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Publié il y a 2 mois - Mise à jour le 26.09.2022 - norman-jardin - 5 min  - vu 11649 fois

FAIT DU JOUR À Nîmes, Les terrasses de Crucimèle ou l’enfer des locataires...

Dans certains appartements, la carrelage est cassé (photo Norman Jardin)

Les locataires sont excédés (photo Norman Jardin)

Située entre la rue Clérisseau et la rue Rangueil, la résidence « Les terrasses de Crucimèle » inaugurée en 2012, connait depuis quelques mois de nombreux problèmes. Saleté, portes cassés, mauvaises odeurs et infiltration d’eau auxquels il faut rajouter les rats, cafards et punaises de lit. Le garage, inondé les jours d’orage, est aussi squatté par des personnes extérieures au bâtiment. Se sentant abandonnés et en insécurité, les locataires dénoncent l’inaction de leur bailleur social "Un toit pour tous". Leur petit paradis est devenu un enfer.

Elle a bonne mine la résidence « Les terrasses de Crucimèle » ce 10 mai 2012 lorsqu’elle est inaugurée par le maire Jean-Paul Fournier, alors accompagné de Corinne Giacometti, vice-présidente chargée de l’Habitat et du logement social pour la région Occitanie, Bernard Auzon-Cape pour le Département, Jean-Paul Giral, le directeur général d’Un toit pour tous et Gilles Mariat, l’architecte. Le bâtiment est labellisé très haute performance énergétique et se compose de 41 logements allant du type II (50m²) au type IV (83m²).

Le garage est occupé par des personnes extérieures à la résidence qui laissent des déchets de leur passage (photo Norman Jardin)

Aujourd’hui, même si l’aspect extérieur a certes vieilli, la façade reste en bon état. Seulement, une fois la porte d’entrée du 2 rue Clérisseau franchie, changement de décor. Ce qui saute aux yeux, c’est la saleté du lieu. Dans le hall, une seule ampoule survit à l’usure du temps. Avec elle disparaitra certainement la lumière dans l’entrée. Les locataires sont en colère et se plaignent : « Nous nous retrouvons à faire le ménage dans les parties communes », se désole Linda. Mais au fil de la visite, le bâtiment livre d’autres mauvaises surprises. Direction le garage, où la saleté côtoie les déchets divers.

Ce jeune habitant a croisé un rat sous l'escalier (photo Norman Jardin)

« Des vendeurs de drogue s’installent dans les escaliers, je ne laisse pas ma fille descendre seule »

En sous-sol, le lieu abrite les voitures des locataires, mais pas seulement : « On est visité par des dealers, on est squatté par des vendeurs de drogue qui s’installent dans les escaliers, je ne laisse pas ma fille descendre seule », s’inquiète Camille. « Ces personnes passent par des portes extérieures qui ne sont pas fermées », dévoile Linda. Toujours dans le garage, les jours de fortes pluies, de l’eau s’infiltre provoquant la mise en sécurité de l’ascenseur, le rendant donc inutilisable. Autre conséquence : les eaux stagnantes attirent les rats de plus en plus nombreux.

Les travaux effectués ont laissé des traces dans la salle de bain de Monique (photo Norman Jardin)

En remontant par l’escalier, on constate encore que la saleté est bien présente et que des poignées de porte sont cassées. L’inventaire ne s’arrête pas là, puisque dans les appartements, du carrelage est cassé et des plinthes sont décollées. Depuis 2012, Monique habite dans la résidence où elle pensait couler une paisible retraite, mais les problèmes lui gâchent la vie. Les jours de forte pluie, l’eau s’accumule sur sa terrasse au point de s’infiltrer dans son logement. Dans les sanitaires, des eaux usées et malodorantes remontent par la cuvette des toilettes.

