Les grands panneaux roses aux écritures noires habillent une trentaine d’édifices de la ville. Le top départ des Rencontres de la photographie sera donné ce lundi 6 juillet à 15 heures. Mais durant plusieurs mois, les petites mains du festival ont planché sur le montage des 47 expositions réparties sur 12 000 m².
Retour en arrière, à quatre jours du lancement du festival : mercredi 1ᵉʳ juillet. Sur la place de la mairie, l’église aux portes vertes affiche un petit papier « fermé ». Les premiers touristes tentent tout de même de passer une tête à travers l’entrebâillement de la porte. À l’intérieur, un immense ventilateur noir occupe l’espace pendant qu’un homme "s’amuse" à défaire les plastiques entourant un cadre. Quelques mètres plus loin, dans un autre bâtiment, une grande cloison blanche vient d’être érigée. De part et d'autre de la ville, dans les 28 lieux patrimoniaux sélectionnés, le schéma de travail est le même.
Un travail de préparation
Et monter plusieurs expositions, ça prend du temps. « On y est depuis le mois d’avril », souffle Serge, régisseur sur les Rencontres depuis 15 ans. Si d’apparence le travail a l’air « simple », il faut passer par plusieurs étapes importantes avant de pouvoir livrer « le "chantier", comme le nomme l’expert. « Il faut d’abord faire un travail de préparation en amont. Lorsque ça se passe dans des maisons ou églises, il faut débarrasser les lieux et parfois même faire des travaux de rénovation et d’aménagement », détaille-t-il.
« Des normes de musée »
À l’espace Van Gogh, qui accueille la prestigieuse exposition de l’artiste Martine Barrat, tout a été pensé de sorte à protéger les œuvres. « Heureusement, l’espace est climatisé. Les tirages de Martine sont d’époque et en argentique, donc on ne pouvait pas les mettre dans un lieu non climatisé », explique la commissaire Agathe Cancellierri. Le taux d’humidité de la pièce est également régulièrement vérifié : « Il y a une vigilance accrue. » Les normes, égales à celles des musées, permettent aussi de « donner des gages aux assureurs ».
Les clichés de l’artiste ont été encadrés à Paris puis acheminés vers Arles en camion. Une fois ceux-ci arrivés, l’équipe, composée de huit personnes, s’est attelée à démarrer l’accrochage des œuvres. Un travail qui leur a pris plusieurs jours.
Et côté outillage, Serge, le régisseur, est assez minimaliste : « Nous avons besoin de transpalettes, de monte-charges et de nos bras et jambes », ironise-t-il. Si aujourd’hui tout est fin prêt pour le démarrage, lui et ses équipes avaient encore du pain sur la planche en fin de semaine dernière : « Nous allons devoir carburer ce week-end », disait-il en soufflant un bon coup. C’est chose faite puisque les expositions sont prêtes à recevoir les passionnés de l’image, dès ce lundi 6 juillet et jusqu’au 4 octobre.