Dans le cadre de visites d'entreprises régulières, la région Occitanie s'est rendue au sein du Groupe Vigneau à la Zone d'Activité Pôle Costière à Vauvert. Le vice-président délégué à l'économie Jalil Benabdillah, accompagné par la conseillère régionale Katy Guyot, sont partis à la rencontre de Nicolas Vigneau, directeur de la structure, premier employeur privé de la commune. "Le Gard est un territoire avec une énergie forte et positive, et un savoir-faire qui s'exporte à l'international", soutient Jalil Benabdillah.
Cette PME du milieu industriel a commencé de manière familiale, où les parents de Nicolas Vigneau travaillaient à deux, conduisant chacun un camion. Créée en 1989, elle compte aujourd'hui 148 salariés pour un chiffre d'affaires consolidé de vingt millions d'euros, avec une capacité d'investissement de cinq millions d'euros chaque année.
Le gros vaisseau amiral du Groupe Vigneau a été créé en 2008 et porte le nom de STRANIC, avec 80 collaborateurs. L'activité principale de STRANIC est la location de camions avec chauffeur, mais elle couvre aussi le transport routier de marchandises de plus de 3,5 tonnes, la location de véhicules industriels, l'achat et la vente de véhicules d'occasion, la réparation de véhicules, le commissionnariat de transports, ainsi que le terrassement, la démolition et les travaux publics.
Nicolas Vigneau en est la cheville ouvrière, grâce notamment à son profil de chaudronnier. Il est accompagné par son directeur financier, le cerveau du financement et des économies, contrôlé par un expert comptable et un cabinet de commissaire aux comptes.
Travail autour du calcin
Le groupe Vigneau est à un carrefour d'être encore plus impactant. STRANIC capte un déchet ultime, disponible partout et en grande quantité : le calcin de verre. Historiquement, ses clients lui apportent et vendent à un prix dérisoire : 20 euros la tonne. Cette matière est transformée en matériaux calibrés : du sable de travaux publics premièrement (environ 6000 tonnes par an). Mais dans quelques temps, le groupe espère développer deux nouvelles gammes, qui pourraient bien apporter un énorme plus : un média de filtration pour l'assainissement et un sable de filtration pour piscine (d'ici cinq ans).
Cette transformation s'effectue en trois étapes. Tout d'abord, la réception et la pesée du calcin reçu. Vient ensuite la préparation avec lavage et tri de la matière, puis le concassage et le criblage avec la séparation des fractions et le retrait de l'acier. Enfin pour terminer, place au calibrage avec le tri par granulométrie selon le produit visé.
"Historiquement, on transportait ce calcin, de Vergèze jusqu'aux sites d'enfouissement ultime. Ça nous a donné l'idée de le traiter pour essayer d'en faire quelque chose", justifie le chef d'entreprise. La Banque d'Investissement l'accompagne pour le développement et déposer des brevets. "Je pense que d'ici l'année prochaine, on pourra affirmer que l'on a créé trois nouvelles filières". Une aide de 650 000 euros a été demandée pour le traitement.
Ce procédé de fabrication résoud de nombreuses problématiques environnementales. Le calcin, promis à l'enfouissement ultime, devient un sable qui filtre l'eau pendant une vingtaine d'années avant toute fin de vie. Autant de tonnes détournées de l'enfouissement. C'est également un substitut des sables d'extraction, dans un contexte reconnu de pénurie de sable d'assainissement conforme. Sans oublier le marché de masse, puisque près de cinq millions d'installation en assainissement non collectif existent en France.
Ambitions et projets
Pour autant, Nicolas Vigneau ne compte pas s'arrêter là. En plus de la volonté de continuer à féminiser (25%) et à employer des personnes en situation de handicap (18%) ou des chômeurs de longue durée, le patron souhaite créer une crèche d'entreprise, qui sera ouverte de 5h à 22h. Tout comme un restaurant d'entreprise, de 5h à 15h, où les ouvriers pourront profiter du petit-déjeuner et du déjeuner. Enfin, le Groupe Vigneau est généreux chaque année avec les associations et le patrimoine local, puisqu'une enveloppe de 50 000 euros est distribuée à chaque fois.