Cette place qui jouxte le boulevard Gambetta, à proximité de La Poste du quartier éponyme, « peu ou mal fréquentée », ne fait pas l’unanimité des habitants. Pas un arbre assez grand pour faire de l’ombre. Le diagnostic des étudiants pointe plusieurs problèmes. Mal conçue, froide en hiver, étouffante en été, la place est désertée par ses habitants. Elle leur sert uniquement de lieu de passage.
Pédagogique
Après un premier partenariat l’an dernier sur une parcelle de la rue Clérisseau, l’équipe pédagogique a reconduit l’expérience. Cette fois, le terrain d’étude est la place Saint-Charles. Thomas Watkin, maître de conférences en design urbain et sociologie, professeur pilote de l’option Design urbain et société en troisième année de licence design, est l'initiateur. « Nous avons articulé végétalisation, inclusion sociale, mémoire et créativité », confie le professeur. Le projet a débuté en octobre. La promotion compte 24 étudiants, répartis en huit équipes de trois. L’étude est menée en coordination avec le comité de quartier Gambetta-Révolution, coprésidé par Marie-Pierre Quessada.
Les étudiants ont interrogé Jessica (28 ans) professeure en primaire. Paul, un retraité qui vit ici depuis de nombreuses années ou Sandra et son fils Théo (8 ans), Marie et Quentin, écoliers. La place est perçue comme très minérale, elle manque de végétation. Il faudra attendre de nombreuses années avant que les petits arbres apportent un peu d’ombre. Les bancs en pierre sont froids l’hiver, chauds l’été et ne disposent pas de dossier. Les conseils de quartier ont été sollicités et parmi les demandes figure l’installation de toilettes publiques notamment parce que le côté gauche de l’église est régulièrement utilisé comme urinoir.
Le projet
Le projet a été formulé en huit parties sur des panneaux, incarnées par des maquettes. Le but est de rendre la place plus attractive. Ils ont choisi de la transformer en espace de partage et de repos. Un endroit qui s’adresse à un large public au moyen de jeux pour enfants, un coin lecture, des espaces pour manger et des bancs.
La nouvelle place Saint-Charles est organisée en plusieurs zones arrondies afin de faciliter les cheminements et d’optimiser l’utilisation de l’espace. Le projet prévoit davantage de végétalisation, même sur le mur de l’église. Les étudiants rêvent d’en faire un espace convivial. Parmi les propositions, celle portée par Malone, Julie et Lise introduit la couleur jaune comme fil conducteur. Chacune pourrait raconter les idées et leur implication pendant des heures ! Un ruban au sol structure les circulations et attire le regard. Bancs, tables, assises et transats, certains intégrant des ombrières. Le projet sera présenté au public dans un local situé au bout de la place Saint-Charles.