Publié il y a 1 h - Mise à jour le 22.02.2026 - Propos recueillis par Abdel Samari - 6 min  - vu 531 fois

FAIT DU JOUR Jean-Paul Fournier : "Faites moi confiance une cinquième fois"

Jean-Paul Fournier, le maire historique de Nîmes

- Photo Anthony Maurin

"Vincent Bouget vend du rêve. S’il était aux responsabilités, il verrait que ce n’est pas si simple. Il y a une réalité, une dure réalité budgétaire et administrative, qu’il ne mesure pas aujourd’hui."

Dans son bureau cette semaine, le maire de Nîmes analyse avec Objectif Gard, la campagne des municipales à Nîmes. L'occasion de donner son avis et d'encourager les Nîmois à lui faire confiance, une toute dernière fois.

Objectif Gard : Après la diffusion de notre sondage exclusif avec OpinionWay, confirmé par un sondage de nos confrères, comment interprétez-vous les résultats ?

Jean-Paul Fournier : La messe n’est pas dite. Beaucoup de Nîmois se posent encore des questions. Rien n’est figé. Franck Proust, mon candidat, fait une très bonne campagne, notamment sur le terrain, avec beaucoup de porte-à-porte, et c’est très bien. Vous savez, j’ai l’expérience : une campagne se joue dans la dernière semaine. Ce n’est pas la peine de faire de grandes choses des mois avant, c’est dans les derniers jours que tout se décide. Je l’ai vécu en 2001 : j’ai inversé complètement la tendance grâce au porte-à-porte. Vous rencontrez les gens, vous discutez, vous expliquez, vous démontez les mensonges des opposants. C’est ça qui fait la différence.

Malgré tout, des Nîmois s’interrogent aujourd’hui…

Parce que souvent, ils ne savent pas à quoi ils vont avoir affaire. Ils s’imaginent qu’en changeant, ce sera forcément mieux. Mais je ne crois pas que ce soit mieux. La dernière fois, un communiste a remplacé un autre communiste. À quoi cela a-t-il servi ? On a bien vu ce qu’a fait Alain Clary : pendant six ans, il n’a rien fait. Et là, ce sera pareil. Ils municipaliseront davantage, ils remettront en cause ce qui a été construit. Ce qui a été fait de bien avec moi risque d’être démoli. Ce n’est vraiment pas une bonne chose pour la ville.

Entendez-vous les reproches, notamment celui de ne pas vous être suffisamment occupé des quartiers ?

Qu’on regarde précisément ce que nous avons fait. Nous avons mobilisé énormément de politiques publiques pour ces quartiers. Il y a eu le grand projet de rénovation urbaine, évidemment, mais pas seulement. Nous avons construit des crèches, des écoles, réhabilité des établissements scolaires. Nous avons lancé un grand plan de terrains synthétiques pour les activités sportives. Les lignes rapides de transport passent dans tous les quartiers. Je crois qu’aucun quartier n’a été oublié. Au contraire, ce qui a été fait dans les quartiers est remarquable. La preuve : beaucoup de gens reconnaissent que des choses ont été réalisées. Après, on peut toujours tout critiquer. M. Bouget critique beaucoup. Mais que va-t-il faire concrètement ? On ne sait pas. Oui, nous avons aussi investi dans le centre-ville, c’est vrai. Parce que le centre-ville est essentiel pour Nîmes. Mais les quartiers n’ont pas été oubliés, loin de là.

En matière d’habitat social, il y avait mieux à faire ?

M. Bouget siège à Habitat du Gard. Dans quel état sont les immeubles appartenant à Habitat du Gard dans certains quartiers ? Qu’a-t-il fait concrètement ? Rien, ou en tout cas bien peu. Il est loin de ce que nous avons fait. Il faut comparer les responsabilités exercées et les résultats obtenus.

jean-paul fournier franck proust
Jean-Paul Fournier et Franck Proust • Photo Corentin Corger

Si vous étiez à la place de Franck Proust, que feriez-vous pendant cette campagne ?

Beaucoup de terrain. Beaucoup de porte-à-porte, surtout. C’est essentiel. Distribuer des tracts, c’est bien. Mais il faut que les gens vous rencontrent, vous parlent, vous interrogent. Il faut prendre le temps de discuter avec tout le monde, d’écouter, d’expliquer. C’est comme ça qu’on gagne une campagne municipale.

Pourquoi le programme de Franck Proust est-il, selon vous, le meilleur ?

Parce que c’est celui qui contient le plus de propositions concrètes. Quand vous ouvrez ce programme, vous voyez tout ce qu’il propose, et tout ce qu’il fera en plus. Ce ne sont pas des promesses lancées à la volée. Ce sont des projets faisables, réalisables. Il présente une liste complète, composée de personnes compétentes. Il a conservé plusieurs élus qui étaient avec moi, ce qui garantit la continuité et l’expérience.

Vincent Bouget veut remettre de la sérénité dans la ville…

Il vend du rêve. Bien sûr que tout le monde aimerait que tout soit plus simple, plus apaisé. Il dit des choses que les gens ont envie d’entendre. Mais gouverner, ce n’est pas raconter des histoires. S’il était aux responsabilités, il verrait que ce n’est pas si simple. Il y a une réalité, une dure réalité budgétaire et administrative, qu’il ne mesure pas aujourd’hui. Il promet des logements, des emplois… Mais comment ? C’est un discours très idéologique. Ce n’est pas sérieux de promettre sans expliquer comment on finance.

Il veut reprendre entièrement la main, au niveau municipal, après l’inscription Unesco de la Maison Carrée.

C’est son point de vue. Mais il faut des professionnels pour gérer ces dossiers. Si on l’écoute, il faudrait tout mettre en régie municipale. Les arènes aussi ? Les corridas ? Ce n’est pas sérieux. Ce n’est pas possible non plus. On ne peut pas tout gérer directement. Là encore, on est dans l’effet d’annonce.

On vous reproche d’avoir mal préparé votre succession et d’avoir divisé la droite. Qu'en pensez-vous ?

Pourquoi Julien Plantier s’est-il déclaré candidat un an avant ? Qu’il s’interroge lui-même. Quand on est candidat aussi tôt et qu’on ne veut pas s’entendre, on ne peut pas renvoyer la faute sur moi. Avoir aujourd’hui deux listes qui partagent l’essentiel du projet pour l’avenir de Nîmes est incompréhensible pour les électeurs.

La porte reste ouverte avec Julien Plantier ?

Ma porte est ouverte. S’il veut venir discuter avec des propositions concrètes, qu’il vienne. Mais si c’est simplement pour dire : « Je veux être maire », cela n’a aucun intérêt.

Êtes-vous prêt à discuter avant le premier tour ?

Avant le premier tour, et surtout pour préparer le second. Il faut être lucide : il sait qu’il ne peut pas être élu seul. Alors que fera-t-il au second tour ? Apportera-t-il son soutien à Franck Proust ? Franck a été clair. Julien ne l’a pas encore dit.

Le Rassemblement national vous a pris des élus. Avez-vous changé d’avis sur eux ?

Il y a parfois des départs liés à des déceptions personnelles. Monique Boissière, par exemple, est partie par dépit parce que Franck Proust ne la souhaitait pas sur sa liste. Une semaine avant, elle était encore à la permanence des Républicains. Mais ils sont peu nombreux à être partis au RN. Julien Sanchez, lui, ne fait pas vraiment campagne localement. Il s’appuie sur la notoriété nationale du RN. Son programme pour Nîmes pourrait être appliqué ailleurs : il superpose le programme national. Quant à sa liste, j’attends de la voir.

L’union des droites est-elle envisageable ?

Selon moi, il n’y aura pas d’accord avec le RN. Je l’espère. Je suis gaulliste. Attaché à l’image du Général. Dans la vie, il faut avoir des principes et des valeurs. Franck Proust est sur la même ligne.

Pensez-vous que Franck Proust peut gagner ?

Oui, il peut gagner. Je ne dis pas qu’il va gagner, mais qu’il peut gagner. Les sondages montrent qu’il est dans la course, pas loin de Vincent Bouget. Il se bat bien, il fait du porte-à-porte, il explique son programme. C’est gagnable. Je suis confiant.

Son projet de rénovation des places, vous y voyez un hommage à vous, le maire-bâtisseur ?

Ce n’est pas la préoccupation immédiate des Nîmois. Cela peut attendre. La priorité, c’est de poursuivre l’ANRU, de travailler sur le futur conservatoire de musique, le parc Jacques-Chirac, attendu depuis longtemps. Il faut continuer à améliorer les quartiers, les rues, puis engager la rénovation des places, en mettant l’accent sur le verdissement. Une ville plus verte, c’est important.

La gratuité des transports pour les jeunes, c'est l'une de vos promesses de 2020, non ?

Il faut essayer de le faire. C’est un plus pour les jeunes. Mais la gratuité a un coût. Quelqu’un paie toujours : le contribuable. Le sujet, c’est le financement. La gratuité peut coûter très cher.

Julien Plantier propose de baisser la taxe foncière ?

Comment finance-t-on cela ? Aujourd’hui, la situation budgétaire ne le permet pas. Les dotations de l’État diminuent. Il faut redonner du pouvoir d’achat, certes, mais la majorité des Nîmois qui en ont besoin ne paient pas la taxe foncière. Il faut être cohérent et responsable.

Le dossier du Nîmes Olympique engage votre responsabilité. Vous en avez conscience ?

Le projet initial n’a pas abouti faute d’autorisations pour Rani Assaf. On peut lui reprocher d’avoir abandonné ensuite. Aujourd’hui, les Antonins permettent de jouer. Le stade est confortable, même s’il n’est pas parfait. Rénover les Costières coûterait extrêmement cher : entre 15 et 40 millions selon le niveau d’ambition. A-t-on les moyens de mobiliser une telle somme aujourd’hui ? La priorité, pour moi, reste le centre de formation. C’est stratégique pour l’avenir du club.

Et les Costières, quel avenir ?

Il faudrait peut-être envisager de reconvertir cette surface importante pour un autre projet structurant.

Est-ce que la proposition de référendum local de Franck Proust pour trancher la destination du stade des Costières est une bonne idée ?

C’est une bonne idée de demander l’avis des Nîmois. Au moins, cela tranchera. Mais il faut rappeler que tous ne vont pas au stade.

Où serez-vous les 15 et 22 mars ?

À mon bureau, avec Franck Proust et son équipe, à attendre les résultats avec impatience.

Un dernier message pour les Nîmois ?

Vous m’avez fait confiance quatre fois. Si j’ai choisi Franck Proust, c’est parce que je le connais et que je sais qu’il est capable de prendre la relève et de continuer le travail engagé. Faites-moi confiance une cinquième fois.

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Propos recueillis par Abdel Samari

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