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Publié il y a 10 mois - Mise à jour le 04.01.2022 - abdel-samari - 3 min  - vu 6094 fois

LE 7H50 de Claude Rols (ARS Occitanie) : "La situation liée au covid est problématique dans le Gard"

Claude Rols (Photo Anthony Maurin).

Claude Rols, délégué de l'Agence régionale de santé Occitanie pour le Gard fait le point pour Objectif Gard sur la situation de l'épidémie de covid en cette rentrée de janvier 2022. Interview.

Objectif Gard : Quelle est la situation précise dans le département ?

Claude Rols : Elle est problématique dans le Gard. Nous avons un taux d'incidence comme on n'a jamais connu. Sur la catégorie des 20-30 ans, nous sommes à plus de 2 000 pour 100 000 habitants. Un score incroyable. Après, la réalité c'est qu'il y a beaucoup de tests donc quand on cherche, on trouve. Il faut donc regarder les courbes non pas jour après jour mais de façon consolidée.

Est-ce que nous approchons du pic de cette 5e vague ?

Pas encore. On pensait juste avant les fêtes que le pic lié au variant Delta était atteint. Sauf que celui d'Omicron a pris le relais. Les chiffres montent donc très très vite. C'est exponentiel. La question que l'on se pose, c'est de savoir si la trajectoire va suivre celle des pays qui ont vu l'épidémie s'emballer juste un peu avant nous et où les chiffres ont chuté aussi rapidement qu'ils avaient progressé. Quand vous avez 200 000 cas positifs quotidiens en France, au bout d'un moment, le virus rencontre moins de monde à contaminer. On peut espérer qu'il baisse donc dans les prochaines semaines.

En attendant, comment l'hôpital fait-il face dans le Gard ?

La situation est critique. Les cas graves en réanimation depuis Noël ne sont pas tous sortis et l'on fait face aux nouvelles entrées. On est pas loin d'une saturation. Un hôpital gardois a dû faire appel au personnel en congés pour ouvrir plus de lits de réanimation. Des transferts de patients vers d'autres unités sont aussi nécessaire. Enfin, durant les vacances, nous avons transféré des patients vers d'autres départements de la région pour soulager un peu les services.

Et pourtant, encore hier, le ministre de la Santé a annoncé que le variant Omicron est moins dangereux...

On peut penser qu'il y a une moindre symptomatologie et c'est tant mieux. Cela n'empêche que si vous avez plus de monde contaminé, il y a forcément plus de personnes fragiles atteintes. Et c'est malheureusement souvent des non vaccinés. Ils occupent encore aujourd'hui la grande majorité des lits de réanimation.

Où en sommes-nous de la vaccination dans le Gard ?

Nous sommes dans la moyenne nationale à quelques exceptions près. On ne peut pas dire qu'il y ait un phénomène différent. On voit même ces derniers jours des Gardois qui se décident enfin à se faire vacciner. Pour plusieurs raisons, probablement par anticipation de l'instauration du pass vaccinal dans les prochains jours. Mais aussi par peur des différents variants.

Un mot sur le rappel. Beaucoup de Gardois ne veulent pas un second rappel avec le vaccin Moderna quand ils ont eu un schéma vaccinal uniquement avec du Pfizer. Ont-ils raison ?

Non, ce sont deux vaccins, de deux sociétés différentes mais c'est précisément la même chose puisqu'il s'agit de la même technique utilisé à savoir l'ARN messager. Je dirais même comme les scientifiques ces derniers jours que le Moderna est légèrement plus protecteur en troisième dose. Enfin, j'attire l'attention des Gardois : si l'on privilégie le Moderna pour les plus de 30 ans, c'est pour assurer le niveau de disponibilité du Pfizer pour les moins de 30 ans. Nous avons quelques légers risques de myocardite pour cette catégorie d'âge et le comité scientifique a décidé de privilégier le Pfizer.

Est-ce que le rappel est obligatoire pour les 12-17 ans ?

Pas pour le moment. D'ailleurs, la vaccination n'est obligatoire pour personne. Elle est uniquement recommandée. L'avis des scientifiques n'est pas connu à ce jour en tout cas pour cette tranche d'âge. Elle est conseillée pour les publics fragiles uniquement.

Enfin, parlons des autotests. Est-ce qu'ils sont fiables ?

Ils sont fiables mais moins efficaces en comparaison au test antigénique ou encore PCR. Nous avons constaté pas mal de faux négatifs. Ils doivent donc être utilisés à bon escient quand on est asymptomatiques. Par exemple, si l'on est positif après un test PCR ou antigénique, les jours qui suivent, il peut être pertinent de faire des autotests à J+2 et J+4. C'est utile pour les jours qui suivent une déclaration positive.

Un dernier mot à destination des lecteurs du journal en cette rentrée de janvier 2022 ?

Continuer à vous vaccinez. Que ce soit pour les primo-vaccinés ou pour les rappels. Il n faut pas attendre, la vaccination est efficace, aucune raison d'hésiter. Et en association avec les gestes barrières, on devrait parvenir à passer le cap de ce début d'année et de cette forte vague. Il s'agit d'un acte citoyen aujourd'hui. Un geste responsable qui permet de tous se protéger.

Propos recueillis par Abdel Samari

Abdel Samari

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