Très mal à l'aise et à quelques mètres des parents de l’enfant victime de ses avances, Oussama se tient à la barre du tribunal correctionnel de Nîmes, ce jeudi 15 janvier 2026. Le 26 juin 2023, le prévenu, alors animateur dans un club de football de Garons, près de Nîmes, a envoyé un certain nombre de sollicitations sexuelles à Youri*, âgé de 10 ans au moment des faits, via le réseau social Instagram. « Envoie une vidéo de toi, là, en direct », a demandé le prévenu à sa victime. Parmi ses sollicitations, l’idée d’une sextape apparaît notamment dans les échanges entre l’enfant et le jeune homme de 25 ans au moment des faits.
Effrayé par les échanges qu’il recevait de cet homme, le petit garçon en a rapidement avisé son grand frère. L’adolescent s’est alors fait passer pour son cadet dans le but de comprendre qui était derrière ce compte. Il s’avère qui s’agit alors de l’entraîneur de football du petit garçon. Interrogé par le tribunal, il soutient pourtant ne pas avoir eu connaissance au moment des faits que son interlocuteur était le jeune garçon qu’il coachait. « Je l’ai ajouté par hasard », explique difficilement le prévenu. Malgré tout, il reconnaît l’envoi de vidéos à caractère sexuelles à l’enfant, sans toutefois expliquer son geste : « Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça. »
Pas d’autres victimes
« Youri a été catastrophé d’apprendre que c’était son entraîneur derrière ces messages », lance maître Lucie Billaudel, avocate des parents de la jeune victime. « Un homme en qui il avait toute confiance », ajoute-t-elle. Depuis, l’enfant souffre de douleurs chroniques inexpliquées. Selon son médecin, elles pourraient découler du traumatisme lié à cet épisode de sa courte existence. L’enquête, rondement menée par les policiers de Nîmes, a toutefois écarté l’existence d’autres victimes. Trente enfants du club de football ont été interrogés et aucun comportement ambigu n’a été prêté à l’ex-entraîneur de football.
« Vous pensez que vous pouvez toujours être éducateur avec ça, monsieur ? », lui lance Édouard Le Jan, président à l’audience. Son père, interrogé par les forces de police, évoque « qu’il a des problèmes, il est spécial », relate le président. D’autant qu’il a déjà été condamné à 10 mois d’emprisonnement pour des faits de nature sexuels. Il s’est alors rendu coupable de proxénétisme, ayant profité des activités de prostitution de sa petite amie de l’époque. « J’entends la colère des parents », lance maître Caroline Rigo, avant de mettre l’accent sur l’état de détresse psychologique dans laquelle se trouve son client depuis les faits et sur le caractère virtuel de l’échange entre l’enfant et son bourreau.
Une peine mixte
« Ce sont des faits d’une extrême gravité », s’épanche Arnaud Massip, procureur de la République, soulevant la possibilité de prononcer un mandat de dépôt à l’encontre du prévenu. Sous contrôle judiciaire depuis le 27 juillet 2025, l’homme risque l’incarcération.
Après délibération, le prévenu, aujourd’hui âgé de 27 ans, a été reconnu coupable de l’ensemble des faits lui étant reprochés. En répression, il a été condamné à 3 ans d’emprisonnement, dont une année avec sursis probatoire. Concernant la partie ferme de sa peine, il va être convoqué devant le juge d’application des peines pour évaluer son possible aménagement. Lui est désormais interdit d’exercer toute activité bénévole ou professionnelle en lien avec les mineurs et ce à titre définitif. L’homme est également inscrit au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles (Figes). Concrètement, le prévenu va devoir se présenter tous les semestres dans un commissariat pour justifier de son adresse. « Monsieur, vous êtes sur le fil du rasoir aujourd’hui », conclut le président à l’attention du prévenu, effondré.
*Le prénom de la victime, mineure, a été modifié pour préserver son anonymat.