C’est un nouveau marqueur de la politique de Vincent Bouget. Ce samedi, en conseil municipal, le maire a fait voter l'ouverture de 90 postes dans le secteur périscolaire. Dans le détail : 75 postes d’animateurs (accueil du matin, du soir, encadrement à la cantine…) et 15 postes d’ATSEM volantes (chargés de seconder les maîtresses). La nouvelle adjointe à l’administration générale, Soukaïna BenJaafar, fait remarquer qu’à Nîmes, le service périscolaire « repose historiquement sur une forte précarité », à travers l’emploi d’agents vacataires. Et d'illustrer : « Nous avons trouvé des agents vacataires depuis 25 ans ! C’est une anomalie. Normalement, la vacation sert à répondre à un besoin très ponctuel comme, par exemple, le recensement de la population »
« Des agents vacataires depuis 25 ans ! »
La vacation revient moins cher à la collectivité. Seulement, elle met l’agent dans une situation de précarité : « Avec ce statut, les agents sont payés de septembre à juin et donc pas pendant les vacances scolaires. Ils n’ont pas droit aux primes, ni aux tickets-restaurant… Chaque année, ils ne savaient pas si leur contrat serait renouvelé », explique Soukaïna BenJaafar, jointe par notre rédaction. Ce système a aussi des conséquences sur le service public « confronté à des difficultés croissantes de recrutement, avec du turn-over », poursuit-elle. La décision de la majorité permet à ces 90 agents d’avoir, dans un premier temps, des contrats de droit public d’un an, avant leur stagiairisation puis leur accès au statut de fonctionnaire de catégorie C.
Coût de la mesure pour la municipalité : 400 000 €. Soukaïna BenJaafar, ajoute, un brin philosophe : « L’engagement d’une collectivité se mesure à la qualité des services publics qu’elle offre à ses habitants, mais aussi à la manière dont elle traite ses agents. » Lors de l’examen de la délibération, le RN, par la voix du conseiller municipal d’opposition Maxime Jegat, a annoncé « voter la délibération ». Toutefois, il nuance : « Nous soulignons une contradiction, une hypocrisie : la création d’emplois à mi-temps (soit 17 h 30 par semaine, NDLR) ne répond que partiellement à la déprécarisation. Dans beaucoup de communes, les ATSEM sont à temps plein ou à 90 %. Le temps de travail comprenant l’entretien des locaux. »
Soukaïna BenJaafar a souligné une incohérence dans cette prise de position : « La dernière fois, vous attiriez l’attention sur l’inflation des recrutements dans la collectivité et aujourd’hui, le temps de travail serait insuffisant… Ces recrutements correspondent à un besoin évalué par le service éducation. Un travail d'arrache-pied pour la déprécarisation conduit avec l'adjoint PIerre-Édouard Détrez (...) Cette première étape en appellera d’autres. » Et au maire, Vincent Bouget, de conclure le débat : « Les ATSEM souhaitaient que l’entretien des locaux soit sorti de leur temps de travail. Une avancée qui était demandée. »