Cent jours, ça se fête. Le nouveau maire du Grau-du-Roi Charly Crespe a dressé la feuille de route de ses premiers mois de mandat, avant d'évoquer les grands projets à court terme sur lesquels lui et son équipe municipale travaillent. Le programme électoral du premier édile se dessine petit à petit, douze sujets importants ont été décrits.
Mais avant, Charly Crespe a proposé à la presse une petite visite de la commune graulenne. Rendez-vous au petit matin sur le parvis de la mairie, pour une traversée de la rue Rédarès. Entre quelques explications, le premier édile salue ses concitoyens, heureux de le voir. Passage obligé à l'angle de la rue Rédarès et du quai Colbert, pour admirer le bâtiment de l'ancienne mairie, désormais un local commercial.
Une fois sur les bords, petit arrêt pour échanger avec Jérôme Dalle, ancien propriétaire du bateau "Le Picardie", puis direction le fameux pont tournant. Là-aussi, un peu d'histoire s'impose. En 1982, la ville du Grau-du-Roi devient gestionnaire de l'infrastructure avec le département du Gard, à travers une convention de 50 ans, qui prendra donc fin pendant le mandat en 2032. Entre temps, un transfert de compétence a eu lieu entre le Département et la Région, désormais co-gestionnaire avec la commune.
Charly Crespe verrait d'un bon œil la réalisation de travaux sur ce pont-tournant. Problème : le coût est très élevé. Il espère que la région Occitanie sera favorable à un financement plus ou moins important. Selon les chiffres, la construction d'un nouveau pont avoisinerait les 12 millions d'euros, sa rénovation serait moins onéreuse : cinq millions d'euros. "On aimerait que cela se fasse avant 2028 si possible", prévient-il.
Toujours sur le volet historique, rappelons que la commune du Grau-du-Roi reste plutôt jeune mais solide. Créée en juillet 1879 (il y a 147 ans), quelques habitations trônaient déjà sur la rive droite comme la maison du dauphin ou l'église Saint-Pierre. Au fil des années, les chalutiers ont diminué en nombre, laissant place progressivement à des bateaux dits "petits métiers".
Embarquement en mer
Sur un bateau de la SNSM, nous embarquons direction Port-Camargue, plus précisément le Spinaker. Ces sauveteurs en mer sont une petite trentaine et tous bénévoles. Chaque année, ils effectuent 80 à 100 interventions et sont dirigés par Philippe Grau. Une fois débarqués, nous arrivons sur notre lieu de rendez-vous, attendus par une grande partie de la majorité municipale.
Après un moment convivial, Charly Crespe réunit tout le monde et présente douze points importants de son début de mandat. Ces mesures, soit déjà prises, soit en cours, soit à venir, visent à répondre à un certain nombre de demandes des habitants et des touristes. "Au Grau-du-Roi, nous avons plusieurs enjeux : le réchauffement climatique, le vieillissement, le tourisme, le bien-vivre...", explique-t-il.
Projets
En premier, il évoque l'ouverture de la plage aux chiens. Jusque-là, la commune ne disposait d'aucune zone de baignade dédiée aux animaux. C'est ainsi qu'au Boucanet et à l'Espiguette, sur les accès 17 et 66, les canidés pourront se rafraîchir. Une demande réalisée par les locaux et les vacanciers. Les chiens devront toutefois être tenus en laisse et leurs déjections devront être ramassées par leur propriétaire. Une expérimentation possible grâce à l'accord de la DDTM et de l'ARS.
En deuxième, il revient sur la réouverture de la plage Nord, après son nettoyage et l'envahissement des herbiers de zostère naine. Troisième point : la sécurité estivale. Les horaires de patrouille de la police municipale sont élargis pour l'occasion, et s'étendront jusqu'à 4h du matin. "On rappelle que la Ville joue son rôle et soutient la sécurité", affirme Charly Crespe. Et pour soulager la pression, ils seront 41 agents, contre 36 hors période estivale.
Quatrième élément : la création d'un office du commerce, pour avoir un message fort à destination des porteurs de projets. Cela fonctionnera comme un guichet unique pour les commerçants et entrepreneurs, qui seront accompagnés dans leurs démarches. Cette initiative devrait voir le jour cet hiver. Cinquième projet : un système d'hypervision par intelligence artificielle en expérimentation. Même si le Centre de supervision urbaine possède 104 caméras, le maire et son équipe veulent aller plus loin. "C'est encore insuffisant. On ne veut pas que les caméras servent uniquement a posteriori", annonce-t-il. Avec l'hypervision, comme cela se fait dans certaines communes voisines dans l'Hérault, toutes les caméras seront à disposition pour être dans l'action. Le lien sera fait avec l'éclairage public et les alarmes des bâtiments communaux, avec plus tard si possible, des alertes sur les canalisations de gaz.
Sixième point : le volet petite enfance, et le pôle Éric Tabarly, créé par le prédécesseur Robert Crauste. L'amplitude horaire a été modifiée : de 7h30 à 18h30, les enfants pourront y être accueillis. La commission d'attribution des places se réunira une fois par mois contre deux fois par an auparavant. Le lieu sera inauguré à la rentrée. D'ici trois à quatre ans, l'équipe municipale espère construire un nouvel établissement scolaire, mêlant maternelle et primaire.
Parce que la proximité était le point d'orgue de la campagne, les permanences des élus sont mises en place. Une fois tous les trois mois, de 9h à 13h, les trois quartiers de la commune seront à l'honneur pour des réunions publiques, gratuites et sans réservation. Port-Camargue a eu la sienne le 27 juin, place désormais au Boucanet (18 juillet) et au centre-ville (8 août).
Concernant le parking silo, là aussi ça bouge. 398 places de parking (+ 200 pour les vélos) devraient sortir de terre derrière les arènes et à côté de la gare, pour renforcer le pôle d'échange multimodal. Des bornes de recharge électrique sont également prévues. Le tout est espéré si possible pour 2028 par les élus. "La municipalité de Robert Crauste a supprimé 500 places de stationnement en douze ans", exprime Charly Crespe.
Le village des saisonniers va voir le jour pour la prochaine saison estivale. 34 mobil-homes pour 100 à 120 travailleurs d'été seront installés sur une emprise foncière communale de 5 000 m². Trois types d'hébergements seront proposés à des prix abordables, allant de l'individuel au couple mais aussi à la colocation. Coût du projet : 1,3 million d'euros. Il permettra de valoriser le travail et de promouvoir la commune, en fidélisant les employés estivaux. La mutuelle communale est à l'étude, et pourrait permettre de réduire son coût de 30%. Cette mesure impacterait positivement le pouvoir d'achat des Graulens.
Enfin sur les festivités, deux derniers points ont été évoqués. D'abord le renfort de la fête de Noël, et le développement d'un grand marché en collaboration avec les commerçants. Convaincu que le tourisme doit se vivre toute l'année, un rendez-vous convivial et chaleureux est dans les cartons. De nombreuses animations festives et fédératrices verront le jour (arbre de Noël géant…), avec un budget doublé pour les feux d'artifice. Pour la fête votive qui soufflera ses 80 ans, la volonté est de mettre les traditions encore plus au cœur de la cité, en rappelant plus fortement l'identité camarguaise et maritime. Le but est d'également intégrer les nouveaux arrivants en leur transmettant cette passion.
Enfin en conclusion, l'intercommunalité a été évoquée. Charly Crespe est convaincu que la CCTC n'existera plus à la fin du mandat, et qu'un rapprochement avec un autre territoire sera obligatoire. Il penche plutôt en faveur du Pays de l'Or.