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FAIT DU SOIR Nabil et Youssef, amis unis à vie jusqu’à la mort

Nabil et Youssef, amis depuis leur tendre enfance (photo : DR)
    Nabil et Youssef épanouis dans leur métier (photo : DR)

Amis depuis leur tendre enfance, Nabil et Yassine se sont lancés dans le monde du transport de défunts. Ces deux jeunes hommes issus du quartier des Oliviers à Nîmes ont gravi les échelons depuis plus d’un an, au point de se créer une très bonne réputation dans le milieu. 

Ils sont comme les deux doigts de la main dans la vie courante mais également dans le travail, Nabil (22 ans) et Yassine (25 ans) se sont lancés depuis avril 2021 dans le transport de défunts. Une activité plutôt atypique qui les passionne mais surtout qu’ils ont découvert par pur hasard : « Un jour un ami qui possède une entreprise de pompes funèbres est venu nous voir pour qu’on lui donne un coup de main pour le dépanner. Puis au fur et à mesure on a continué à l’aider » raconte Youssef.

Pourtant, rien ne semblait les destiner à embrasser cette profession. Youssef s’est lancé dans un BTS banque, Nabil dans un BTS Technico-commercial. Ils ont ensuite essayé différents jobs avant d’adopter celui actuel. Aujourd’hui épanouis, les deux hommes avouent ne pas avoir été très attirés par le métier au début. L’adaptation s’est faite en douceur : « Au début il m’arrivait de faire des opérations où j’avais la gorge serrée » explique Youssef.

Une aventure qui a commencé pendant la pandémie de Covid, où le pass sanitaire était obligatoire pour rentrer dans certains endroits comme les hôpitaux. Youssef nous a d’ailleurs confié une histoire qui aurait pu le mettre dans l’embarras : « Lorsqu’il y avait cette histoire de renouvellement de dose, ça m’est arrivé d’aller à l’hôpital, je me suis rendu compte que mon pass n’était pas valide, la personne à l’entrée m’a dit que je ne rentrerais pas. Je lui ai expliqué que je n’avais pas le choix et qu’il fallait que j’effectue mon travail. Heureusement, parfois certains sont conciliants. » nous souffle-t-il.

Nabil et Youssef ne veulent pas s’arrêter là (photo : DR)

« Quand tu travailles avec la mort tu savoures beaucoup plus la vie. »

Si aujourd’hui leur réputation n’est pas à refaire, ils ont dû faire face à certaines barrières, notamment leur âge : « On a une image de jeune, quand on arrive sur notre lieu de travail, on est confronté à des familles qui ne s’y attendent pas. Mais on s’en sert pour le tourner à notre avantage. », décrivent-t-ils. La difficulté du métier est aussi à noter, il faut savoir faire preuve d’empathie tout en gardant une carapace : « Si on commence à avoir les yeux qui brillent, ça nous décrédibilise. », continuent-t-ils.

Tout comme les médecins urgentistes, il faut faire preuve d’une grande réactivité lorsqu’il faut intervenir : « Quand il y a un décès, on y va. Le plus compliqué c’est que parfois dans ta tête tu te prépares à sortir voir tes potes et puis tu as un coup de fil où on te dit d’aller à tel endroit, et c’est tout de suite, sinon ils font appel à quelqu’un d’autre. » Après chaque intervention, les deux amis gardent souvent contact avec les familles pour les accompagner jusqu’à ce que la douleur ne soit plus qu’un mauvais souvenir.

« Quand je rencontre des gens et que leur dit que je travaille dans le funéraire on me répond « T’es pas en mode dépressif tout le temps ? » mais pas du tout. Quand je rentre je suis content de retrouver mes proches. On a conscience que la mort ça peut arriver à tout le monde à n’importe quel moment, donc on profite un peu plus des moments familiaux. » raconte Youssef, Nabil renchérit : « Quand tu travailles avec la mort tu savoures plus la vie. »

Les deux amateurs de moto ne veulent pas s’arrêter là. Pour le moment sous-traitants, ils ont pour objectif de créer leur propre société pour être 100% autonome, sans non plus faire de la concurrence à ceux qui leur ont tendu la main.

Sacha VIRGA

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