Un portail arraché, une cage de foot dépourvue de filet, des grillages déchirés, les traces d’un incendie… Ce vendredi, Nicolas Koukas a choisi de rencontrer la presse non pas sur un terrain à l’abandon, mais sur le complexe sportif Véronique-Angevin, au Trébon. Un lieu qui, malgré son nom, n’a plus grand-chose d’un espace dédié au sport.
Pendant ce temps d'échanges avec les journalistes, une classe de l'école voisine avait un cours d'éducation physique. Petit échauffement sur le stade, plus proche du champ en friche que du terrain de course, puis séance de football, sans filet dans les cages donc. "La direction de l'école a signalé à la mairie que les grillages étaient arrachés il y a plusieurs mois", indique Nicolas Koukas. Assurément, si le message est passé, il n'a pas été entendu. "On ne parle pas d'investir des millions d'euros là pourtant, ajoute le candidat de L'Union pour Arles. On parle juste de remettre en état un grillage, de mettre un filet pour que les gamins puissent jouer au foot, et de remettre un portail pour éviter que le lieu ne soit squatté la nuit." Remettre en état simplement, et de fait en sécurité.
Le choix du complexe sportif Véronique-Angelin n'était évidemment pas anodin. Pour présenter son programme pour les quartiers, quoi de plus symbolique que le Trébon et ses blocs murés ? Et Nicolas Koukas de rappeler : "En 2023, Patrick de Carolis est venu ici avec la présidente de 13 Habitat. 25 millions d'euros ont été annoncés pour rénover les 500 logements dans les deux ans qui suivaient. Pas un euro n'a été investi depuis cette annonce". Le candidat souhaite réinvestir pleinement les quartiers délaissés, "il s'agit de choix politiques assumés", a-t-il souligné en évoquant un plan d'investissement massif. "Nous lancerons un plan d’investissement inédit pour les quartiers populaires, afin de rénover les espaces publics, moderniser les équipements sportifs et culturels, et améliorer les écoles et les infrastructures du quotidien. Chaque quartier doit bénéficier du même niveau d’attention et d’investissement municipal."
"Mettre les bailleurs face à leurs responsabilités"
L'une des propositions phares de L'Union pour Arles : créer des "maisons communes de quartier", c'est-à-dire transformer les maisons de quartier et les mairies annexes en des lieux ouverts à tous regroupant services publics, vie associative, activités culturelles, sport et accompagnement administratif. "Ces lieux deviendront le cœur battant de la vie locale", assure Nicolas Koukas, insistant également sur la nécessaire présence, dans les quartiers, des bibliothèques et des annexes de la médiathèque. "Nous les développerons, avec des espaces pour la jeunesse, l’aide aux devoirs et l’accès au numérique. La culture, la lecture et le savoir doivent être présents dans chaque quartier. Et nous aiderons les associations qui œuvrent en ce sens sur le terrain."
Surtout, Nicolas Koukas souhaite "mettre les bailleurs face à leurs responsabilités". "Il faut voir l'entretien dans certains immeubles ! Des appartements sont dans des états pitoyables, insalubres, des familles ne peuvent plus y vivre ! Il faut accélérer la rénovation. Et la Ville exercera une pression constante sur les bailleurs sociaux pour améliorer l’entretien des immeubles, accélérer les rénovations et traiter rapidement les signalements des habitants. Vivre dans un logement digne n’est pas un privilège, c’est un droit."
La santé, problématique majeure de ces élections, est également au cœur des préoccupations. Remettre un médecin au service d'hygiène et santé de la Ville est annoncé avec l'idée que soient mises en place des permanences de santé de proximité dans les quartiers pour des ateliers de prévention, de dépistage, de vaccinations, des consultations mobiles et de l'accompagnement vers les soins. "S'il n'y a pas ce portage-là, on va vers de grosses difficultés. Parce qu’aujourd’hui, se soigner devient de plus en plus difficile, la ville doit agir pour rapprocher la santé des habitants."
"La dignité du cadre de vie doit être la même partout"
La propreté est aussi une priorité. "Allez faire un tour sur les places, voyez l'état déplorable et les arbres morts, les objets laissés à l'abandon depuis des mois...", dénonce Nicolas Koukas, qui refuse une politique à deux vitesses, "selon les quartiers on note que la réactivité d'intervention n'est pas la même", affirme-t-il. Lui, souhaite un contrat municipal pour la propreté et le cadre de vie. "Actuellement, on ne sait plus qui intervient. Avec ce contrat mixte, signé avec le bailleur et l'interco, chaque quartier bénéficiera d’un plan propreté renforcé avec des équipes identifiées, des interventions rapides contre les dépôts sauvages et un nettoyage quotidien autour des écoles. La dignité du cadre de vie doit être la même partout", insiste-t-il. Et pour s'assurer d'un fonctionnement optimal, Nicolas Koukas envisage trois fois par an, une grande réunion de tous les acteurs, bailleurs y compris.
Enfin, L'Union pour Arles entend "redonner du pouvoir aux habitants". Comment ? "Nous mettrons en place des budgets participatifs par quartier, des conseils municipaux délocalisés et des réunions régulières avec les habitants. Les Arlésiens doivent participer directement aux décisions qui concernent leur quartier." "Avec ces conseils de quartier, la démocratie participative ne sera pas qu’un slogan", insiste Bruno Leclerc, 9e sur la liste L'Union pour Arles. Las de voir les quartiers réduits à "des variables d’ajustement électorales", le colistier de Nicolas Koukas l'assure : "Nos propositions ne sont pas des promesses, ce sont des engagements forts".
Le meeting de L'Union pour Arles se tiendra jeudi 12 mars, à 18h30, à la salle des fêtes d'Arles.