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Publié il y a 4 mois - Mise à jour le 19.09.2022 - abdel-samari - 2 min  - vu 867 fois

ÉDITORIAL Corrida : liberté culturelle ou pratique d'un ancien monde ?

Manif anti corrida feria des vendanges (Photo Yannick Pons) - Yannick Pons

Le sénateur du Gard Laurent Burgoa (Photo Corentin Corger)

La saison des corridas à Nîmes se termine sur une note intéressante avec les Vendanges, cuvée 2022. Les arènes ont été plutôt correctement garnies et les aficionados comblés pour une bonne partie par les spectacles proposés. Un vrai motif de satisfaction et d'émotion aussi. De la part du directeur des arènes, l'empresa Simon Casas qui au micro d'Objectif Gard, hier soir, ne manquait pas de souligner le degré d'intensité rare en particulier lors de la grande après-midi du samedi. Une deuxième journée de corrida marquée aussi par les manifestations sur le parvis des arènes. À la fois des passionnés et des antis. Chacun ayant pu exprimer sa passion ou ses ressentis. Depuis des lustres, nous l'avons tous compris, il sera impossible de mettre tout ce beau monde d'accord. Mais cette énième confrontation a une saveur particulière cette fois-ci. D'abord parce que la menace réelle d'une interdiction est dans toutes les têtes après le dépôt d'une proposition de loi de l'ancien chroniqueur télé, devenu député de La France insoumise, Aymeric Caron. Il dénonce une pratique d'un ancien monde, réussissant à convaincre les parlementaires de son groupe de mettre la question au menu de la « niche » parlementaire du 24 novembre, journée réservée aux Insoumis pour présenter des textes à l’Assemblée. Le parlementaire a bon espoir de modifier le Code pénal qui punit déjà la maltraitance animale, mais dont les dispositions depuis 1959 ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Sa proposition de loi a très peu de chances d’aboutir selon les défenseurs de cette tradition venue d'Espagne. Héritage d'aujourd'hui. Elle bénéficie d'un soutien indéfectible à Nîmes, mais aussi chez les acteurs politiques de premier plan comme la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, qui a fait savoir ces dernières heures qu'il fallait arrêter cette stigmatisation, réaffirmant au passage son soutien à la corrida. Reste à connaitre la position des députés et des sénateurs ? Au Sénat, le Gardois Laurent Burgoa est certain que le texte ne passera pas. La majorité présidentielle à l'Assemblée nationale pourrait être divisée cependant. Rappelons que la présidente du groupe Renaissance, la députée Aurore Bergé elle-même avait signé une tribune pour interdire la corrida il n'y a pas si longtemps... Le dernier mot, c'est peut-être le Conseil constitutionnel qui l'aura. Liberté culturelle protégée par la Constitution ? Ou comme l'inscription de la corrida à l’inventaire du patrimoine immatériel de la France, son destin est déjà entamé ?

Abdel Samari

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