Des plinthes cassées ne sont pas remplacées (photo Norman Jardin)

« La gérante m’a répondu que s’il y avait des tâches, c’est parce que mon mari faisait pipi à côté de la cuvette »

« Des travaux ont été réalisés par le bailleur, mais ça n’a rien changé ». Monique se retrouve toujours avec ses remontées désagréables et des travaux qui n’ont pas été terminés. En prime, la retraitée, dont l’appartement est très bien entretenu, a eu droit une réflexion qui laisse songeur : « La gérante du bâtiment m’a répondu que s’il y avait des tâches, c’est parce que mon mari faisait pipi à côté de la cuvette. J’ai habité 45 ans au Chemin-Bas-d’Avignon et je n’ai jamais eu de problème contrairement à ici ». 

Linda indique la grille par où l'eau entre dans le garage et provoque une inondation qui bloque l'ascenseur (photo Norman Jardin)

Depuis quelques mois, une autre inquiétude est venue gâcher la vie des locataires. C'est l'arrivée des rats attirés par les eaux stagnantes dans le garage et par la saleté du local à poubelles. Des habitants déplorent également la présence de cafards. Pour sa part, Linda tire la sonnette d'alarme : « Depuis le mois de juillet, il y a des punaises de lit et elles commencent à se propager. Personne à Un toit pour tous ne veut traiter ce problème. On va finir par jeter nos meubles et ce n’est pas pris en charge par les assurances. Il faut intervenir en urgence ». 

Des infiltrations émanant des sanitaires de cette locataire (photo Norman Jardin)

« Nous payons des charges pour des services qui ne sont pas rendus» 

Les locataires sont à bout et certains ont déjà quitté les lieux. « On en a ras-le-bol, on est complètement abandonné par notre bailleur. C’est de pire en pire. Nous payons des charges pour des services qui ne sont pas rendus », s'agace Camille qui habite la résidence depuis sept ans et qui a vu le bâtiment se dégrader. Mais les locataires ne baissent pas les bras, à l'image de Christophe qui veut juste que les problèmes disparaissent : « C’est quand même une belle résidence et c’est dommage de la voir se détériorer. J’aimerais qu’il y ait une réunion avec Un toit pour tous pour trouver un terrain d’entente ».

La poignée de cette porte coupe-feu est cassée (photo Norman Jardin)

De son côté, le bailleur affirme ne pas avoir été informé de certains problèmes rencontrés par les locataires : « À ce jour, aucune difficulté de voisinage et d’insécurité, aucune présence de punaises de lit, n’ont été portés à notre connaissance depuis le début de l’année. Nous restons vigilants sur tous ces sujets et demandons d’en faire de même aux résidents qui ont peut-être tendance à oublier de fermer le portillon après avoir promené leur animal domestique ».

En revanche, Un toit pour tous reconnait être au courant des quelques dysfonctionnements :  « Les désordres constatés sur site ont bien fait l’objet d’un signalement par nos équipes sur le terrain (à ce titre, deux collaborateurs de proximité passent régulièrement sur le secteur et restent à l’écoute des locataires) et seront donc traités prochainement. Il est important de rappeler par ailleurs aux locataires que nous avons des entreprises partenaires titulaires de contrats d’entretien qui sont à même de répondre directement aux sollicitations des locataires (robinetterie, VMC par exemple). »

Chez certains résidants, le carrelage se fissure (photo Norman Jardin)

Et pour conclure, le bailleur promet : « Nous serons bien entendu vigilants sur la qualité du ménage effectué tout comme nous le serons sur le respect du travail effectué à ce niveau, que ce soit par notre gardien ou par la société de nettoyage en cas d’absence de ce dernier. Encore une fois, la satisfaction de nos locataires est au centre de nos préoccupations et pour ce faire, l’écoute et l’information sont deux aspects indispensables pour favoriser le bien-vivre ensemble dans cette résidence. »

C'est peut-être donc une lueur d'espoir pour les résidents des Terrasses du Crucimèle, qui, bien qu'excédés, espérèrent retrouver la jolie résidence qu'elle était il y a dix ans.

Norman Jardin

Norman Jardin

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