A la une
Publié il y a 2 mois - Mise à jour le 30.10.2022 - coralie-mollaret - 4 min  - vu 1855 fois

FAIT DU JOUR Le sénateur Burgoa raconté par ses parents Monique et Jean-Claude

(Photo : Coralie Mollaret)

Mariés depuis 57 ans, les parents de Laurent Burgoa, Monique et Jean-Claude, étaient à mille lieues de s’imaginer que leur fils serait un jour sénateur.

Qui est véritablement Laurent Burgoa ? « Ça a toujours été un garçon très gentil, réservé et un peu secret... Même lorsqu’il avait une petite copine, il ne nous disait rien ! », commente amusée sa maman, Monique Burgoa. À 76 ans, la Nîmoise est la mère du sénateur Burgoa, son fils unique. Elle et son époux, âgé de 81 ans, se sont rencontrés en 1962 « à une fête d’anniversaire ». Les yeux bleus de son futur mari - que Jean-Claude a d’ailleurs légué à son fils - sont certainement pour quelque chose dans leur idylle. 

Marié deux ans plus tard, le couple part travailler à Paris : « Jean-Claude a été envoyé en Île-de-France lorsqu’il a réussi le concours des PTT* (Postes, télégraphes et téléphones», poursuit Monique, « moi qui travaillais au Crédit lyonnais, j’ai réussi à me faire muter ». Les sudistes font donc leurs premières armes professionnelles dans la capitale. Neuf ans plus tard, Monique tombe enceinte : « Nous sommes redescendus sur Nîmes et ouf, j’ai accouché ici ! », poursuit la maman, heureuse d’avoir mis au monde un petit nîmois de 3,2 kg. 

Au départ, le couple achète un appartement dans le quartier « Super-Nîmes » - aujourd’hui Pissevin : « C’était un excellent quartier ! Il n’y avait que des Nîmois et des pieds-noirs. » La famille finit par déménager à Nages-et-Solorgues, en Vaunage, là où Monique a ses attaches familiales. Laurent Burgoa est alors âgé de six ans. « Chaque matin, je le déposais à l’école de la rue Nerva à Nîmes avant qu’il soit récupéré par son arrière-grande-tante Anna, qui vivait dans le quartier des quais de la Fontaine. Toute ma famille m’a toujours aidée et s’est bien occupé de lui. Laurent a été pourri gâté ! », reconnaît sa maman.  

La tauromachie en héritage

Défenseur des traditions, Laurent Burgoa doit cette appétence à son papa, Jean-Claude, dont le nom « Burgoa est espagnol du Pays basque ». Le jeune Laurent n’a que six ans lorsqu’il assiste à sa première corrida dans les arènes : « On voulait voir comment il réagissait ! Il a très bien réagi, c’était une corrida de rejón, à cheval. » Par la suite, Laurent Burgoa assiste à l’alternative de Nimeno, il fréquente les milieux taurins et se fait son petit cercle d’amis. « Mon fils n'a jamais été très boîte de nuit. À 17 ans, il me demandait plutôt de l'amener à Béziers voir des corridas. Dès qu’il a eu le permis, il est parti à Arles. Une fois, il est même allé chercher un torero en Espagne !» 

Laurent Burgoa, sénateur Les Républicains du Gard (Photo : Nicolas Dhombres)

La chasse, c’est son grand-père d’adoption qui lui fait découvrir. « Dans la famille, on a une tradition qui veut que le grand-père achète le premier fusil », révèle Jean-Claude, qui en a fait de même avec le fils de Laurent Burgoa, Virgile. Après une corrida ou une harassante partie de chasse, la famille se retrouve avec des amis autour d'une paella. Les Burgoa aiment recevoir. « Laurent me demandait souvent de lui faire les aubergines frits ! Vous voyez celles qu'il met souvent sur les réseaux sociaux ! Vous pensez qu’il tient la recette d’où ? », lance sourire aux lèvres sa maman.

« Laurent Burgoa est très travailleur »  

Après l'école primaire, Laurent Burgoa fait ses études au collège Révolution, puis au lycée à Montaury avant de partir pour Montpellier. Il suit des études de droit pénal et sciences criminelles. Au départ, Laurent Burgoa réside sur place, puis finit par rentrer au bercail et faire les allers-retours. « Laurent a toujours été très travailleur : plus jeune il faisait les vendanges, travaillais à la banque et à la faculté, il assistait le professeur. Quand il rentrait, il avait des tas de copies à corriger ! Il lui a manqué six mois pour être maître de conférence ! », poursuit sa maman.

La faute à qui ? Très certainement à la politique et à Jean-Paul Fournier qui fréquentait le même club taurin. À 30 ans, le Nîmois s’engage à ses côtés pour la campagne des élections municipales de 2001. Si Monique et Jean-Claude sont de Droite, ils se sont en revanche toujours méfiés du monde politique et de ses travers, transmettant leur prudence à leur fils. Pendant la campagne, « Laurent se donnait à fond. Il n’a jamais compté ses heures. Un jour en rentrant, il s’est même endormi au volant, tellement il était fatigué, et a eu un petit accident de voiture », se souvient son papa. 

Élu à la ville de Nîmes puis au Conseil départemental et maintenant au Sénat, les parents de Laurent Burgoa sont fiers. « Pour arriver là où il en est, Laurent a beaucoup donné. Avoir la carte d'un parti ne suffit pas », répète à l'envi sa mère, qui n'aurait jamais imaginé que son petit puisse avoir une carrière pareille. Lors des dernières Sénatoriales en 2020, Monique a voté pour la liste Les Républicains, au titre des personnes choisies par le maire de Nîmes. Dans l'ombre, le couple veille sur son petit, toujours prêt à sortir les griffes : « Un jour, lors d’une corrida, un spectateur a insulté mon fils. Je me suis retournée et je lui ai dis le reste… » 

CM

coralie.mollaret@objectifgard.com 

(*) Il s’agissait de l’administration publique française responsable des postes et des télégraphes, puis des téléphones. 

 

Coralie Mollaret

A la une

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio

Connectez-vous


Déjà abonné ?
Créez vos identifiants

Vous êtes abonné, mais vous n’avez pas vos identifiants pour le site ? Remplissez les informations et un courriel vous sera envoyé.

J'y vais