Publié il y a 1 an - Mise à jour le 21.10.2022 - anthony-maurin - 3 min  - vu 2107 fois

NÎMES Le marché des producteurs du Jean-Jaurès ne connaît pas (encore) la crise

(Photo Anthony Maurin).

Le marché du Jean-Jaurès ce vendredi (Photo Anthony Maurin).

Tous les vendredis, le marché qui prend place sur l'avenue Jean-Jaurès, est le rendez-vous des gourmets, des gourmands et de ceux qui aiment manger local. Avec la crise et l'inflation, où en est-ont ?

C'est un marché traditionnel, un de ceux qui sont la vitrine d'un territoire et qui font briller les produits locaux. Le temps, maussade mais avec des températures encore chaudes, n'a pas éloigné le public de son marché. Le marché du vendredi sur les allées Jean-Jaurès attire encore les foules malgré la crise économique qui se profile.

"Je viens encore mais je note une augmentation générale des prix. Je comprends cela car tout augmente et, logiquement, les producteurs aussi doivent faire évoluer leurs prix à la hausse. Il n'empêche que je préfère payer plus cher et voir les gens à qui je donne cet argent plutôt que de payer plus cher un supermarché qui augmente les primes de ses actionnaires !" affirme avec conviction Marie-Louise, 67 ans et habituée des lieux.

Pour Jean, octogénaire plein d'entrain, "Moi, je viens surtout pour la balade. Oui, j'achète des bricole, surtout des gourmandises mais que les prix soient bas ou élevés, je viens surtout chercher les amis pour discuter. Il y a une bonne ambiance et si vous venez régulièrement vous verrez les mêmes têtes. Je m'en suis fait des amis car chez moi je n'ai plus personne." Quand on lui parle de l'inflation, il sourit. "Vous savez, j'ai une petite retraite, comme je vous le disais je viens ici non pas pour faire réellement mes courses mais plutôt pour me socialiser. Quand je vois quelque chose qui me fait envie, je ne rechigne pas et je l'achète sans forcément regarder si le prix est justifié. En plus, comment je sais, moi, que les prix sont justifiés ou pas ?"

Il est certain que les consommateurs ne sont pas dans les cahiers de comptes des producteurs qui sont aussi des commerçants. L'un d'eux lâche à la cantonade, "On augmente nos prix mais nous sommes obligés de le faire. Tout augmente... c'est malheureux mais même les emballages ont vu leur prix tripler. Et le transport ? C'est pire !" Pour l'aspect transport, il est étonnant d'entendre cet argument sur un tel marché. Un marché de producteurs, locaux ! Un passant (et non un client) l'interroge. "Mais vous venez de loin ? Pourquoi le transport vous coûte cher ?" Malaise.

Plus loin, attablés au Pantel, des Nîmois débriefent. "Je ne comprends pas que les gens viennent encore se faire attraper par ces commerçants ! Tous ne produisent pas, et beaucoup vendent des produits qui viennent de plus loin que les frontières du Gard. Comme pour Les Halles, je n'y mets plus les pieds." Un collègue le chahute. "Mais couillon, c'est ta femme qui fait les courses et elle, elle y va! Elle y est d'ailleurs et ma femme est avec elle !" Une discussion au Pantel quoi !

Les discussions vont bon train (Photo Anthony Maurin).

De retour sur les allées, les produits de saison plaisent. Les questions des consommateurs se font plus précises et leur choix s'affine. "Avant de faire la queue chez des commerçants, je fais un tour complet du marché et je note les prix et la qualité visuelle du stand. Ensuite je vais boire un café et je choisis les endroits où je vais faire la queue mais avant d'acheter je pose des questions au producteur ou au revendeur. C'est une technique infaillible pour manger bien et sain. Pour les prix je fais encore confiance à ces gens mais je reste sur mes gardes, c'est pour cela que je fais d'abord un tour puis que je choisis selon la liste que je viens d'établir." Martine, la joue donc stratégique.

Même si l'on sent que les prix atteignent les limites des portefeuilles locaux, les consommateurs vont toujours au marché. La proximité des produits, le calme des lieux, le fait d'aider les producteurs plus ou moins locaux et l'envie de manger sain sont encore de mise. Mais pour combien de temps ?

Même les risques de pluie n'ont pas empêché les Nîmois de venir fair leurs courses (Photo Anthony Maurin).

Anthony Maurin

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