Publié il y a 1 h - Mise à jour le 13.01.2026 - Rose Macauley - 4 min  - vu 114 fois

AU PALAIS Ils volent la même victime à quelques semaines d’intervalle

Image d'illustration.

- Objectif Gard

Une bande de présumés braqueurs comparaissait jeudi 8 janvier devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Ils sont prévenus d’avoir volé par deux fois des biens dans un appartement Saint-Gillois.

Solan, Mouhcine et Marvin se retrouvent dans le box du tribunal correctionnel de Nîmes, jeudi 8 janvier dernier. La raison de leur comparution ? Deux vols, dont un à main armée dans un appartement de Saint-Gilles, à seulement quelques semaines d’intervalle. Habitant en colocation et travaillant en horaires décalés dans un centre hospitalier, la victime a déjà par le passé subi une intrusion à son domicile. Une violation de son lieu de vie qui s’est traduite par l’installation de caméras de vidéosurveillance. Pourtant, cette fois, le choc a été bien plus violent.

Dormant dans sa chambre après une nuit de garde, peu avant 18h30, le 15 décembre 2023, l’homme a été réveillé par un grand fracas dans la pièce de vie voisine. Il a ensuite vu trois hommes, qu’il décrit comme étant armés et cagoulés, entrer et le menacer lui et l’un de ses deux colocataires, également présent en ce début de soirée d’hiver. « L’un des gars m’a tout de suite demandé où était le pompe », explique la victime aux enquêteurs à l’occasion de son audition. Tireur sportif, il était en possession d’un fusil à pompe qu’il utilisait comme arme de loisir. Il décrit également que les trois hommes, de fortes corpulences, les ont obligés à s’allonger ventre contre terre, tout en les menaçant : « Si tu bouges, t’es mort. »

Un fusil à pompe et des chaussures

Le butin de cette première instruction dans la colocation a été maigre. Les prévenus auraient dérobé le fameux fusil à pompe, retrouvé sous le lit de l’une des victimes, deux paires de chaussures de sport de la marque Asics et un sweat. Deux des prévenus, des garçons de la même fratrie, soulignent que c’est le troisième présumé voleur qui a récupéré ces biens et qui devait les revendre pour leur verser leur part. Part qu’ils soutiennent ne jamais avoir reçue. La victime, dont la chambre a été le théâtre principal de ce vol, a déclaré aux gendarmes qu’il est resté très marqué par cet événement. « C’était impossible pour lui de dormir dans sa chambre, explique son avocate. Il a même dû retourner vivre chez ses parents et faire la navette entre son lieu de travail et l’appartement pour nourrir son chien ».

L’atrocité ne s’est pourtant pas arrêtée là. Quelques semaines plus tard, une nouvelle effraction a eu lieu dans l’appartement de Saint-Gilles. Cette fois, le frère aîné ne reconnaît pas avoir été présent. Pourtant, à l’occasion de leurs premiers interrogatoires, son jeune frère et lui-même ont soutenu qu’ils étaient tous les deux présents à l’occasion des deux vols. « On pensait qu’on allait sortir plus vite si on disait ça », lance le plus âgé des deux frères. L’autre point sur lequel la fratrie converge est l’implication importante de Mouhcine, le troisième prévenu comparaissant dans le box. « Mon petit frère était influencé par Mouhcine », lance Marvin, le frère aîné, qui explique qu’il n’était présent que lors des premiers faits pour accompagner son frère, prétendument influençable.

Un troisième colocataire

« À 44 ans, il n’a jamais mis les pieds devant une juridiction », lance maître Hugo Ferri, intervenant pour la défense de Mouhcine. Malgré tout, le véhicule du quadragénaire a été repéré à Saint-Gilles aux abords de l’appartement et à l’heure présumée des deux vols, tous feux éteints. Un fait que le prévenu ne conteste pas, mais il maintient ne pas être sorti de la voiture le 15 décembre 2023 et n’avoir fait que prêter son véhicule pour les faits du 10 janvier 2024. Heureusement pour les victimes, lors des seconds faits, personne n’était présent à l’intérieur du logement. « On savait qu’il n’y aurait personne », dit Solan face au tribunal.

« Le lien avec cet appartement, c’est vous », lance le président Jérôme Reynes à l’attention de Mouhcine. La procédure fait état de plus de quatre-vingts échanges téléphoniques entre le troisième colocataire de l’appartement et ce prévenu. Aucun lien n’a été établi entre ce colocataire et les deux frères. Lors des faits de janvier 2024, une télévision et une console de jeu ont été dérobées. L’écran plat de ce troisième colocataire n’a pourtant pas été touché. Un indice supplémentaire laissant entendre l’existence d’une connivence entre l’un des prévenus et cet homme.

5, 6 et 7 ans de détention

À l’occasion de ses réquisitions, le ministère public a requis 6, 8 et 9 ans d’emprisonnement avec maintien en détention pour les trois prévenus respectivement Solan, Mouhcine et Marvin. Hautes pour des affaires jugées au correctionnel, ces réquisitions ont été justifiées par la réitération des faits, mais aussi par le casier judiciaire de Marvin faisant état de nombreuses condamnations. Solan et Mouhcine, eux n’ont pourtant jamais été condamnés par la justice.

Après délibération, le tribunal a déclaré les trois prévenus coupables d’un vol aggravé de trois circonstances et d’un second aggravé de deux circonstances. En répression, Marvin a été condamné à 7 ans de prison ferme avec maintien en détention. Mouhcine, lui, a écopé de 6 ans de détention, il devra également poursuivre sa peine en prison. Solan, lui, a été condamné à une peine mixte de 5 ans de détention, dont 1 an avec sursis probatoire. Dans ce cadre, il sera dans l’obligation de travailler, d’indemniser les victimes et aura interdiction de rentrer en contact avec ces dernières.
La constitution de partie civile de la victime de la chambre a été accueillie par le tribunal. Les trois prévenus sont tenus d'indemniser solidairement son préjudice moral à hauteur de 5 000 € et son préjudice matériel s’élevant à 2 190 €. Ils devront également lui verser 500 € chacun pour régler ses frais de justice.

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
Rose Macauley

Actualités

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio