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GARD Sécheresse : la préfète maintient des restrictions sévères sur l’usage de l’eau

Sécheresse (photo d'illustration Norman Jardin)
Sécheresse (photo d’illustration Norman Jardin)

Dans le souci d’actualiser les données relatives à la sécheresse qui touche le département, Marie-Françoise Lecaillon, préfète du Gard, a décidé de réunir le 10 août, le comité de suivi de la sécheresse en élargissant l’invitation à l’ensemble des parlementaires et des présidents des intercommunalités. Le maintien de sévères restrictions en matière d’usage de l’eau y a été précisé.

Après des mois de mai et juin dépassant ou approchant des records de température et affichant de forts déficits de précipitation, le mois de juillet se classe au 1er rang des mois les plus secs depuis 1959. Dans ces conditions, les tensions observées ces dernières semaines sur les ressources en eau se sont encore aggravées et s’étendent désormais sur la quasi-totalité du département. La situation est maintenant critique sur les bassins versants du Vidourle, de la Cèze, des Gardons et de l’Hérault dans le département du Gard.

Le soutien d’étiage du barrage de Sénéchas, en amont de la Cèze, non rempli en totalité au printemps, a été ajusté pour assurer au mieux les besoins exprimés par les différents usagers de l’eau, mais pourrait s’arrêter avant la fin de l’été. Ainsi, le 3 août dernier, la préfète du Gard a décidé de classer les zones Gardons amont et Gardons aval, Cèze amont et Hérault gardois, en crise, et de maintenir les zones Vidourle et Cèze aval en crise. Le maintien de la zone Ardèche gardoise en alerte renforcée avait aussi été décidé, tout comme celui de la zone Dourbie-Trévezel, Vistrenque-Costières et Vistre. La zone Rhône et Camargue gardoise était elle placée en vigilance.

Interdiction d’arroser les espaces sportifs

Pour les communes en situation de vigilance : il est demandé à chacun d’adopter un comportement écoresponsable, en utilisant l’eau de manière mesurée. Pour les communes en situation d’alerte : le remplissage des piscines privées, le lavage des voitures et le fonctionnement des fontaines en circuit ouvert sont interdits. De plus, est interdite l’irrigation agricole et des jardins potagers entre 10h et 18h (sauf pour les modes d’irrigation économes en eau type goutte-à-goutte). Pour l’arrosage domestique (pelouses, jardins d’agrément), des terrains de golf et des espaces sportifs (stades), l’interdiction s’étend entre 8h et 20h.

Pour les communes en situation d’alerte renforcée : les interdictions supplémentaires concernent l’arrosage des espaces sportifs ainsi que celui des pelouses et espaces verts privés et publics. L’irrigation agricole et l’arrosage des jardins potagers sont interdits entre 8h et 20h (sauf pour les modes d’irrigation économes en eau), et une nuit sur deux si l’eau est prélevée dans un cours d’eau ou dans sa nappe d’accompagnement.

Pour les communes en situation de crise, seuls sont autorisés l’abreuvement des animaux et les usages prioritaires de l’eau, concourant à l’alimentation en eau potable des populations, à la survie des espèces aquatiques, à la sécurité civile, et à la salubrité publique. Sur ces secteurs, des dérogations très limitées sont possibles après instruction conjointe de la Chambre d’agriculture et de la DDTM, pour des cultures à forte valeur ajoutée ou à forte sensibilité pouvant entraîner des pertes de fonds.

Les maires libres de durcir les restrictions

Une semaine après la prise de ce premier arrêté, la préfète du Gard a décidé de réunir il y a 48 heures, le 10 août, le comité de suivi de la sécheresse en élargissant l’invitation à l’ensemble des parlementaires et des présidents des intercommunalités. Via un communiqué adressé à la presse ce jour, la préfecture indique que cette réunion a été l’occasion de faire le point sur les différents usages et les impacts des restrictions d’eau imposées dans les bassins en crise.

« La priorité absolue est bien évidemment de permettre les usages prioritaires de l’eau, tels que l’alimentation en eau potable, les exigences de la santé, la salubrité publique et la sécurité civile. En matière d’eau potable, une dizaine de communes sont en tension et des solutions sont mises en œuvre pour pallier le manque d’eau (connexion de réseaux, alimentation par camion citerne…). Madame la préfète en appelle à la responsabilité de chacun pour avoir un usage très économe de l’eau potable », est-il d’abord indiqué.

« Des dérogations sont accordées uniquement pour l’agriculture, et dans un cadre très limité : il s’agit de sauvegarder les cultures sensibles afin d’éviter les pertes de fonds. Ainsi, sont acceptées en dérogation les cultures légumières, les pépinières fruitières et ornementales, les semences, les plantiers. Les demandes de dérogation sont à adresser à la chambre d’agriculture et une réponse individuelle sera apportée par le service de police de l’eau de l’État. Le rinçage des matériels, nécessaire pour des raisons sanitaires, est permis (machine à vendanger) ainsi que le remplissage des pulvérisateurs à partir de bornes pour la lutte contre les ravageurs », poursuit le communiqué de presse.

Ce dernier conclut en précisant qu’il a été rappelé aux collectivités l’interdiction de l’arrosage des stades et l’obligation de fermeture des lavoirs et fontaines publiques dans les secteurs situés en crise, tandis que les maires ont été informés qu’ils sont libres de prendre des arrêtés plus contraignants que l’arrêté préfectoral si la situation sur leur territoire le nécessite, notamment pour les communes où des inquiétudes existent sur la continuité de la distribution en eau potable.

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