété

HOMME DE L’OMBRE Qu’est devenu l’ancien élu nîmois Anthony Chaze ?

Anthony Chaze, à son bureau (Photo : Coralie Mollaret)
Anthony Chaze, à son bureau (Photo : Droits réservés)

Ancien conseiller municipal chargé des sports à la Ville de Nîmes, Anthony Chaze évolue aujourd’hui au poste de directeur de cabinet de la communauté de communes Petite Camargue. Le trentenaire garde toutefois un œil sur la politique nîmoise.  

D’habitude, le chemin s’effectue en sens inverse. Les collaborateurs et autres fonctionnaires se laissent parfois tenter par un mandat politique. Dans le Gard, le président du Pays d’Uzès, Fabrice Verdier, ou la sénatrice, Vivette Lopez, en sont des exemples. Anthony Chaze, lui, a fait les choses à l’envers. Ancien élu de la Ville de Nîmes sous le mandat 2014-2020 de Jean-Paul Fournier, le diplômé d’un master en droit public est passé de la lumière, qu’offre le rang d’élu, à l’ombre de la direction du cabinet de la Petite Camargue.

Les « petites mains » de Jean-Paul Fournier 

La vie politique d’Anthony Chaze démarre à la faculté de Nîmes où l’étudiant occupe le poste de responsable du syndicat UNI (Union nationale interuniversitaire). Ce « Sarkozyste » assumé et affirmé est nommé en 2013 responsable des jeunes Les Républicains du Gard : « Nous étions les petites mains des campagnes électorales, toujours sur le terrain et derrière le maire de Nîmes Jean-Paul Fournier. Pendant ces années, je me suis attaché à instaurer un véritable esprit de famille entre les jeunes », se souvient l’intéressé qui occupe le poste pendant sept ans. Un record de longévité qu’il partage avec son prédécesseur : Julien Plantier, aujourd’hui premier adjoint de la Ville de Nîmes. 

Julien Plantier et Anthony Chaze en 2014 peu de temps après la victoire aux municipales de Jean-Paul Fournier (Photo : Coralie Mollaret)

Ce poste n’est pas la seule chose qu’ont partagé Anthony Chaze et Julien Plantier. Lors des élections municipales 2014, l’étudiant de 24 ans occupe la 41ème place de la liste Passionnément nîmois de Jean-Paul Fournier. Après la victoire, Anthony Chaze décroche le dernier siège de la majorité au conseil municipal et reçoit la délégation des sports. Délégation anciennement conduite par Julien Plantier qui, lui, devient adjoint chargé des sports. Ces six années passées à la mairie ont été très formatrices pour Anthony Chaze : « Les 260 associations de la délégation ont une visée sportive mais aussi sociale. J’ai été heureux d’avoir été associé à des projets d’envergure comme la patinoire. »

Au cours du mandat, Anthony Chaze décroche son master et devient directeur du pôle réglementation et service à la population de la commune de Manduel : « Je dirigeais trois services bien distincts. J’ai touché du doigt le fonctionnement d’une petite collectivité. J’ai appris à manager des équipes avec rigueur et polyvalence. » Seul problème à l’époque, le rythme très intense : « La journée, je travaillais à Manduel et puis le soir et le week-end, j’œuvrais à mon mandat d’élu (représentations, conseils d’administration de différents organismes…). C’était assez compliqué. »

L’expérience formatrice de la Petite Camargue

Ajouté à cela, le Nîmois est gendarme réserviste : « J’ai horreur de m’ennuyer », s’amuse-t-il. À l’approche des élections municipales de 2020, le trentenaire et sa compagne décident de ralentir le rythme : « Il faut le dire aussi, l’équipe de Jean-Paul Fournier ne m’avait pas reconduit sur la liste. Mais ça tombait bien… » La crise sanitaire l’aide plus facilement à passer à autre chose. Après les élections, le portable d’Anthony Chaze sonne plusieurs fois. À l’autre bout du fil, des élus désireux de travailler avec lui. C’est la proposition du président de la communauté de communes de Petite Camargue, André Brundu, qui finit par avoir ses faveurs.

Au sud de Nîmes, les enjeux politiques ne manquent pas : la collectivité est animée par les relations orageuses entre le maire de Vauvert, Jean Denat, et le maire d’Aimargues, Jean-Paul Franc. L’arrivée d’un nouveau président chamboule également l’organisation des agents, dont une partie n’acceptent pas les méthodes du jeune homme. « Dans l’ombre, tu prends presque autant de coups que lorsque tu es dans la lumière », relativise Anthony Chaze. André Brundu, lui, est satisfait de son collaborateur : « C’est mon bras droit. Il est à la fois un collaborateur politique mais est aussi capable d’assurer la relation entre l’administratif et la présidence .» Quant à Jean Denat, le socialiste porte un regard positif sur l’homme de Droite : « C’est un garçon intelligent et dynamique avec qui j’ai plaisir à travailler.  »

La politique nîmoise, plus jamais ? 

À 32 ans et avec l’avenir devant lui, qu’adviendra-t-il d’Anthony Chaze ? Le Nîmois, plutôt prometteur, fera-t-il un jour son retour dans la politique nîmoise ? Peut-être aux côtés de Julien Plantier, le premier adjoint qui pourrait prendre la succession du maire de Nîmes ? « Rien n’est moins sûr… Les deux hommes ont eu parfois des rapports difficiles », commente un fin connaisseur de la politique nîmoise. Des propos corroborés par Julien Plantier lui-même : « Je sais qu’il n’a pas toujours été bienveillant à mon égard… Je sais aussi que ses différents employeurs ont toujours été très contents de lui. Je pense que la politique l’anime encore aujourd’hui, mais différemment du coup. » 

Concernant le premier adjoint nîmois, Anthony Chaze se contentera de dire : « avec Julien, nous sommes différents mais nous avons été complémentaires ». Et d’ajouter quant à son avenir : « Pour le moment, rien n’est pas à l’ordre du jour. Mais je reste attentif à ce qu’il se passe à Nîmes. » Le jeune homme vient d’ailleurs d’acheter sa maison à Nîmes plutôt que sur le territoire de la Petite Camargue.

Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com

Lire aussi : 

HOMME DE L’OMBRE Gérardo Marzo, l’homme qui chuchote à l’oreille du maire de Nîmes

HOMME DE L’OMBRE Bernard Baumelou, l’atout précieux du président de Nîmes métropole

HOMME DE L’OMBRE Florent Grau, « la courroie de transmission » de Pascale Bories

HOMME DE L’OMBRE Julien Plantier et Rachid Benmahouz : le duo redoutable de la ville de Nîmes ?

 

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité