Publié il y a 1 h - Mise à jour le 20.03.2026 - Propos recueillis par Romain Fiore et Corentin Dimanche - 4 min  - vu 84 fois

ALÈS Max Roustan : "Les Alésiens doivent voter pour leur ville, pas pour leurs peurs"

Max Roustan

Le maire honoraire, Max Roustan sera bien présent sur la liste de Christophe Rivenq pour soutenir son poulain. 

- Romain Fiore

À 80 ans, Max Roustan, maire honoraire d’Alès et figure incontournable de la ville pendant trois décennies, observe avec lucidité l’entre-deux-tours des municipales 2026. Son poulain, Christophe Rivenq, arrive en tête du premier tour avec 32,61 % des voix, talonné par Anthony Bordarier (Rassemblement National, 26,44 %).

Dans un entretien exclusif, l’ancien maire, Max Roustan, revient sur cette campagne atypique, l’abstention record (près de 50 %), et les défis d’une passation de pouvoir qui divise encore les Alésiens. Entre nostalgie et pragmatisme, il livre son analyse sans fard : « Les gens ont peur du changement, même quand il est préparé depuis des années. »

Objectif Gard : Pour la première fois depuis 30 ans, vous n’étiez pas tête de liste. Comment avez-vous vécu cette campagne ?

Max Roustan : J'étais plus décontracté, c’est certain ! (rires) Moins de pression, même si j’ai toujours parcouru les quartiers comme à mon habitude. Elle a été courte, même très courte. Les gens ont évoqué leurs peurs. La peur du changement, justement. Même si Christophe Rivenq est un excellent candidat, les Alésiens sont habitués à moi. Certains se disent : « S’il faut changer, autant tout changer. » C’est paradoxal, mais c’est comme ça.

Max Roustan et Christophe Rivenq
Le duo inséparable depuis plus de 30 ans, Max Roustan et Christophe Rivenq.  • Romain Fiore

Les résultats vous ont-ils surpris ?

Le résultat, c'est vrai que c'est bizarre. Même si le candidat est encore meilleur que moi, les gens sont habitués à quelque chose et ça bouscule leur habitude. Les gens sont satisfaits de ce qu’on a fait, mais ils ont peur de l’inconnu. On paie aussi le contexte : une semaine de campagne marquée par des faits divers violents, des questions de sécurité… Les électeurs retiennent les trois derniers jours, pas les 30 dernières années. Ça, c’est la société instantanée.

Vous avez été un binôme indissociable depuis 30 ans : tout ce que vous avez fait, il l'a fait... Pourtant, contrairement à vous, il n'y a pas cette adhésion pour M. Rivenq. Comment l'expliquez-vous ?

On ne connait pas le personnage. Et je crois que la différence, c'est que lui il a des lunettes, et pas moi ! (rires) Bon on n'a pas non plus le même caractère. Après je suis toujours avec lui. D'ailleurs, certains croient que je ne me présente plus. Beaucoup m'ont dit : "Mais tu es encore sur la liste ?" Oui, je suis bien derrière Christophe, mais maintenant c'est lui la tête d'affiche. 

« Christophe a fait un beau score, mais l’abstention est un signal d’alarme »
 

Comment expliquez-vous les près de 50 % d’abstention ?

C'est quand même la première fois où on arrive à 50 % d'abstention. C’est historique et ça fait mal. C'est quand même grave, il y avait le choix pourtant avec six listes cette année. Certains pensaient qu’on allait faire 60 % comme d’habitude, alors ils n’ont pas voté. D’autres sont lassés de la politique, tout simplement. Quand j’ai commencé, le taux de participation était à 80 %. Aujourd’hui, à 50 %, on n’est plus représentatif. C’est un ras-le-bol général : députés, ministres, maires… Tout le monde trinque.

max Roustan et Christophe Rivenq
Max Roustan et Christophe Rivenq ce jeudi soir lors de la dernière réunion publique à Lou Regain.  • Romain Fiore

Il y a un électorat que vous pouvez aller chercher : celui de Marc Infantes qui a beaucoup décrié Christophe Rivenq. Il y a aussi celui de la gauche...

Marc Infantes, c'était un monsieur qui avait de l'ambition. Il a souhaité monter une liste et a trouvé des gens aigris soit par la politique, soit qu'on n'a pas repris, soit qui souhaitaient partir. Ce sont des gens de droite. Ils ont vu une opportunité, ils ont été beaucoup à se dire "Max est plus là, on y va". Infantes a voulu tenter : il a joué, il a perdu. Pour la gauche, je voudrais déjà les remercier parce qu'ils se sont retirés. Quand il faut se retirer et qu'on a fait un combat de deux-trois mois, croyez-moi, c'est compliqué. Je crois que ça prouve bien qu'ils ne sont pas contre nous, ils voulaient saisir leur chance d'y aller. Concernant la réaction des gens, c'est bizarre. En 36 ans, j'ai vu changer la mentalité des gens. Et ça a évolué jusqu'au coronavirus qui a tranché tout ça. Là, ça a été terrible. Et les gens ne s'en sont pas remis.

La droite peine à exister face au RN dans le Gard. Quel est votre diagnostic ?

Être de droite aujourd’hui, c’est compliqué. Moi, j’ai toujours refusé d’afficher un logo de parti sur mes affiches. Un maire doit être le maire de tous, pas d’une étiquette. Le respect et l’amour des gens, c’est ça qui compte.

Max Roustan et Christophe Rivenq
Les 43 collistiers étaient présents lors de la dernière réunion publique devant une salle comble.  • Romain Fiore

Un regret sur cette campagne ?

J'ai l'impression que peut-être j'ai pas assez collé pendant la campagne. J'ai voulu que Christophe fasse sa place. Je crois que j'ai pas assez collé pour la bonne et simple raison que je suis un vieux (sourire). Les méthodes modernes, avec les téléphones et les réseaux, ne touchent pas notre électorat traditionnel. Il faut trouver le bon équilibre.

Votre message pour le second tour ?

Alès a besoin de continuité. Christophe Rivenq incarne cette stabilité. Les Alésiens doivent voter pour leur ville, pas pour leurs peurs. Et surtout, qu’ils viennent voter ! On est le maire de tout le monde, on est élu par tout le monde ou pas. C'est une histoire de respect. Je crois que le premier élément du maire, c'est être respectueux des gens et puis aimer les gens.

max Roustan et Christophe Rivenq
Max Roustan enfile l'écharpe à Christophe Rivenq. • Corentin Dimanche

Propos recueillis par Romain Fiore et Corentin Dimanche

Actualités

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio