Trois semaines bien agitées après sa nomination par décret du président de la République (voir ici), Lucie Roesch a posé ses valises en la sous-préfecture de l’arrondissement d’Alès pour succéder à Émile Soumbo, qui a fait valoir ses droits à la retraite. "Cette nomination a été une grande fierté et une grande joie, car elle correspond à une évolution de carrière que j'ai souhaitée et attendue. Je connais encore peu le territoire, mais il me faisait envie, il m’était attrayant, par son histoire extrêmement riche, industrielle notamment, mais aussi ses traditions, sa gastronomie et son identité forte qui s'est forgée au fil des siècles", souligne la Strasbourgeoise d’origine, au parcours professionnel aussi "classique" que riche dans la fonction publique.
Une mise en action immédiate
Énarque, la femme de 33 ans a été chargée de mission et conseillère référendaire à la Cour des comptes, directrice de cabinet du préfet de l'Ain, cheffe adjointe du cabinet du Premier ministre Jean Castex, puis Secrétaire générale de la préfecture de l'Aude et sous-préfète de l'arrondissement de Carcassonne, avant d’arriver à Alès "dans un contexte très particulier", marqué par des menaces sur son maire Christophe Rivenq : "Elles ont choqué la France entière, je lui ai dit et redit évidemment tout mon soutien."
Dans ce cadre, qui "va donner une coloration assez particulière à ces premières semaines", après la cérémonie de dépôt de gerbe au monument aux morts ce lundi matin, la première sortie de la sous-préfète sera d’aller saluer les effectifs de police mobilisés et les renforts CRS déployés, pour porter "un message de mobilisation" : "Les services de l'État, de polices, municipale et nationale, de justice, ont chacun leurs compétences, mais nous pouvons travailler intensément ensemble sur les sujets d'ordre public et de lutte contre les trafics de toute nature sur le territoire d'Alès et au-delà. C’est déjà le cas, nous allons poursuivre."
Un champ de politiques publiques très large
Mais la sous-préfète le rappelle : "Les sujets de sécurité ne se traitent pas seuls, pas dans un îlot. Ils sont liés à des politiques publiques beaucoup plus vastes : le renouvellement urbain, l'éducation, la mobilisation en faveur de la jeunesse, la lutte contre la pauvreté, etc. Ces sujets permettent aussi de donner des perspectives concrètes aux habitants, aux jeunes, en ville comme dans les quartiers."
La fonctionnaire d'État aura aussi en charge, comme son prédécesseur, l'accélération des projets industriels et la mise en œuvre du plan France 2030 au niveau départemental . Elle visera alors à "faire prospérer le développement économique, l'emploi, les solidarités, l'éducation, la culture, l'accès aux services publics dans les villages ruraux, la politique d'aménagement urbain, etc." L'arrondissement d'Alès est riche d'environ 160.000 habitants et s'étend de Ners à Barjac, de Thoiras-Corbès à Méjannes-le-Clap.
"Je suis à la disposition de tous ceux qui le souhaitent"
"Je compte passer peu de temps dans mon bureau. J’irai dès les premières semaines sur le terrain pour rencontrer le chef de la circonscription police, le procureur de la République, les parlementaires et élus. Je suis à la disposition de tous ceux qui le souhaitent. Notamment les entreprises, afin de comprendre leurs problématiques et savoir où l'État est attendu. L'État n’a pas vocation à intervenir, tout le temps, sur tous les sujets, mais là où il a une plus-value à apporter sur des politiques à 360 degrés."
D’ici à là, Lucie Roesch gardera aussi un œil sur les feux de forêt, risque majeur du Gard, qu’elle a aussi connu dans l’Aude à travers l’incendie du massif des Corbières, qui avait brûlé plus de 11.000 hectares en août dernier. "Le Gard est très investi et exemplaire en matière de prévention et de mobilisation. Tous nos concitoyens doivent être mobilisés en gestion de crise, d'autant plus qu'on va basculer assez vite sur les épisodes cévenols et méditerranéens de pluie intense."
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