La fleur de sel recommence à se former sur les tables salantes d’Aigues-Mortes. Les premiers signes sont apparus mardi soir, près de deux semaines après l’orage qui a stoppé la récolte. « Ça a l’air de repartir depuis vingt-quatre heures », constate Alain Berthelot, saunier et responsable de la production.
Stoppée net
La campagne avait débuté le 1er juillet dans de bonnes conditions. Tout s’est arrêté le 25 juillet. Près de 80 millimètres de pluie sont tombés dans la journée, une quarantaine le matin puis presque autant quelques heures plus tard. L’équivalent de huit centimètres d’eau douce s’est abattu sur les bassins.
Les équipes avaient pourtant pris les devants. La récolte avait été suspendue dès la veille et de la saumure ajoutée dans les tables salantes. Les prévisions ne dépassaient alors pas 30 millimètres. Face à un épisode plus de deux fois supérieur aux annonces, ces précautions n’ont pas suffi.
La priorité a été d’expulser l’eau de pluie avant qu’elle ne se mélange à la saumure. Les sauniers ont vidé un bassin de 80 hectares en quarante-huit heures, puis réparti les eaux selon leur degré de salinité. Une intervention lourde, indispensable pour retrouver la concentration nécessaire à la formation de la fleur de sel.
Dépendants de la climatologie
Une fois les bassins remis en état, les équipes ne peuvent plus qu’attendre. « On est des agriculteurs, dépendants de la climatologie, on la laisse reprendre le dessus », résume Alain Berthelot. La fleur de sel se forme en une fine couche à la surface de la saumure. La pluie la dissout et ralentit sa réapparition.
Les Salins du Midi espèrent relancer la récolte lundi 10 août. L’arrêt aura déjà coûté près de 200 tonnes de fleur de sel sur les 1 500 tonnes espérées cette année à Aigues-Mortes. Les lots ramassés avant l’orage ne sont pas touchés et leur qualité demeure intacte.
Pour récupérer une partie du retard, la campagne sera prolongée d’un mois. « Au lieu d’arrêter fin août, on ira jusqu’à fin septembre », annonce Alain Berthelot. Les sauniers disposent désormais de plusieurs semaines supplémentaires pour tenter de compenser ce que l’orage de juillet leur a pris.