Après des années à forger sa réputation sur des parcours exigeants et une organisation méticuleuse, l’Alestrem s’impose désormais comme l’épreuve qui lance la saison du Hard Enduro mondial. Pendant trois jours, les moto-cross vont sillonner le Pôle Mécanique et la ville d'Alès va vibrer au bruit des moteurs et des pots d'échappement. Cette année, la course rentre dans une nouvelle dimension et un nouveau format pour s'intégrer au championnat du monde d'Hard Enduro, une première pour cet événement qui fait rayonner le bassin alésien.
Comme l’explique Jérémy Marin-Cudraz, directeur du pôle mécanique Alès Cévennes, l’intégration du championnat du monde impose un calendrier adapté, c'est la raison pour laquelle la date habituelle a été modifiée. Le Super Enduro, qui clôturait traditionnellement la saison, se termine en mars. Impossible, donc, de maintenir le format historique d’Alestrem en janvier. Le choix s’est porté sur avril, un mois où les conditions météo sont optimales et où les pilotes peuvent enchaîner directement sur les manches suivantes du championnat.
Mais ce n’est pas tout : le format évolue radicalement. Les courses deviennent plus courtes, plus intenses, et plus spectaculaires. Comme le souligne Marin-Cudraz, l’objectif est clair : "On veut des courses qui ressemblent à du cyclisme, avec des attaques dès le premier tour, des jeux d’intox, et un spectacle garanti pour le public." Une révolution pour une discipline où l’endurance était reine, mais qui s’aligne désormais sur les attentes des fans et des pilotes.
Un format repensé : plus de spectacle, plus d’accessibilité
Cette année, l’Alestrem se déroule 100 % sur le Pôle Mécanique Alès Cévennes, un site unique en son genre, conçu pour accueillir les pilotes et le public dans les meilleures conditions. Voici ce qui change :
- Vendredi : ouverture avec le S3 XTREM TEST, un test technique chronométré de 15 minutes où les pilotes s’affrontent en duel, un par un. Les 150 meilleurs se qualifient pour le Minerva Prologue, tandis que les autres accèdent à la course principale.
- Samedi : le Minerva Prologue, une épreuve courte (10 minutes) inspirée du Super Enduro, avec des manches, des demi-finales et une finale. Il servira à déterminer l’ordre de départ du Main Event du dimanche.
- Dimanche : le Main Event, une course d’endurance de 4 heures (contre 8 heures auparavant), avec un départ en "Le Mans" et un parcours technique mêlant pierriers cévenols et sections exigeantes.
Une organisation qui change pour le public
Accesibilité : l'accès aux espaces est payant pour tous cette année, avec des passes à 15 € le vendredi et 20 € la journée à partir de samedi ou 30 € pour le week-end entier. Le public peut réserver ses places en ligne pour éviter les files d’attente sur place. Avec des courses plus courtes mais plus intenses, les pilotes attaquent dès les premiers tours, offrant un spectacle dynamique et imprévisible.
Les plaques pilotes arborent désormais des codes couleur pour les top pilotes et des formes spécifiques pour les catégories nationales, facilitant l’identification des participants.
Les hommes à battre
Cette édition 2026 s’annonce particulièrement relevée, avec une liste de favoris impressionnante :
- Manuel Lettenbichler (Allemagne) : double champion du monde en titre, il revient après une blessure l’an dernier. "J’espère être en forme, et on va essayer de rester en tête. J’ai jamais gagné ici, mais cette fois, je joue la gagne."
- Teodor Kabakchiev (Bulgarie) : vainqueur en titre de l’Alestrem 2025 et porteur de l'équipe française et nîmoise Sherco derrière lui. "L’atmosphère est vraiment cool. C’est mieux de ne pas trop penser à la météo et de se concentrer sur la course."
- Fabien Poirot (France) : premier Français à avoir fini l’Alestrem, il se réjouit du nouveau format : "C’est une chance pour nous. Le nouveau tracé est plus technique, mais c’est ce qui plaît au public. Je suis très content que ça change, je vais essayer de donner mon maximum pour essayer de rejoindre la ligne d'arrivée, mais je pense qu'ils nous ont concocté une course bien assez dure!"
- Sandra Gomez (Espagne) : figure de proue de la catégorie féminine, elle insiste sur l’importance de la visibilité des femmes dans ce sport en pleine croissance. "Il faut être une leader et montrer l’exemple. C’est positif pour nous."
- Graham Jarvis (Afrique du Sud) : deux fois vainqueur à Alès, il relève un nouveau défi avec une moto électrique, symbole selon lui du futur du hard enduro. "Quand j’ai vu le potentiel de l’électrique, je me suis dit que c’était pour moi."
Rendez-vous dès ce vendredi sur le circuit du Pôle Mécanique à partir de 10 heures pour les premiers passages, tandis que le podium du dimanche devrait arriver vers 18 heures.
Le lien pour la billeterie ICI